Face à l’explosion des prix à la pompe, les conseils ou les idées pour consommer moins sont souvent les mêmes. Il faut lever le pied, spécialement à haute vitesse (donc sur l’autoroute), éviter les trajets superflus, s’inscrire à des programmes de fidélité auprès des pétroliers et, bien entendu, surveiller ses dépenses au quotidien. C’est un début.
Car ces mesures en éclipsent d’autres qui sont tout à fait fondamentales. C’est le cas de l’état mécanique du véhicule et donc de son entretien. En effet, outre des pneus mal gonflés, un filtre à air encrassé, une huile dégradée, une injection mal réglée ou des bougies usées sont autant de paramètres qui ont un impact et qui peuvent engendrer une surconsommation non négligeable.
Pris séparément, ces éléments semblent pourtant insignifiants. Mais mis bout à bout, ils représentent une perte mesurable, répétée chaque année, sans qu'on s'en rende compte. Selon Auto5, un entretien optimal peut réduire la consommation de carburant de près de 20 %. C’est là le résultat d’une addition de petites failles techniques, chacune documentée et, surtout, chacune corrigible. Car le problème, c’est surtout de gaspiller sans le savoir.
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Le calcul qu'on rate
On peut chiffrer assez précisément l’impact des différentes défaillances. Ainsi, un pneu sous-gonflé de seulement 0,5 bar entraîne une surconsommation de 2,4 %, soit 48 euros perdus à la pompe par an. Cette donnée est fiable, car confirmée à la fois par Auto5 dans sa dernière étude, mais aussi par l'ADEME, organisme indépendant français. Et on ne parle pas d'un pneu à plat, mais d'un déficit de pression à peine perceptible au volant. L'ADAC allemand, le plus grand club automobile d'Europe, est encore plus précis : 0,2 bar de sous-pression suffisent déjà à faire grimper la consommation d'environ 1 %.
Deuxième paramètre : la géométrie des trains roulants. Des roues mal alignées augmentent la résistance au roulement, ce qui représente un surcoût annuel de 40 à 60 euros. Troisième facteur et probablement encore moins intuitif : le choix du pneu lui-même. Entre un modèle affichant un label énergie « A » et un pneu classé « E » sur l'étiquette européenne, l'écart atteint 0,5 l/100 km, soit 155 euros d'économies annuelles. C'est le poste qui surprend le plus. Il est important donc de vérifier les pressions régulièrement (tous les mois), mais aussi de vérifier l’usure et de faire vérifier les géométries dans des centres agréés.
L'argent brûle sous le capot
D’autres sources économies se cachent aussi sous le capot. Un filtre à air encrassé augmente la consommation de 3 %, ce qui représente une perte de 61 euros par an selon l'ADEME. L’impact est en effet direct : un moteur qui ne respire pas correctement compense en consommant davantage de carburant pour fournir la même puissance. On ne change pas un filtre à air chaque semaine, certes, mais l'ignorer pendant plusieurs révisions coûte donc cher.
C’est la même logique pour l'huile moteur. Opter pour une huile synthétique classée « Fuel Economy » permet d'économiser 1,5 % de carburant, soit environ 30 euros par an. Elle contribue à réduire les frottements internes et à réduire l’effort du moteur. Et forcément, la consommation suit. Enfin, il faut aussi citer la sonde lambda et les bougies. Une sonde lambda mesure la teneur en oxygène des gaz brûlés et lorsqu’elle est défaillante, elle perturbe le dosage air-carburant et force le moteur fonctionner avec un mélange souvent trop riche. De leur côté, des bougies usées aggravent aussi la surconsommation. Auto5 estime le gain potentiel lié à ces deux éléments entre 81 et 100 euros par an. Ce n'est pas rien.
Rien de révolutionnaire
Lorsqu’ils sont mis bout à bout, ces postes pèsent pour 454 euros d'économies annuelles selon Auto5. L’addition de petites corrections peut donc vite être rentabilisée. Olivier Renard, porte-parole d'Auto5, résume la logique : « le potentiel d'économie lié à l'état du véhicule est souvent sous-estimé. »
Pour un automobiliste belge qui roule régulièrement, ces interventions se remboursent donc avant la fin de l'année. Mais ces gestes simples sont trop souvent repoussés justement en raison des crises successives qui entament le pouvoir l’achat. Une enquête d’Auto5 montrait d’ailleurs que les Belges repoussent de plus en plus les échéances d’entretien de leur voiture. Un tort.
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