Décidément, il s’en passe des choses en Suisse sur les routes. Et ce n’est pas du goût des automobilistes. On évoquait récemment une commune qui verbalisait les automobilistes qui passaient moins de 15 minutes sur son territoire (donc les voitures en transit). Et bien, il y a d’autres originalités. Comme dans le paisible village de Colombier, à l’ouest de Neuchâtel, où la patience des automobilistes est mise à rude épreuve. Le carrefour de Longueville, point de gros passage à la sortie du bourg, est devenu célèbre pour le temps d’attente incroyablement long de son feu rouge. Certains conducteurs affirment avoir chronométré plus de dix minutes d’attente – un délai a priori jamais vu.
La situation s’explique en partie par la configuration particulièrement complexe du lieu : en plus des flux automobiles, un tramway traverse l’intersection tandis que les écoliers affluent aux heures de sortie. Et comme si ça ne suffisait pas, un complexe sportif tout proche attire piétons et véhicules. Ce sont évidemment autant d’éléments qui rendent la synchronisation des feux particulièrement délicate.
Des conducteurs à bout
Sur place, la frustration monte. Plusieurs témoins évoquent des scènes d’agacement, voire de prise de risque d’autres conducteurs poussés à bout. En effet, après de longues minutes d’immobilisation, certains automobilistes n’hésitent plus à franchir le feu encore rouge, quitte à mettre en danger piétons et autres usagers. Le carrefour est devenu un goulot d’étranglement et il symbolise pour beaucoup une gestion du trafic irréaliste – voire grotesque – et en décalage avec la réalité du terrain.
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Pourtant, aucune défaillance technique n’a été relevée. Le problème serait, si on en croit des ingénieurs experts, avant tout institutionnel : la route relève du canton, mais la régulation lumineuse dépend de la commune de Milvignes. Ce partage de compétences complique la prise de décision et retarde les ajustements nécessaires.
Des correctifs à venir
Face au tollé, la commune de Milvignes a reconnu l’ampleur du problème. Son service technique affirme avoir sollicité le bureau d’études chargé de la programmation des feux ainsi que l’entreprise responsable du système de régulation. Objectif : identifier les marges de manœuvre pour réduire les temps d’attente « dans les meilleurs délais ».
Mais la municipalité reste ferme sur un principe : la sécurité avant tout. Corinne Maier, conseillère communale en charge de la mobilité, rappelle que le carrefour est quotidiennement emprunté par de nombreux enfants : « Nous devons garantir la sécurité de tous les usagers avant d’améliorer la fluidité. » On l’aura compris, la volonté n’est présente qu’à moitié. Bonne chance aux automobilistes suisses.
Un casse-tête d’ingénierie ?
Mais le cas de Colombier illustre probablement un problème plus large : la gestion des carrefours dits « multi-usages ». Et ça peut arriver aussi chez nous. Quel automobiliste belge n’a-t-il déjà pas rencontré un feu dont le changement d’état pouvait durer plusieurs minutes ? Les cas sont nombreux, même s’ils ne sont pas non plus aussi caricaturaux que le suisse. On peut raisonnablement espérer que d’ici peu, l’intelligence artificielle pourra constituer une solution à ces problèmes d’outils de régulation du trafic.
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