Porsche avait pourtant donné le ton : avec la sortie du Macan électrique en 2024, la marque semblait résolue à tourner la page du thermique sur le marché européen. Mais parfois, rien ne se passe comme prévu et l’adoption plus lente de la voiture électrique, spécialement chez les automobilistes plus nantis d’ailleurs, a obligé Porsche à revoir sa copie. Et la pression est d’autant plus grande que l’actuel Macan 100% électrique se vend mal alors qu’il était précédemment la vache à lait de la marque. Lors de sa présentation financière fin juillet, Oliver Blume, PDG de Porsche, a finalement annoncé la couleur : le lancement dès 2028 d’un nouveau SUV compact à motorisation thermique. Ce modèle qui ne porte pas encore de nom viendra remplacer l’actuel Macan à essence vendu hors Europe et compléter l’offre 100 % électrique existante.
En Europe, la disparition du Macan thermique en 2024 était liée aux normes de sécurité GSR-II. Mais le retour d’une version à combustion est désormais acté à l’échelle mondiale. Et il s’agit moins d’un retour en arrière que d’une tentative de reconquête face à une électrification jugée prématurée par une frange des clients. Les chiffres confirment l’urgence : avec un bénéfice d’exploitation tombé à 245 millions d’euros au deuxième trimestre 2025, la marque allemande connaît sa plus mauvaise performance depuis son introduction en Bourse en 2022. Dans ce contexte, maintenir une offre thermique est une mesure de sauvegarde et de réalisme économique
Des dessous d’Audi, mais une âme Porsche ?
Porsche est donc dans l’urgence. Et pour tenir des délais aussi serrés – moins de trois ans de développement –, Porsche va naturellement s’appuyer sur la puissance du groupe Volkswagen et plus particulièrement sur la plate-forme PPC (Premium Platform Combustion) déjà utilisée par Audi pour son Q5. La base technique sera partagée, mais l’ADN sera distinct, promet Oliver Blume. Le futur SUV arborera une signature propre, tant sur le plan du design que du comportement routier et, surtout, il se démarquera du Macan électrique, jusqu’au nom.
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Porsche reste discret quant à l’offre mécanique et on ignore si ce nouveau SUV sera équipé d’une motorisation hybride simple ou rechargeable. Et on ne sait pas non plus s’il sera vendu en Europe, car les enjeux de Porsche se situent surtout sur les marchés asiatiques et américains, des territoires par ailleurs moins hostiles aux moteurs thermiques. Quoi qu’il en soit, cette double approche thermique-électrique est aussi celle privilégiée pour le Cayenne. Aujourd’hui, il est manifestement nécessaire d’adopter une plus grande flexibilité dans les gammes de modèles pour s’adapter localement à des marchés plus fragmentés que jamais.
On peut d’ailleurs se demander le rôle que jouent les automobilistes dans ces revirements stratégiques – car Porsche n’est pas le seul à revoir sa copie. Leur voix commence peut-être à se faire entendre. Et manifestement, la question ne sera donc plus tant de savoir ce que les constructeurs veulent produire, mais ce que les consommateurs sont prêts à acheter. L’Europe devrait probablement aussi tenir compte de ce facteur...
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