Chaque année, la DUH décerne le prix de la « Goldener Geier », littéralement « vautour d’or » aux entreprises dont les communications ou les pratiques sont jugées trompeuses en matière d’environnement. Cette année, Lamborghini figure sur la liste des nominés, précisément pointée du doigt pour ce que l’organisation considère comme du greenwashing, qui consiste à annoncer des progrès écologiques tout en conservant des pratiques qui, selon elle, ont un impact négligeable sur les émissions réelles de CO2.
À l’origine de cette nomination, un constat simple de la DUH : les récentes voitures hybrides rechargeables de Lamborghini n’offrent qu’une autonomie électrique très limitée, souvent inférieure à quinze kilomètres, ce qui réduit presque à néant leur potentiel de réduction des émissions lorsque comparé à des hybrides plus efficients ou à des électriques pures. En réalité, l’électrification sert davantage à booster les performances des moteurs thermiques, plutôt qu’à diminuer significativement la consommation ou les émissions. Une pratique qui irrite particulièrement les défenseurs de l’environnement.
Surenchère de puissance
Lamborghini a récemment beaucoup communiqué sur l’hybridation progressive de sa gamme, lepassage à des motorisations plus complexes et plus raffinées technologiquement, et la promesse de l’arrivée d’un modèle totalement électrique, la Lanzador. Derrière ces annonces, la réalité est cependant plus nuancée.
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La Revuelto, première supercar hybride rechargeable de la marque est au centre de la controverse : avec sa batterie de petite capacité, elle ne peut parcourir que quelques kilomètres en mode électrique avant que son V12 de 6,5 litres de cylindrée ne se mette en route. L’objectif est en réalité une puissance totale de 1015 ch et 807 Nm, tout en affichant des émissions moyennes de 276 g/km de CO2, un résultat assez bas pour une supercar.
Ce type d’hybridation entièrement tourné vers la puissance est précisément ce que la DUH qualifie de tromperie.
Retrait de l’électrique
Plus alarmant encore pour la DUH, Lamborghini a récemment pris la décision d’abandonner le développement de sa première voiture 100 % électrique, le projet Lanzador. Initialement présenté comme une future supercar électrique ambitieuse, le modèle vient d’être abandonné après que le PDG de la marque au taureau ait jugé l’intérêt du marché pour ce type de véhicule « proche de zéro ». La marque préfère désormais concentrer ses efforts sur des versions hybrides plutôt que sur une transformation intégrale de sa gamme vers le tout électrique.
Cette annonce a encore renforcé l’agacement des ONG environnementales : pour beaucoup, elle illustre que Lamborghini perpétue avant tout un modèle basé sur la puissance et le plaisir, et non sur une transition énergétique responsable.
Stratégie assumée ?
Du côté de Lamborghini, la réponse n’a jamais été de feindre un virage écologique radical. Le constructeur italien s’est toujours positionné comme un artisan de la performance avant tout. Dans ses déclarations publiques, le maintien des moteurs thermiques de leur sonorité distinctive demeure une priorité, car il répond aux attentes profondes de sa clientèle historique.
Le fossé entre cette stratégie marketing et les exigences croissantes des régulateurs environnementaux européens se creuse de plus en plus. Alors que des objectifs d’émissions de plus en plus stricts se profilent à l’horizon 2030, voire 2035, les supercars hybrides thermiques comme celles de Lamborghini pourraient se retrouver dans une zone de plus en plus critique où l’efficacité réelle est régulièrement remise en question.
L’avenir des supercars
La nomination de Lamborghini pour cette « récompense » du mensonge environnemental est à la fois un avertissement et un révélateur d’un débat plus large. Comment concilier passion automobile et responsabilité écologique ? Et surtout : les hybrides, tels que conçus par certains constructeurs de luxe, peuvent-ils être considérés comme de véritables solutions « vertes » ?
Pour l’heure, Lamborghini reste fidèle à ses racines avec des machines bruyantes, puissantes qui s’adressent à l’émotionnel. Mais dans un monde qui se dirige inexorablement vers la neutralité carbone, il se pourrait que ces choix aient des conséquences ,néfastes sur l’avenir des supercars.
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