Avec l’arrivée des beaux jours, le circuit du Nürburgring sort lui aussi de sa trêve hivernale et il rouvre ses portes aux amateurs qui souhaitent s’essayer à la piste avec leur propre voiture. Ce tracé mythique n’est pas loin : il faut compter un peu plus d’une heure et demie de route (limitée celle-là) depuis la ville frontalière d’Aix-la-Chapelle. Ça peut paraître loin aux yeux de certains, mais il faut se dire que l’expérience revient nettement moins cher qu’une journée circuit à Zolder, Spa-Francorchamps ou Mettet.
La particularité de la Nordschleife – le section historique du Nürburgring longue de 20,8 km – réside dans son accès à la carte : lors des « Touristenfahrten » (littéralement les « sessions touristiques »), on paie sa place au tour. Et on peut vous dire qu’un seul tour suffit largement pour une première découverte. Comptez déjà un bon quart d’heure de roulage. Mais le fait est là : la densité de virages, de reliefs et de sensations est tels que l’expérience est intense – surtout la première fois.
Les 7 et 8 mars 2026, ce tracé mythique (bientôt centenaire) reprend vie après l’hiver. Un tour coûte 35 euros avec son propre véhicule. Jusqu’en octobre, la piste ouvre régulièrement au public et même souvent en soirée. Il y a aussi des « happy hours », en particulier du lundi au jeudi où le tarif descend à 30 euros par tour.
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S’élancer prudemment
L’idée d’aborder ce tracé mythique est évidemment séduisante, mais cette sortie ne s’improvise pas non plus. Lors des Touristenfahrten, on partage en effet la piste avec des centaines d’autres passionnés. Et les profils sont très variés : on y trouve autant des curieux venus faire un tour en famille (si si) que des pilotes chevronnés au volant d’une Porsche 911 préparée et qui cherchent à améliorer leur chrono personnel – c’est officiellement interdit, mais difficile à contrôler dans les faits.
D’un point de vue légal, la Nordschleife est considérée comme une route à péage à sens unique et où le Code de la route est d’application. Cela signifie donc que, comme sur autoroute, on roule à droite et on dépasse par la gauche. Il n’y a toutefois pas de limitation de vitesse fixe, sauf en cas d’accident ou de zone temporairement régulée.
Côté assurance, ce sont aussi les mêmes règles dans le trafic habituel. Une assurance en responsabilité civile ne couvre pas les dégâts qui surviendraient au véhicule. Plus délicat par contre : si on est reconnu comme responsable d’un accident, les dommages causés à un autre véhicule peuvent être contestés par l’assureur qui considère cette route comme un circuit. Ce qui signifie que la facture sera à votre charge. Et à cela peuvent s’ajouter les frais liés aux réparations des infrastructures – glissières, barrières, etc. – ainsi que les pertes économiques dues à la fermeture temporaire du circuit.
Avec ces risques en tête, mieux vaut éviter de dépasser les limite, pour soi comme pour la mécanique d’ailleurs. La Nordschleife est exigeante : elle compte environ 170 virages, présente des dénivelés parfois abrupts et une météo de montagne qui peut changer du tout au tout en quelques minutes. Il n’est pas rare d’avoir du soleil sur une portion et de la pluie sur une autre.
Autre conseil : surveillez bien vos rétroviseurs, mais gardez aussi un regard porté loin devant afin d’anticiper les enchaînements. Il ne faut pas hésiter à laisser filer les plus rapides et se concentrer sur l’essentiel : vivre une expérience unique sur les traces des grands noms du sport automobile.
A la fin de votre tour, prenez aussi le temps de laisser refroidir la mécanique sur les derniers kilomètres et d’éviter les gros freinages en réduisant progressivement le régime moteur. Pour ceux qui ne souhaitent pas s’engager avec leur propre voiture, plusieurs loueurs sont installés autour de Nürburg (le village). Une sportive compacte revient ainsi à environ 100 euros le tour. Les modèles les plus performants, notamment certaines Porsche, dépassent, eux, largement les 500 euros.
Prévoir large
Les incidents (et accidents) ne sont pas rares. Il arrive que l’accès soit temporairement fermé afin d’évacuer des véhicules accidentés, de nettoyer la piste ou de réparer les glissières. Mieux vaut intégrer cette éventualité dans votre planning et prévoir une marge et peut-être une nuit sur place pour retenter sa chance le lendemain. Dans l’idéal, il faut intégrer le Nürburgring comme une étape sur un trajet plus long. Cela évitera les éventuelles déceptions.
Un circuit chargé d’histoire
Inauguré en 1927, le Nürburgring servait initialement de terrain d’essai pour l’industrie automobile allemande qui était alors balbutiante. Il accueillait aussi des compétitions. Le Grand Prix d’Allemagne y fut organisé dès la première année.
Son tracé qui serpente à travers la forêt et présente des dégagements très limités s’est révélé à la fois dangereux et difficile d’accès pour les secours. Dans les années 1980, la Formule 1 a migré vers un circuit moderne et plus court construit à proximité. La Nordschleife reste toutefois le théâtre d’épreuves d’endurance, dont les célèbres 24 Heures du Nürburgring.
En semaine, le site demeure par ailleurs un laboratoire à ciel ouvert pour les constructeurs, les manufacturiers de pneus et les équipementiers qui viennent essayer leurs prototypes et les nouvelles voitures dans des conditions qui restent les plus sévères au monde. Tout ça vaut bien un détour, non ?
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