Les voitures produites entre la fin des années 80 et le début du nouveau millénaire représentent un joli équilibre. Elles sont suffisamment modernes pour être utilisables, tout en restant assez simples pour durer une éternité. Certes, c’est souvent le cas, mais il existe parfois de grosses exceptions !
Et c’est d’autant plus important qu’aujourd’hui, comme nous le répétons assez souvent, le collectionneur est un utilisateur. Il cherche un engin dépaysant pour agrémenter ses voyages, qu’il s’agisse d’aller chercher le pain ou de partir en vacances. Mais attention : même si le collectionneur-utilisateur d’aujourd’hui est bien mieux renseigné que jadis (mais de rien, c’est tout naturel), la nostalgie et l’envie d’un nouveau jouet ont parfois tendance à alléger les devoirs ! Voici cinq modèles que l’on croit invincibles, mais qui ne le sont pas vraiment…
Porsche Boxster 986
C’est, en toute simplicité, la voiture qui a sauvé Porsche. La marque a en effet longtemps essayé de sortir de la monoculture de la 911, mais sans succès, y compris lorsqu’elle proposait des véhicules plus abordables, comme les 924 et autres 944. Avec le Boxster, Porsche a enfin trouvé la bonne recette en reprenant les ingrédients de la 911, comme le flat-six derrière les passagers, le dessin effilé, le compte-tours central… mais cette fois, le package total est un roadster à moteur central arrière. Le succès fut énorme et, à l’usage, la voiture est vraiment plaisante !
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Aujourd’hui, on en trouve à la pelle sous les 20.000 euros. Mais attention, le Boxster 986 n’est pas aussi fiable que les modèles refroidis par air : 30 ans plus tard, les défauts sont bien connus. Suivant la version, citons pêle-mêle : le fameux roulement IMS, le vase d’expansion, les fuites et, cerise sur le gâteau, une finition très perfectible, surtout sur les premiers modèles !
Volvo 480
Une Volvo des années 80 : on en attend une fiabilité de poids lourd, non ? Eh bien, sachez que ce modèle a ses tares ! Pourtant, il sait séduire : avec ses phares escamotables, son hayon vitré et sa ligne tendue, la 480 sort clairement de l’ordinaire. En plus, c’est un collector assez accessible, avec des prix largement sous les 7.000 euros ! Bref, il y a tout pour plaire, non ?
Pas tout à fait. Construite dans l’ancienne usine DAF, aux Pays-Bas, la 480 ne peut prétendre à la même robustesse que la 240. Le moteur (avec ou sans turbo), d’origine Renault, n’est pas vraiment le problème : bien entretenu, il tient la distance… Si quelques propriétaires mentionnent des problèmes de boîte de vitesses, c’est surtout la carrosserie qu’il faudra inspecter attentivement, la 480 rouillant nettement plus généreusement que ses sœurs suédoises. Et pour ne rien arranger, le hayon fuit et l’électronique (le boîtier CEM) peut avoir ses lubies.
Toyota MR2
Dire d’une Toyota qu’elle est fiable, c’est un navrant et banal pléonasme. Pourtant, il existe l’une ou l’autre exception… Comme cette toute mignonne Toyota MR2 de troisième génération, aujourd’hui disponible aux alentours de 10.000 euros ! À première vue, il s’agit d’une alternative originale à la Mazda MX-5. Avec son moteur central arrière et son allure de mini-Ferrari, on se dit qu’elle a bien des atouts ! Et c’est globalement vrai… sauf pour les exemplaires précédant le restylage de 2002…
On parle d’une forte consommation d’huile, pouvant désagréger les pré-catalyseurs et surtout endommager le moteur à terme ! Sur les forums, on lit quelques histoires d’horreur, avec notamment des débris de céramique aspirés dans la chambre de combustion, avec toutes les conséquences que vous imaginez… On vous rassure, le défaut a été corrigé dès 2002.
Land Rover Defender
On le croit taillé pour l’aventure, pour affronter les pires maux de la terre. On l’imagine indestructible de par sa nature rustique et dénuée d’électronique (enfin, suivant les versions…). On se dit aussi qu’avec une conception aussi ancienne, datant du lendemain de la seconde guerre mondiale, et une carrosserie en aluminium (soit insensible à la rouille), il devrait traverser les siècles.
Non, le Defender n’est pas éternel, loin de là : il est juste facilement « réparable ». Et des réparations, le Defender risque d’en avoir besoin ! Il y a d’abord et avant tout la corrosion, car le châssis, lui, est bien en acier ! Rajoutez à cela des fuites d’huile quasiment structurelles, une électricité parfois fantaisiste, un ciel de toit qui adore caresser vos cheveux… Attention, ne nous méprenez pas : le Defender n’est pas un engin « fragile » : il s’agit simplement d’un engin d’une autre époque, réclamant des soins plus réguliers et attentifs que les voitures contemporaines. Bien suivi, il vous mènera au bout du monde. Mais c’est rarement le cas et de nombreux exemplaires sont tout simplement rincés… Les bons exemplaires se trouvent à partir de 18.000 euros environ.
Cadillac Fleetwood/Eldorado HT4100
À première vue, on pourrait se dire qu’une grosse américaine, qui plus est une Cadillac, nantie d’un V8 très peu poussé, cela devrait être éternel. Hélas, il y a des exceptions. Au début des années 80, Cadillac, souvent pointée du doigt pour la consommation gargantuesque de ses modèles, entend prouver que luxe et efficience peuvent aller de pair. Après une première expérience désastreuse avec le « V8-6-4 » capable de désactiver certains de ses cylindres, la marque présente son moteur HT4100, pour « High Technology ». Sur le papier, c’est une petite révolution : bloc en alu, culasses en fonte et injection électronique.
Hélas, ce moteur est souvent considéré comme l’un des pires de la marque ! Des joints de culasse qui lâchent aux problèmes de porosité du bloc, en passant par l’usure excessive des arbres à cames et la pompe à huile fragile, ce fut un vrai désastre ! Bref, méfiance absolue, même si le prix de 15.000 euros environ pour un bel exemplaire peut être tentant…
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