Ce qui a commencé en avril 2018 à Évreux, en Normandie, est devenu l'un des outils les plus discutés de la politique routière française. Les autorités utilisent des véhicules anonymes équipés de radars infrarouges qui enregistrent les excès de vitesse sans flash visible. Si leur champ d'action était auparavant limité à certains départements, ils circulent aujourd'hui dans presque toute la France. Seules l'Île-de-France et la Corse y échappent pour l'instant, mais leur déploiement n'est qu'une question de temps. La France était déjà connue pour son approche progressiste en matière de contrôle de la vitesse, et elle va maintenant encore plus loin.
Huit régions
Le système, connu sous le nom de « Dexter », est mis en place progressivement depuis plusieurs années. Au départ, il était limité à huit régions, dont la Bretagne, les Pays de la Loire et les Hauts-de-France. Mais ces derniers mois, de nombreux nouveaux départements l'ont adopté, de l'Ain aux Bouches-du-Rhône.
Depuis le début du mois, trois de ces véhicules circulent dans la Drôme, tant sur les routes locales que sur les grands axes routiers tels que l'A47, l'A89 et l'A72. Le mois prochain, ce sera au tour de la Loire, puis la voie sera ouverte à la région lyonnaise, sous réserve du feu vert de la préfecture. Ceux qui sont encore en vacances dans la Douce France ce mois-ci ont tout intérêt à se faire discrets.
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Contrôles privés
Car il n'y a pas grand-chose à faire contre Dexter. Le concept est simple, mais efficace. Au lieu de caméras fixes ou de contrôles mobiles par les gendarmes, cette flotte de véhicules civils — sans logos ni autocollants reconnaissables — circule discrètement dans le trafic. Les conducteurs sont engagés par des entreprises privées qui effectuent des itinéraires fixes pour le compte de l'État.
La technologie embarquée mesure en permanence la vitesse des véhicules qui passent. Les infractions sont automatiquement transmises à un centre de traitement, où les amendes sont établies. Et comme on le sait, les entreprises privées ont tout intérêt, comme pour les infractions de stationnement, à émettre le plus grand nombre possible de contraventions. Et comme les voitures radar circulent en permanence, même la nuit, aucune application - telle que Waze ou Coyote - ne peut partager leur emplacement. Les radars mobiles ne sont pas une nouveauté en soi. Mais alors qu'auparavant, ils étaient équipés de caméras sur leur capot, ce qui les trahissait, la technologie infrarouge est désormais située derrière le pare-brise. Presque impossible à repérer.
Un peu de répit
Il est bon de connaître la marge appliquée par Dexter : pour les limitations de vitesse inférieures à 100 km/h, le flash ne se déclenche qu'en cas de dépassement d'au moins 10 km/h. Pour les limitations plus élevées, une tolérance de 10 % s'applique, ce qui laisse un peu de répit. Cette marge est également plus large qu'en Belgique. Officiellement, l'objectif est principalement de lutter contre les infractions graves, mais les chiffres montrent que son introduction dans certains départements a entraîné une augmentation de 50 % des verbalisations.
Pour les autorités, ce système présente plusieurs avantages. Comme aucun agent de police n'est nécessaire dans les véhicules, ces effectifs peuvent être affectés à d'autres tâches, par exemple aux contrôles d'alcoolémie et de stupéfiants. Le choix des itinéraires n'est pas le fruit du hasard. Les préfectures se concentrent sur les zones où les accidents sont fréquents, où le trafic est dense ou où l'infrastructure routière est complexe. D'ici la fin de l'année, environ 300 de ces véhicules « Dexter » devraient circuler quotidiennement sur les routes françaises. Un dernier conseil pour les vacanciers : les radars ne prennent pas de pause estivale.
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