Les radars-tronçons implantés dans les zones 30 sont-ils des pièges à automobilistes ?

En Flandre, certaines localités ont implanté des radars-tronçons dans des zones 30 et ceux-ci opèrent sur des zones très courtes. De ce fait et malgré leur bonne foi, de nombreux automobilistes se font prendre. Et pour certains experts, c’est tout simplement inacceptable. 

Publié le 10 juillet 2025
Temps de lecture : 4 min

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Les radars-tronçons implantés dans les zones 30 sont-ils des pièges à automobilistes ?

Les automobilistes belges sont désormais placés sous haute surveillance pour ce qui concerne la vitesse. Les autorités ont bien compris qu’il fallait frapper là où ça faisait mal : au portefeuille. Cela dit, si les contrôles portent certes leurs fruits dans certains cas et spécifiquement dans les zones les plus à risques, certaines dérives semblent commencer à s’installer, notamment dans les zones 30.

C’est en tout cas l’avis du professeur Johan De Mol, expert en mobilité à l’Université de Gand, qui tire la sonnette d’alarme dans la revue Verkeersspecialist. L’homme précise qu’il n’est pas contre les contrôles de vitesse et qu’il est très important d’instaurer et de faire respecter des zones 30 dans certains lieux (aux abords des écoles par exemple), mais il s’insurge aussi ce qu’il considère comme des dérives qui n’ont plus rien à voir avec le principe même de sécurité routière.

Des zones trop courtes

Interrogé par nos confrères de Het Nieuwsblad, le professeur explique le problème : la longueur dérisoire de certaines zones de contrôle – parfois à peine 200 m – qui ne laisse pas aux automobilistes le temps d’adapter raisonnablement leur vitesse. Pour Guy De Mol, il ne s’agit de rien d’autre que de pièges pour les automobilistes. Selon ses calculs, à 30 km/h, on parcourt 200 mètres en 24 secondes et à 35 km/h, il ne faut que 20 secondes. L’écart est donc infime, mais l’amende tombe malgré tout.  

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Selon l’expert, ces dispositifs sont avant tout pensés pour générer des revenus et pas pour améliorer la sécurité. Il évoque un « modèle économique » au service des sociétés privées qui installent les radars pour le compte des communes. Comme on le sait, elles perçoivent une part des recettes issues des infractions en échange.

Johan De Mol rappelle que les autorités communales sont parties prenantes dans ce système, car dans le cadre de ces contrats, les communes acceptent souvent de retirer les aménagements censés ralentir la circulation (ralentisseurs, bacs de fleurs, etc.) pour justement inciter indirectement les automobilistes à rouler plus vite.

L’expert prend en exemple de la localité de Meise où un radar-tronçon a été installé en début de zone 30, mais s’arrête avant la fin de celle-ci. Lui-même s’est fait prendre et il constate par ailleurs que près de la moitié des amendes qui sont infligées sur ce mini tronçon l’est pour des vitesses se situant juste au-dessus du seuil – typiquement des conducteurs qui tentaient donc de respecter la limitation. 

Vers une réforme ?

Guy De Mol plaide donc pour une règle simple : que les tronçons contrôlés fassent au minimum 500 mètres de Johan, ou que la première mesure de vitesse ne soit pas prise à l’entrée immédiate de la zone. Cela permettrait aux automobilistes de ralentir de manière réaliste et fluide, sans se faire piéger.

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Cette situation va-t-elle perdurer ? On sait que la ministre de la Mobilité flamande, Annick De Ridder (N-VA), est contre ces pratiques et qu’elle a demandé une évaluation approfondie des radars tronçons gérés localement. Celle-ci a récemment annoncé qu’elle annulait 85% des nouvelles implantations de radars-tronçons prévues et sur les 82 appareils programmés, seuls une dizaine sera installé. Mais cela ne règle pas les abus locaux et les radars-tronçons déjà en activité et qui continuent de flasher de manière injustifiée. Espérons que des mesures soient prises rapidement.

La Wallonie ou la Région de Bruxelles-Capitale ne sont pas encore concernées par ces pratiques. Mais elles s’installent progressivement aussi, notamment dans les villes où les zones de contrôles à 50 km/h se multiplient, ce qui n’existait pas il y a quelques mois encore. De surcroît, avec la possibilité (encore en gestation) que les communes puissent infliger des amendes administratives pour les petits excès de vitesse – comme en Flandre –, les risques de dérives sont aussi bien réels. 

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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