Budget mobilité obligatoire : vers un trou de 100 millions et la fin annoncée de la voiture de société ?

Prévu dès 2026, le budget mobilité obligatoire inquiète tout le secteur automobile. Il faut dire que jusqu’ici, c’est le flou administratif qui règne. Certains analystes prédisent avec cette mesure des pertes fiscales de 100 millions d’euros par an et la fin du système des voitures de société en Belgique. On fait le point.

Publié le 26 octobre 2025
Temps de lecture : 4 min

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Budget mobilité obligatoire : vers un trou de 100 millions et la fin annoncée de la voiture de société ?

Le gouvernement fédéral veut rendre le budget mobilité obligatoire pour tous les salariés bénéficiant d’une voiture de société dès le 1er janvier 2026. Problème : à deux mois de l’échéance, ni les textes d’application ni les précisions pratiques ne sont disponibles. Les entreprises qui sont déjà confrontées à une législation complexe en matière de mobilité redoutent déjà un chaos administratif.

Conçu à l’origine pour offrir une alternative à la voiture de société, le budget mobilité devait être réformé avant d’être généralisé. L’accord de gouvernement prévoyait une refonte en profondeur : simplification du dispositif, extension à tous les travailleurs et clarification des règles fiscales. Mais le calendrier s’est finalement inversé. « Le gouvernement met la charrue avant les bœufs », dénoncent d’ailleurs la FEBIAC et Renta, les fédérations représentant respectivement les constructeurs et les loueurs de véhicules. Une enquête récente du secteur montre qu’un employeur sur deux ignore encore les implications concrètes de la future obligation. Selon plusieurs observateurs, le dispositif nécessiterait de six mois à un an de préparation.

Une menace pour les finances publiques ?

Mais au-delà des difficultés administratives de mise en place, le budget mobilité pourrait surtout provoquer un trou dans les finances fédérales. Selon les calculs de Renta, la perte de recettes (para)fiscales dépasserait les 100 millions d’euros par an. En cause : la possibilité pour les salariés d’affecter leur budget à des dépenses de logement – loyer ou prêt hypothécaire – plutôt qu’à des moyens de transport. Dans la pratique, cette option revient souvent à une conversion en salaire net qui est alors exempté d’impôts et de cotisations sociales. À l’heure où le gouvernement peine à boucler son budget, c’est presque risible…

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Selon les projections de Renta, sur 600.000 travailleurs bénéficiant d’une voiture de société, 10% d’entre eux sont susceptibles de passer au budget mobilité. Ce qui représente donc quelque 60.000 véhicules en moins. Or, chaque voiture rapporterait en moyenne 1.700 euros de recettes (para)fiscales par an. Cela creuserait un trou de plus de 100 millions dans le budget fédéral, indique la fédération. Cette perspective est partagée par la FEBIAC qui souligne que ce serait tout à écosystème, celui de l’automobile, qui serait affecté : constructeurs, loueurs, garagistes et même le marché des véhicules électriques.

Notons toutefois que ces projections restent très théoriques. Car le budget mobilité n’envisage pas de facto l’abandon de la voiture. En effet, les bénéficiaires peuvent aussi opter pour une voiture de plus petite taille, moins polluante et donc de récupérer une partie de ce budget à d’autres fins.

Le recul des voitures de société ?

Ce que le secteur craint, c’est surtout le recul du secteur fleet et professionnel qui constitue depuis des années le gros pilier du marché, loin devant celui des particuliers.

La voiture de société concerne près de 15% des salariés. Et manifestement, ceux qui en bénéficient ne comptent pas changer de braquet : depuis 2019, seules 18.516 personnes (sur un total de plus de 600.000) – soit 0,5% des salariés – ont opté pour le troc de leur voiture avec le budget mobilité. Reste à savoir si l’obligation du budget mobilité en 2026 dans toutes les entreprises changera vraiment la donne et viendra menacer l’écosystème de la voiture-salaire.

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La volonté du gouvernement est d’autant plus redoutée que le marché automobile est en recul depuis de nombreux mois. Les immatriculations ont chuté de 9% sur les neuf premiers mois de 2025 et la croissance du parc de voitures de société s’essouffle elle aussi. Les entreprises restent prudentes et elles ont tendance à prolonger de plus en plus les contrats de leasing. Renta craint d’ailleurs aussi un autre effet pervers : que certains salariés pourraient troquer leur voiture de société électrique contre un véhicule d’occasion plus polluant.

Un levier mal calibré ?

Sur le papier, le budget mobilité poursuit un objectif louable : encourager des déplacements plus durables. Le salarié peut répartir le coût de possession de sa voiture (entre 3.000 et 16.000 euros par an) entre trois piliers : une voiture à plus faibles émissions, des moyens de transport alternatifs (vélo, train, covoiturage), un usage logement ou un éventuel solde en cash. 

Ce que les acteurs du secteur automobile demandent donc, c’est surtout du temps et des évaluations précises et, si elle doit intervenir, une mise en œuvre claire et simple. Sur ce point, c’est probablement ce que tout le monde espère.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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