Lancée en 2009, la Kia Soul a immédiatement créé la controverse avec ses lignes carrées, sa haute ceinture de caisse et son gabarit compact qui faisaient qu’elle ne ressemblait à rien d’autre sur le marché. Positionnée entre une citadine et un petit SUV, la Soul proposait un compromis pour les clients en quête de style et de praticité. À une époque où la plupart des modèles rivalisaient de courbes fluides, elle assumait fièrement son design inhabituel.
Sous ses dehors originaux, la Soul proposait aussi un espace intérieur étonnamment généreux pour sa taille. Son empattement court mais sa hauteur importante offraient une habitabilité remarquable, et un confort de conduite apprécié en ville comme sur route. Avec un coffre modulable, une assise surélevée et une bonne visibilité, elle répondait aux besoins du quotidien sans sacrifier sa personnalité.
Trois générations
Au fil des années, Kia a su faire évoluer la Soul en douceur. Trois générations se sont succédé, chacune apportant son lot de modernisations : améliorations technologiques, design affiné, motorisations plus efficientes. La version électrique, la Soul EV, lancée en 2014, fut même l’un des premiers véhicules zéro émission proposés par la marque, bien avant l’explosion du marché des VE. Elle a ainsi permis à Kia d’explorer le terrain de l’électrification avant d’en faire une de ses priorités stratégiques.
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Mais malgré ces efforts, la Soul a progressivement vu son attrait décliner, surtout sur les marchés occidentaux où les véhicules peuvent passer rapidement de mode. La concurrence interne s’est accentuée au sein même de la gamme Kia, plus conventionnels dans leur approche du segment SUV. Les ventes ont baissé année après année, jusqu’à ce que la marque confirme officiellement, courant 2024, l’arrêt définitif de la production de la Soul thermique après le millésime 2025. Quant à la version électrique, elle avait déjà disparu discrètement des catalogues européens et nord-américains.
Nouvelle stratégie
Les raisons de cette décision sont multiples. D’abord, la rationalisation des gammes est devenue un mot d’ordre dans une industrie sous pression. Entre la flambée des coûts de production, l’électrification accélérée, et la nécessité de respecter des normes environnementales de plus en plus strictes, les constructeurs doivent faire des choix. Et dans ce contexte, les modèles les moins rentables ou les plus atypiques sont souvent les premiers à disparaître. Ensuite, le design de la Soul, qui avait tant séduit au début des années 2010, a fini par devenir clivant, voire dépassé aux yeux d’une partie du public. Dans un marché dominé par les SUV aux lignes dynamiques, la silhouette cubique de la Soul semblait de plus en plus en décalage avec les attentes actuelles.
Enfin, la stratégie de Kia s’oriente désormais très clairement vers l’électrification de masse. La gamme EV (EV6, EV9, et bientôt EV3) représente l’avenir du constructeur, et absorbe une grande partie des investissements en recherche et développement, ainsi qu’en production. La Soul, qui n’a pas connu de renouvellement électrique en phase avec les derniers standards (plateforme E-GMP, autonomie élevée, recharge rapide), ne trouvait plus sa place dans ce nouvel écosystème.
Avec la fin de la production de la Soul, c’est aussi une certaine vision de l’automobile qui s’éteint : celle où l’on pouvait encore oser des formes décalées, où un constructeur généraliste pouvait proposer un modèle fun, sans nécessairement viser la rentabilité maximale. Pour le marché, la disparition de la Soul marque une évolution logique, vers une gamme un peu plus rationalisée et électrifiée.
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