Le Belge conduit trop souvent sous influence : que faut-il changer ?

Une étude de VIAS met en lumière ce que l’on redoute souvent, mais qu’on admet rarement : l’automobiliste belge est trop peu regardant sur la combinaison alcool et conduite. À tel point d’ailleurs qu’à l’échelle européenne, il figure parmi les plus mauvais élèves. La Région bruxelloise bat même tous les records.

Publié le 25 juin 2025
Temps de lecture : 5 min

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Le Belge conduit trop souvent sous influence : que faut-il changer ?

Le tableau présenté par l’étude internationale ESRA – et coordonnée en partie par l’Institut VIAS – a été présentée au SPF Mobilité. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que pour la Belgique, elle est peu reluisante. Les automobilistes belges se révèlent en effet être parmi les usagers de la route les plus dangereux d’Europe. Cette constatation ressort d’une analyse du comportement routier à travers 39 pays et elle montre que les conducteurs belges roulent régulièrement sous influence.

Seul le Luxembourg fait pire

Les chiffres relatifs à la consommation d’alcool au volant sont assez édifiants. Pas moins de 19% des conducteurs belges admettent avoir pris le volant au moins une fois au cours du mois écoulé avec un taux d’alcool potentiellement trop élevé dans le sang. La Belgique obtient donc bien en deçà de la moyenne européenne (11,6%). Même à l’échelle mondiale, notre pays figure un peu honteusement en haut du classement, juste derrière le Luxembourg (24,1%), la Thaïlande (23,3%) et le Mexique (20%). En Europe, la Belgique est donc à la deuxième place de ce triste classement.

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Les résultats de Bruxelles attirent aussi particulièrement l’attention : 27% des personnes interrogées ont reconnu avoir récemment circulé en voiture sous influence. En Wallonie, ce taux est de 23% et en Flandre de « seulement » 15%. Pour le porte-parole de VIAS, Benoît Godart, il règne encore en Belgique une trop grande tolérance vis-à-vis des conducteurs alcoolisés.

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« Il est encore accepté que les gens prennent le volant sous influence. On en rit même, alors qu’en Suède, c’est une honte d’être contrôlé en état d’ivresse », explique Benoît Godart à La Dernière Heure. Il souligne également que l’étude ESRA n’est pas un cas isolé : « Étude après étude, il ressort que la conduite sous influence reste le plus grand problème de sécurité routière en Belgique. »

Ce phénomène s’observe malheureusement chaque année à travers plusieurs accidents mortels causés par des conducteurs ivres et qui se trouvent d’ailleurs parfois déjà sous le coup d’un retrait de permis. Cette situation plaide évidemment en faveur d’un durcissement des mesures

De 1,2 à 0,8 ‰

Le monde politique étudie effectivement un renforcement autour de la possibilité d’un retrait immédiat du permis de conduire pour les récidivistes. Mais, on peut s’interroger sur l’efficacité réelle de telles mesures, puisque, comme décrit ci-dessus, nombreux sont ceux qui prennent le volant malgré tout. La saisie du véhicule est aussi envisagée, mais VIAS souligne que cela pourrait aussi pénaliser d’autres membres du foyer. En outre, une filière de location très lucrative existe dans les pays voisins, comme l’Allemagne ou la Pologne, qui permet aux condamnés de continuer à rouler discrètement en Belgique avec des plaques étrangères. Jusqu’à ce qu’un événement plus grave se produise à nouveau.

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Concrètement, les autorités souhaitent abaisser la limite de retrait immédiat du permis de conduire de 1,2 à 0,8 gramme par litre de sang. La proposition d’une tolérance zéro – comme dans les pays scandinaves – est aussi sur la table, même s’il semble plus difficile de trouver un consensus politique à ce sujet. Les experts appellent à davantage de sensibilisation et à un changement dans l’acceptation sociétale de ce phénomène. Selon l’étude, l’entourage laisse encore trop souvent faire alors que les compagnons de sortie devraient empêcher les personnes ivres à reprendre le volant.

Interdire le partage d’informations

VIAS propose également une autre mesure, assez rapide à mettre en œuvre : interdire le partage des lieux de contrôle de l’alcoolémie via les applications et les réseaux sociaux. « Ces infos sont souvent partagées alors même que les contrôles ne sont pas encore en place. Cela annule complètement l’effet dissuasif », explique Benoît Godart. Selon l’organisme, il est techniquement simple de bloquer ce type de notifications dans un certain périmètre autour du contrôle.

Le rapport ESRA ne s’est toutefois pas seulement intéressé qu’à la consommation d’alcool, mais aussi aux drogues, à la vitesse et à l’usage du téléphone au volant. Et pour ces matières là aussi, la Belgique est loin d’être exemplaire. Pas moins de 56% des conducteurs belges admettent avoir dépassé les limitations de vitesse au cours du mois écoulé – bien plus que la moyenne européenne de 47%. La consommation de drogues au volant est surtout un phénomène urbain : à Bruxelles, 19,3% des conducteurs admettent avoir récemment conduit sous influence, soit deux fois plus qu’en Flandre (8,3%) et trois fois plus qu’en Wallonie (6,4%).

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© Federale Politie

En ce qui concerne l’usage du téléphone, la Belgique se situe pile sur la moyenne européenne : un conducteur sur quatre reconnaît utiliser régulièrement son GSM au volant. Le gouvernement voulait s’attaquer à cette pratique illégale en généralisant l’usage des caméras ANPR, mais il se heurte encore à des obstacles liés à la législation sur la vie privée.

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Par Piet Andries Rédacteur automobile

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