La qualité de l'air en habitacle n’a jamais vraiment partie des préoccupations en matière de sécurité automobile. Pourtant, un habitacle, c’est un vivier de microbes et de virus tandis qu’en ville, c’est aussi un réceptacle pour les agents polluants captés à l’extérieur. Longtemps, les constructeurs se sont surtout préoccupé des crash-tests, des aides à la conduite, de l'autonomie, mais pas vraiment de ce qu'on respire, ni de ce qui prolifère sur les surfaces intérieures entre deux trajets. Et justement, Hyundai et Kia entendent changer ça. Le groupe coréen vient de présenter un système baptisé Plasma Care UVC et serait une première mondiale. Son principe est simple : désinfecter l'habitacle en présence des occupants, grâce à de la lumière ultraviolette.
Pas la même chose
L'idée de désinfecter l'habitacle n'est pas nouvelle. Pendant la crise de la Covid, le constructeur chinois SAIC et son équipementier Yanfeng avaient présenté des systèmes UV intégrés (un boîtier plafonnier et un autre dans le dispositif dans la climatisation). Il s’agissait là aussi de désinfecter, mais uniquement lorsque l’habitacle était vide, donc entre deux trajets. Pas très pratique.
Tesla avait par ailleurs pris une direction radicalement différente dès 2016 avec son Bioweapon Defense Mode : un filtre HEPA médical couplé à une légère surpression de la cabine. De ce fait, l'air extérieur ne rentrait pratiquement plus et il était filtré à 99,97 % des particules. C'est une forteresse contre la pollution, les fumées d'incendie, les allergènes et d’ailleurs testé grandeur nature lors des incendies de Californie de ces dernières années. Mais là encore, le système ne traite pas ce qui est déjà à l'intérieur.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
La lumière qui ne brûle pas
Les UV classiques désinfectent depuis longtemps (hôpitaux, surfaces industrielles), mais à chaque fois dans des espaces vides. Cela s’explique par les longueurs d'onde standard qui sont dangereuses pour la peau et les yeux. Ce que Hyundai et Kia ont développé repose sur une plage différente, dite Far-UVC, et qui se situe entre 200 et 230 nanomètres. À cette longueur d'onde, la lumière ne pénètre pas au-delà de la couche externe de kératine de la peau humaine. Elle reste donc sans danger pour les passagers tout en étant létale pour les bactéries et les virus qui ne disposent pas de cette barrière protectrice.
Cette lampe plasma coréenne qui génère ces longueurs d'onde spécifiques a été longue à mettre au point, car elle a dû être miniaturisée et blindée contre les vibrations et les variations de température, des contraintes qui ne sont pas connues d’une salle d'hôpital par exemple.
Flottes d'abord ?
Les tests, menés sur un Kia PV5 en collaboration avec le Korea Automotive Technology Institute, montrent une efficacité croissante selon la résistance des agents pathogènes. Les bactéries les plus coriaces, comme E. coli, sont éliminées à 99,9 % après 40 minutes d'exposition et celles responsables de la pneumonie (plus vulnérables à la lumière Far-UVC) le sont totalement en une minute. Quant aux virus en suspension dans l'air, leur niveau chute de 96,8 % en 30 minutes.
Dans un premier temps, Hyundai/Kia pense adresser ce produit aux flottes commerciales, comme les taxis, les bus scolaires ou les ambulances. Donc des habitacles partagés, intensément utilisés et où la contamination croisée est un vrai problème. Il n’y a toutefois pas encore de calendrier de production connu. La technologie est encore en phase de validation. Mais si elle tient ses promesses, il y a fort à parier que ce soit étendu aux véhicules de série et que l'hygiène de l'habitacle devienne un nouvel argument de vente.
Des milliers de conducteurs belges suivent déjà Gocar pour rester informés et découvrir les meilleures offres d'occasion et neuves. Vous aussi, restez informé :
- Consulter gocar.be régulièrement
- Suivre Gocar sur Google Actualités
- S'abonner à la newsletter Gocar