Guerre en Iran: une nouvelle crise en domino se dessine pour l'automobile européenne ?

Le conflit iranien fragilise une chaîne de dépendances industrielles que personne ou presque n'a encore cartographiée et dont l'automobile européenne est l'un des maillons les plus vulnérables. Car à côté du pétrole, il y a aussi l'hélium, les semi-conducteurs et les batteries. Autant de ressources critiques dont une pénurie pourrait paralyser les lignes de production. Explications.

Publié le 22 mars 2026
Temps de lecture : 4 min

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Guerre en Iran: une nouvelle crise en domino se dessine pour l'automobile européenne ?

Avec la guerre en Iran, on parle beaucoup du pétrole avec les prix qui flambent à la pompe. Et c’est normal, car c’est sur le pétrole que les effets sont immédiatement identifiables, surtout lorsque les bombes touchent des infrastructures de production. Cela dit, il y a bien d’autres aspects et composants dont on ne parle pas jusqu’ici. Et pourtant, ils sont tout aussi vitaux, notamment pour l’industrie automobile européenne.

Exemple : on parle peu de l'hélium. Or, c’est par là que commence le problème le plus pour l'industrie automobile mondiale. En effet, le Qatar produit environ un tiers de l'hélium mondial, un gaz industriel indispensable à la fabrication des semi-conducteurs (ou des puces) où il assure le refroidissement et la purge des équipements de lithographie. Depuis le début des hostilités, le pays a suspendu sa production. Ce n'est pas une information qui fait la une et c'est pourtant l'une des plus importantes. Car sans hélium, les usines de puces ne peuvent pas fonctionner. Et sans puces, l'automobile s'arrête puisqu’il faut rappeler qu’un véhicule d’aujourd’hui en embarque entre 1.000 et 3.000 selon les versions.

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Taïwan et la Corée sous tension

Comme on va le voir, l’industrie se retrouve face un gigantesque domino. Et une fois que celui-ci aura commencé à tomber, il sera impossible de l’arrêter. L'étape suivante de cette chaîne se joue à Séoul et à Hsinchu. La Corée du Sud, via Samsung et SK Hynix, est le principal fournisseur mondial de mémoires DRAM et NAND, des composants critiques pour les véhicules qu’ils soient électriques ou thermiques. Taïwan, de son côté, fabrique l'essentiel des puces de la planète via TSMC. Or Taïwan tire aussi un tiers de son gaz naturel liquéfié du Qatar pour alimenter ses centrales électriques. Et le Qatar ne peut plus les livrer. Dans l’urgence, ces deux pays cherchent activement des alternatives d'approvisionnement auprès des États-Unis et de l'Australie. Mais il ne faut pas rêver, une réorientation de cette ampleur ne se fait pas en quelques semaines.

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L'automobile en bout de chaîne

Le secteur automobile se retrouve donc une fois de plus exposé sur plusieurs fronts simultanément. Des batteries pour véhicules électriques et des semi-conducteurs destinés à la production 2026 seraient actuellement bloqués dans le Golfe, selon Supply Chain Digital. Par ailleurs, l'aluminium, qui est massivement utilisé dans la construction des véhicules pour réduire leur poids, accuse déjà une hausse de 20% à Rotterdam depuis le début du conflit. Et le Golfe représente 8% de la production mondiale de cet alliage. Ce n’est pas fini : le caoutchouc synthétique et les matières plastiques, tous deux dérivés du pétrole, pourraient aussi voir leurs coûts grimper jusqu'à 25% selon les analystes de Z2Data. Dans nos voitures, ils sont utilisés pour l’habitacle, les joints, les durites, les pneus. Les répercussions seront donc très concrètes.

Retour en 2021 ?

La référence de 2021 s'impose d'elle-même sans les esprits. On se rappelle en effet que la pénurie de semi-conducteurs qui avait paralysé l'automobile mondiale entre 2021 et 2023 avait commencé comme un problème estimé à douze semaines. Mais elle avait duré deux ans avec à la clé une explosion des prix des voitures neuves et une ruée des acheteurs sur le marché de la seconde main.

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Faut-il déjà paniquer ? Pas si vite. Le consultant S&P Global distingue aujourd'hui trois scénarios selon la durée du conflit. En dessous de trois mois, les impacts pourraient rester gérables. Puis, entre quatre mois et un an, les perturbations logistiques s'installent durablement : les primes d'assurance maritime sont plus élevées, les délais de livraison de composants s'allongent et l'inflation des coûts de production commence à rogner les marges des constructeurs. Dès ce stade, il y aura presque de facto une augmentation des prix, mais sans rupture de production.

Enfin, si le conflit devait déborder sur 2027, on basculerait alors dans un tout autre registre : celui de la pénurie effective de composants. Ce serait un retour à la case Covid en quelque sorte. Les constructeurs seraient alors contraints de choisir quels modèles sortent des lignes en priorité. Et les véhicules d'entrée de gamme passeraient en dernier. Les automobilistes se retrouveraient alors face à des délais allongés et des prix nettement plus élevés. Exactement comme entre 2021 et 2023.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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