Depuis deux ans, la Flandre expérimente ce qui s’apparente à une petite révolution pour la circulation automobile : les feux de circulation intelligents. Concrètement, 230 carrefours ont été équipés de capteurs connectés capables d’interagir avec certaines applications de navigation. Lorsqu’un véhicule, un vélo ou une moto s’en approche avec une appli compatible active, un signal est envoyé au feu qui peut alors passer plus rapidement au vert, à condition toutefois que le trafic le permette.
Cette technologie est censée fluidifier les déplacements et limiter les arrêts inutiles (donc économiser du carburant) et elle fait de la Belgique le deuxième pays européen à l’implémenter à grande échelle après les Pays-Bas. L’idée : adapter la gestion du feu en temps réel à la présence réelle des usagers, notamment en période creuse comme la nuit où certains automobilistes doivent attendre inutilement face à un feu rouge sur certains axes.
200.000 usagers conquis
Jusqu’ici, environ 200.000 usagers en Flandre se sont tournés vers des applications compatibles comme Karta GPS, Flitsmeister ou Sway. Les premiers résultats sont encourageants : les tests montrent des franchissements plus fluides aux carrefours, y compris pour les cyclistes. Cela dit, vu les avantages en termes de confort et de fluidité, l’adhésion reste encore limitée. Et ça s’explique par le fait que les grands noms du secteur des applications de navigation comme Waze et Google Maps ne jouent pas encore le jeu.
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Comme ces plates-formes dominent le marché de la navigation, leur absence freine l’adoption de ce dispositif à grande échelle. L’Agence flamande des routes dit être en discussion avec les géants de la Tech, car l’idée est d’intégrer ce service dans des applications existantes et en particulier dans les plus utilisées. Jusqu’ici, aucun accord n’a encore été trouvé. Ce qui étonne, car c’est aussi dans l’intérêt de Google. Oui, mais voilà, on sait que le géant aime bien maîtriser les choses. Peut-être que la firme a une autre idée derrière la tête...
Et l’intégration dans les véhicules ?
Mais les applications de navigation ne sont pas une fin en soi. Car les autorités ont une autre idée en tête : une intégration directe du dispositif dans les systèmes embarqués des véhicules. À ce titre, des pourparlers seraient en cours avec des éditeurs de cartes comme TomTom qui fournissent des cartes pour les interfaces ainsi qu’avec plusieurs constructeurs automobiles. L’avantage est évident : en étant intégré, le système serait opérationnel à 100% et tout temps et en tous lieux.
Certains usages spécialisés bénéficient déjà de cette intégration : à Gand, les ambulances et camions de pompiers utilisent les feux intelligents pour obtenir « naturellement » la priorité, ce qui réduit les risques lors des urgences et accélère aussi les temps d’intervention.
Et en Wallonie ?
Si la Flandre est déjà bien équipée, la Wallonie n’est pas en reste. En 2022, le gouvernement wallon a lancé un plan ambitieux pour moderniser ses 700 carrefours régulés par feux tricolores. D’ici 2026, plus de 600 d’entre eux deviendront « intelligents », avec des priorités données aux transports en commun, mais aussi une meilleure gestion dynamique du trafic.
Cette évolution montre ô combien il y a moyen de faire encore beaucoup de chose pour faciliter la vie des automobilistes et fluidifier le trafic. Ce qui est probablement le point le plus important, car, chaque année, les embouteillages sont toujours plus longs... Espérons simplement aussi que les géants du Web puissent accepter de travailler en partenariat plutôt qu’en vase clos.
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