Pourquoi les aides à la conduite deviennent dangereuses par mauvaise météo

Les aides à la conduite montrent de réelles limites lorsque les conditions météorologiques se dégradent. C’est ce que l'ADAC et Touring révèlent dans une enquête après avoir testé six voitures modernes dans une chambre climatique par  fortes pluies, brouillard dense et contre-jour. Résultat : aucun système n’en sort indemne. Et certains ont même laissé quelques surprises...

Publié le 17 avril 2026
Temps de lecture : 4 min

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Pourquoi les aides à la conduite deviennent dangereuses par mauvaise météo

Depuis des années, on nous vend des voitures équipées de systèmes d’assistance à la conduite toujours plus nombreux, toujours plus sophistiqués. Ils sont censés nous garder dans le droit chemin, éclairer nos angles morts, nous avertir d’un potentiel danger imminent et, globalement, de compenser une partie de nos inattentions. Le problème ? C’est qu’on ne peut manifestement pas leur faire confiance. Ou pas tout le temps. Car une étude menée par l'ADAC, l’automobile club allemand, en collaboration avec Touring constate que par mauvaise météo, ces systèmes avouent de sérieuses limites. Et le vrai danger, c'est probablement que personne ne le sait vraiment.

Brouillard : une barrière

Les tests ont été réalisés dans la chambre météorologique de l'AVL à Roding, un équipement de pointe capable de reproduire des averses intenses, des murs de brouillard et l'éblouissement d'un soleil rasant. Six voitures (un Tesla Model Y, une Nio EL6, une BYD Seal, une Mercedes CLA, une Subaru Impreza et un VW T-Roc) ont roulé à 30 km/h face à deux scénarios courants : un obstacle stationnaire et un piéton en mouvement. La vitesse est basse et les situations sont donc des plus banales. Et pourtant, aucun véhicule n'a traversé l'ensemble des scénarios sans erreur.

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Le brouillard dense s'est imposé comme la situation d’échec commune à tous les modèles. À moins de 20 mètres de visibilité, plusieurs systèmes ont simplement cessé de fonctionner de manière fiable. Et la conclusion de l'ADAC est la suivante : davantage de technologie embarquée ne garantit pas de meilleures performances. Ce qui compte, c'est la cohérence et la coordination des systèmes entre eux. Et ça, on ne vous le dit pas en concession, pas plus qu’on ne peut vraiment le tester avant d’acheter.

Mercedes convainc, BYD inquiète

Les écarts entre les marques sont significatifs. La Mercedes CLA affiche par exemple la meilleure performance globale : même en brouillard dense, les obstacles ont été détectés et le freinage déclenché. Mais un petit bémol tout de même subsiste avec un système de freinage d’urgence qui peut se désengager subitement sans que l’obstacle (un piéton ici) ait disparu. Étrange.

De son côté, Tesla surprend. Le Model Y repose exclusivement sur un réseau de caméras. Pas de radar donc ni de lidar. En pluie légère ou brouillard modéré, le véhicule ne rencontre aucun problème. Dans les cas les plus exigeants, le système a détecté les obstacles ou émis des alertes, mais sans systématiquement déclencher le freinage automatique, ce qui reste donc insuffisant pour une protection complète. Cela dit, l’ADAC et Touring reconnaissent que le bilan est toutefois plus solide qu'attendu face à des concurrents usant de technologies considérées comme plus efficaces.

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La Nio EL6  s’offre la totale : radar, lidar et caméra... Et elle montre malgré tout des réactions insuffisantes, voire nulles dès que la visibilité est réduite à moins de 20 mètres par temps de brouillard. Plus de technologie ne signifie donc pas plus de fiabilité.

Mais le cas le plus préoccupant est manifestement celui de la BYD Seal. Ce modèle révèle des faiblesses dans presque toutes les conditions, ce qui se traduit par une réactivité proche de zéro sous forte pluie et brouillard dense et, surtout, aucun avertissement adressé au conducteur pour lui signaler que les systèmes ne fonctionnent plus.

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© ADAC

La confiance ?

Le danger réel réside dès lors moins dans l'échec de la technologie à reconnaître des situations dangereuses, mais surtout dans son absence de transparence quant à ses limites. Un conducteur qui sait que son aide est désactivée adapte sa conduite. Un conducteur qui croit être assisté alors qu'il ne l'est plus va, lui, relâcher son attention et risquer le pire.

Touring rappelle que la meilleure garantie de sécurité par temps difficile, c’est l’attention même du conducteur. L'ADAC va dans le même sens et réclame des constructeurs qu'ils alertent systématiquement le conducteur dès qu'un système n'est plus opérationnel. Ce ne devrait pas être difficile à faire, mais en termes d’image, c’est évidemment peu reluisant vis-à-vis du consommateur. Rappelons qu’à partir de cette année, l'Euro NCAP va intégrer des conditions météo défavorables dans ses protocoles d'évaluation des aides à la conduite.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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