Le conflit entre la Chine et l’Europe au sujet des pratiques de dumping concernant les voitures neuves aurait pu dégénérer en guerre commerciale. Mais il vient de s’apaiser.
Les deux puissances économiques sont parvenues à un accord sur un quota qui laissera entrer 350.000 hybrides « made in China » par an sur notre territoire. L’accord porte sur une durée de quatre ans. Une tolérance est en outre permise avec un quota qui peut fluctuer de 6 % en fonction du pays et du marché.
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Les marques européennes aussi
Avec cette règle d’un ajustement jusqu’à 6 %, le quota pourrait donc atteindre jusqu’à 416.356 véhicules à l’horizon 2030, soit environ 130.000 unités de plus que le plafond initial de 350.000. Et c’est à la douane de surveiller l’afflux de voitures. Dès que la limite est atteinte par un des État membre, plus aucun véhicule ne pourra être dédouané. Reste à espérer qu’une solution a été envisagée pour que ces véhicules éventuellement refusés ne s’entassent pas dans le port de Zeebruges dont les parkings frôlent déjà l’asphyxie.
Dans sa déclaration, le commissaire européen Maroš Šefčovič parle d’un rééquilibrage commercial. Selon lui, c’est la première fois que la Chine réduit volontairement ses exportations sans que les tensions ne montent fortement. L’accord porte d’ailleurs aussi bien sur les hybrides classiques que sur les versions rechargeables et il ne vise pas uniquement les marques automobiles chinoises. Les constructeurs européens actifs en Chine tombent eux aussi sous le régime du quota. Mais il s’agit d’un leurre. Car en dehors de Volvo, aucune marque automobile occidentale n’expédie des hybrides depuis la Chine vers nos contrées. Et cette marque suédoise est en réalité chinoise, via l’actionnariat de Geely.
EU-CN trade needs real rebalancing. With Minister Wang Wentao we've reached a shared understanding to:⁰🔹halve HEV, PHEV exports⁰🔹improve access to China's market⁰🔹further ease rare earths export licensing.
— Maroš Šefčovič🇪🇺 (@MarosSefcovic) October 9, 2026
A first step. I welcome the genuine engagement. We reconvene by Jan. pic.twitter.com/SiKiZYLC8N
Le problème s’est déplacé
Mais pourquoi Bruxelles est-elle finalement intervenue ? L’Europe avait déjà mis en place plus tôt des droits de douane contraignants sur les modèles électriques en raison de subventions étatiques déloyales de la part de Pékin. Mais ces droits ne concernaient que les modèles 100 % électriques et le problème s’est déplacé vers les hybrides qui sont devenues la nouvelle porte d’entrée pour les marques chinoises. Chez BYD, l’hybride rechargeable Seal U DM-i est ainsi le modèle le plus vendu de la gamme. Ce qu’il faut savoir que c’est qu’en Chine, les hybrides bénéficient aussi de larges subventions, car elles tombent sous le statut de « New Energy Vehicle ».
Forcément, le phénomène des hybrides chinoises s’est rapidement vu dans les statistiques de ventes. Selon l’ACEA, l’association des constructeurs automobiles européens, une hybride classique sur sept vendue en Europe au premier semestre 2026 était chinoise, contre 2 % en 2024. Pour les hybrides rechargeables, ce chiffre atteignait même 25 %. Selon les projections, on attendait 800.000 hybrides chinoises en Europe cette année, soit le double du plafond désormais fixé. En clair, le problème de dumping était simplement en train de se déplacer.
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Une bonne nouvelle pour Gand ?
Toute la question est de savoir comment les marques automobiles chinoises vont réagir maintenant ? En fait, le principe de quota va simplement accélérer la construction d’usines chinoises en Europe. BYD a déjà programmé l’hybride rechargeable Atto 2 DM-i dans son usine de Hongrie et le constructeur a fait savoir au salon de Paris qu’il cherchait déjà un deuxième, voire un troisième site. Cela dit, dans la même logique d’une production locale, on se dit que ce quota pourrait aussi jouer en faveur de Volvo Gand, qui fonctionne depuis peu comme une usine sous-traitante. Elle peut de ce fait ouvrir ses espaces de production à des acteurs étrangers, donc des Chinois.
Cet accord a finalement des allures de compromis diplomatique, bien loin de la logique punitive des droits de douane précédents. La dirigeante de l’ACEA, Sigrid de Vries, résume peut-être le mieux la situation : « Cela garantit une transition ordonnée vers une nouvelle ère de présence chinoise ». Une présence chinoise qui, elle, n’est pas près de s’effacer.
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