Le système de freinage d’urgence autonome, mieux connu sous le nom d’AEB, est obligatoire depuis juillet 2024 pour tous les nouveaux modèles lancés sur le marché européen. Jusqu’ici, ce système se concentrait surtout sur les voitures qui freinent brusquement devant vous ou sur les obstacles immobiles présents sur la chaussée. Mais à partir du 7 juillet 2026, les nouvelles voitures particulières et les véhicules utilitaires légers devront être équipés de série, de capteurs et de caméras capables de reconnaître les contours et les mouvements des cyclistes et des piétons !
Éviter le pire
L’AEB fonctionne grâce à un cerveau assez sophistiqué : lorsqu’un risque de collision est détecté, le système déclenche d’abord une alerte sonore bien audible dans l’habitacle. Si le conducteur ne réagit pas, ou pas assez vite, la voiture décide de freiner d’elle-même. Dans le meilleur des cas, l’accident est évité, tandis que dans le pire, la vitesse d’impact est sensiblement réduire… Selon un rapport de l’institut VIAS, un piéton percuté à 20 km/h ne court aucun risque de blessure mortelle. À 30 km/h, ce risque est de 1 %, mais il est multiplié par 6 à partir de 50 km/h !
L’extension du freinage d’urgence aux usagers vulnérables, appelés VRU dans le jargon automobile (Vulnerable Road Users), s’inscrit dans la suite logique des précédentes évolutions. Alors qu’un AEB classique protège surtout contre les collisions par l’arrière, la version VRU doit également intervenir lorsqu’un cycliste commet une erreur de priorité ou lorsqu’un piéton traverse soudainement.
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Les limites physiques
Ces situations sont de plus en plus fréquentes, à mesure que le trafic devient plus dense et plus complexe. Voitures, speed pedelecs, vélos-cargos et piétons se partagent aujourd’hui l’espace dans les centres-villes avec une proximité jamais vue auparavant. Pour réduire le nombre de morts et de blessés graves, l’Union européenne impose progressivement de nouveaux systèmes d’aide à la conduite via la General Safety Regulation II (GSR II). Outre un freinage d’urgence plus précis, on voit aussi arriver un assistant de fatigue plus complet, une boîte noire, un feu stop adaptatif et le pré-équipement (nous insistons sur le terme pré-équipement) pour l’installation d’un éthylotest antidémarrage.
Les constructeurs automobiles travaillent depuis des décennies avec les tests Euro NCAP et savent que la détection des usagers vulnérables reste un véritable défi. Plus un élément renvoie de reflets métalliques, plus il est facile à repérer pour les capteurs. Voilà pourquoi une voiture est généralement plus simple à détecter qu’un piéton ou un cycliste. Les caméras, elles aussi, ont leurs limites physiques : une pluie battante, un soleil d’hiver très bas qui aveugle l’objectif ou le comportement totalement imprévisible d’un piéton peuvent désactiver le système ou le perturber. Euro NCAP teste depuis longtemps des scénarios impliquant des cyclistes et des piétons traversant la route. La plupart des marques sont donc déjà bien préparées. Sauf qu’à partir de ce mois-ci, décrocher un bon score ne relèvera plus du bonus : ce sera un minimum légal !
Le frein que vous ne connaissez pas
Outre le freinage d’urgence automatique, les voitures modernes disposent d’un autre frein d’urgence, manuel celui-ci… Et il reste méconnu de la plupart des automobilistes ! Le frein à main électrique (ce bouton marqué d’un P sur la console centrale) sert normalement lorsque vous stationnez. Mais si vous tirez ce même bouton alors que vous avez dépassé l’allure du pas, il se passe quelque chose que très peu de conducteurs ont déjà testé !
Votre voiture interprète alors ce geste comme un freinage d’urgence et non comme une plaisanterie ! Résultat : le système électromécanique freine sur les quatre roues et non sur les seules roues arrière comme le ferait un ancien frein à main mécanique. Via l’ABS et l’ESC, la voiture peut même freiner par intervalles si nécessaire. Cette fonction cachée figure dans chaque manuel d’utilisation et peut sauver des vies ! On pense par exemple à une défaillance des freins classiques, à une perte d’assistance au freinage, voire à une perte de connaissance du conducteur… Dans ce cas, ce simple bouton situé sur la console centrale peut devenir une véritable bouée de sauvetage !
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