L’heure est au questionnement sur la technologie des voitures à hydrogène. L’an dernier les ventes ont chuté drastiquement et l’année 2025 ne s’annonce pas meilleure. Pourquoi cette situation ? En réalité, le problème vient plutôt du vecteur énergétique qu’est l’hydrogène. Il doit être produit et cela nécessite beaucoup d’énergie d’une part. D’autre part, cette molécule est aussi très volatile, ce qui complexifie la construction d’un réseau de distribution (il faut notamment utiliser des réservoirs en carbone). Enfin, le rendement de cette technologie est encore faible : 40% tout au plus (soit l’équivalent d’un moteur thermique), alors que celui d’une voiture électrique atteint les 90%, voire plus dans certains cas.
Cela dit, certains constructeurs continuent d’y croire. Il y a Hyundai, Honda et bien évidemment Toyota qui s’est d’ailleurs associé à BMW. Le numéro un japonais est probablement celui qui travaille le plus à cette technologie puisqu’il a notamment présenté d’étonnantes cartouches de recharge de H2, mais aussi un moteur thermique capable de fonctionner à l’hydrogène liquide.
Une démonstration
Toyota explore cette solution en compétition depuis déjà plusieurs mois. Concrètement, c’est le moteur turbo 1,6 litre 3 cylindres de la Yaris GR qui a été modifié et doté d’une injection d’hydrogène tandis que la technologie de réservoir de carburant emprunté à la Mirai. L’hydrogène vert brûle parfaitement au cœur des cylindres des moteurs à combustion interne, et ce sans émettre de dioxyde de carbone.
Ce développement n’est pas neuf. Dès 2023, les motoristes ont commencé à tester cette mécanique et, dans un premier temps, ils se sont attachés à améliorer la durabilité des pompes à hydrogène liquide et à faire faire évoluer les réservoirs de forme ovale pour augmenter l'autonomie. Pour tester le tout grandeur nature et pousser les contraintes, Toyota a engagé une GR Corolla aux 24 heures de Fuji de l'année dernière. Mais ce grand essai avait révélé quelques failles, notamment avec le système électrique.
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Des améliorations techniques
Cette année, Toyota remet le couvert et avec plus d’ambitions (pas sportives, mais de pouvoir boucler 24 heures) grâce à plusieurs améliorations techniques. La GR Corolla H2 Concept revient donc sur la piste et avec un moteur capable cette fois de fonctionner automatiquement selon deux modes : la combustion stœchiométrique, qui fournit un rendement élevé, et la combustion allégée, qui permet une conduite plus économe en carburant, principalement lorsqu’on relâche l’accélérateur.
Par ailleurs, une nouvelle structure pour la soupape de remplissage a été adoptée afin d'améliorer la vitesse et la sécurité du remplissage d'hydrogène tout en rendant cette pièce mobile plus légère. Ceci s’accompagne d’une nouvelle structure de piston interne qui permettra d'augmenter la surface de passage du flux, améliorant ainsi la vitesse de remplissage d'environ 30%. Ces nouveaux éléments élimineraient aussi la nécessité d'un actionneur externe, ce qui participe aussi à l’allègement de l’ensemble (-2 kg).
Enfin, les faisceaux de câbles sont partiellement réalisés en aluminium au lieu du cuivre pour prévenir tout risque de corrosion causée par l'exposition à l'eau au niveau des connexions des bornes qui sont devenues par ailleurs étanches grâce à une nouvelle technique de soudage par laser. Là encore, on assiste à une économie de poids : -18kg rien que sur le câblage.
Toutes ces améliorations ont payé puisque la GR Corolla a bouclé les 24 Heures et 468 tours du Speedway. C’est 10 tours de moins qu’en 2022 alors que les pilotes tournaient avec une GR Corolla alimentée par hydrogène gazeux. Curieux de voir les enseignements que les ingénieurs pourront tirer des masses de données enregistrées lors de cette compétition qui contribuera peut-être à relancer le moteur à combustion dans une forme nouvelle.
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