Chaque hiver, la campagne BOB rappelle qu’alcool et conduite ne font pas bon ménage. À l’approche des fêtes, les zones de police belges renforcent logiquement les contrôles, spécialement autour de l’alcoolémie. C’est précisément dans ce contexte que l’application Trapspotter fait son apparition sur les stores.
Développée par l’entrepreneur Vincent Parisis avec Amaury Verelst et plusieurs partenaires restés discrets, l’application ambitionne de centraliser les informations liées aux contrôles routiers. Barrages alcool, radars mobiles et dispositifs temporaires : Trapspotter agrège ces données à l’aide d’algorithmes et de signalements utilisateurs, puis les replace sur une carte. Le calendrier de lancement n’a rien d’anodin. La période est celle où l’attention des automobilistes est maximale et où la question de la responsabilité individuelle se pose de manière plus évidente.
Une légalité revendiquée
Le nom de Vincent Parisis n’est pas inconnu dans ce domaine. En 2012, il était déjà à l’origine de Politiecontrole.be, une application contrainte de disparaître après des décisions défavorables d’instances éthiques. Mais depuis, le paysage a profondément évolué.
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Des outils comme Waze ou Coyote proposent aujourd’hui des fonctionnalités similaires, intégrées à des services de navigation grand public. Pour Parisis, la différence de traitement pose question. Il rappelle avoir obtenu gain de cause à plusieurs reprises devant les tribunaux sur le principe même du partage d’informations routières. Selon ses créateurs, Trapspotter s’inscrit donc dans un cadre juridique qu’ils estiment clair même si la frontière entre information et incitation reste délicate.
Prévention ou contournement
L’application est proposée sous forme d’abonnement mensuel à 3,95 euros. Elle n’est donc pas gratuite comme Waze, mais elle est moins chère que Coyote (12,5 euros/mois environ). Et pour mieux la dédouaner, ses concepteurs disent non pas cibler l’automobiliste déjà en route, mais plutôt celui qui s’interroge avant de prendre le volant. Pour eux, rendre visible la présence de contrôles pour renforcer l’effet dissuasif.
Trapspotter intègre également des alternatives à la conduite, comme la suggestion de réserver un taxi ou de désigner un conducteur sobre. Ses concepteurs admettent toutefois que certains utilisateurs chercheront à éviter les contrôles. Un comportement qu’ils jugent indépendant de l’existence même de l’outil.
Un succès immédiat
Le lancement n’est pas passé inaperçu. Quelques jours après sa mise en ligne, Trapspotter enregistrait plusieurs centaines de téléchargements par heure avec un objectif affiché de 50.000 utilisateurs à court terme. Il est vrai qu’il faut une base critique minimum pour que le dispositif fonctionne. Car sans utilisateurs, pas d’information. Par contre, l’engouement confirme l’intérêt persistant pour les informations liées aux contrôles routiers, spécialement en période festive.
Naturellement, la situation a provoqué la sortie de VIAS. Dans les colonnes de HLN, l’Institut belge pour la sécurité routière adopte un ton presque virulent. L’organisation estime que ce type d’application va à l’encontre même de la logique préventive des contrôles. Pour elle, un conducteur respectueux des règles n’a aucune raison de connaître la localisation des barrages. VIAS rappelle également que les contrôles routiers ne concernent pas uniquement l’alcool, mais participent aussi à des missions plus larges de sécurité publique. Rendre ces dispositifs visibles pourrait en diminuer l’efficacité globale. Chacun se fera son idée sur le caractère légitime ou non des fonctionnalités de Trapspotter qui, du reste, existent sur d’autres plates-formes sans que personne ne s’en offusque...
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