ESSAI – Voyah Courage (2025) : plus qu’une tentative courageuse ?

Le rouleau compresseur chinois avance sans relâche. Là où l’on souriait encore il y a quelques années, face aux clones brinquebalants venus de l’Est, le rire s’est aujourd’hui quelque peu figé. Voyah, la marque premium du géant public Dongfeng, tente pourtant de nous redonner le sourire avec ce Courage : un SUV compact qui peut… faire des rots. Oui, ce n’est pas une blague !

Publié le 26 décembre 2025
Temps de lecture : 7 min

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ESSAI – Voyah Courage (2025) : plus qu’une tentative courageuse ?

Bon, mettons de côté cette histoire de rots — et ce qu’elle raconte sur les clichés liés à la Chine — pour revenir à la vraie question : la Voyah Courage dispose-t-elle d’assez d’arguments pour bousculer la Tesla Model Y et plus largement, l’ordre établi européen ?

À la conquête des clients premium

Le consommateur belge moyen a sans doute besoin d’un petit rappel, car il reste peu familier de la majorité des marques chinoises. Le nom Voyah ne lui dit souvent pas grand-chose. La marque appartient au groupe public Dongfeng et vise clairement une clientèle premium — le fait qu’elle soit importée en Belgique par le concessionnaire Mercedes Ghistelinck en est un signe supplémentaire.

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Voyah a entamé sa percée européenne avec le Free, un grand SUV clairement pensé pour le marché chinois, toujours proposé chez nous. Avec le Courage, long de 4,73 m et positionné dans le segment des SUV intermédiaires, Dongfeng promet un produit davantage adapté aux goûts européens. On peut le considérer comme une « deuxième génération », conçue notamment avec l’Europe en ligne de mire.

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Le positionnement est clair, mais risqué. Avec des prix avoisinant les 45.000 euros (Business) et 50.000 euros (Performance), le Courage s’attaque frontalement à la Tesla Model Y, au Skoda Enyaq, au Renault Scénic et au Peugeot e-3008.

Spectacle lumineux

Visuellement, le Courage est loin d’être disgracieux, même s’il reste assez anonyme — surtout dans le noir de notre modèle d’essai. Ce sont surtout les détails qui font la différence : logo éclairé à l’avant, capot intégrant un aileron aérodynamique, pluie de petits logos Voyah sur la calandre (clin d’œil à Mercedes ?) et aileron façon requin sur le montant D. À l’ouverture, la voiture offre un petit spectacle lumineux, allant jusqu’à une sorte de « danse d’anniversaire » accessible via l’infodivertissement.

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Malgré la polémique en Chine, le Courage adopte des poignées de porte affleurantes. Voyah anticipe toutefois les critiques en matière de sécurité : un marteau brise-vitre est présent à bord pour les situations d’urgence.

Un intérieur qui bouge

La finition intérieure justifie pleinement l’étiquette premium. La planche de bord épurée s’accompagne de matériaux agréables : surfaces douces façon alcantara sur les portes, sièges recouverts d’« EcoTex » (un similicuir de bonne facture). C’est mieux qu’à bord d’une Tesla et l’ensemble inspire solidité.

À l’arrière, l’espace est royal pour les jambes et correct pour la tête. En revanche, à cause de la batterie dans le plancher, les genoux sont un peu trop relevés pour les longs trajets. Les sièges avant sont réglables électriquement, chauffants, ventilés et dotés d’une vraie fonction massage, avec plusieurs programmes, d quoi renforcer l’expérience premium. Dommage que le système audio manque de profondeur et de puissance.

Voyah-Courage-interieur

La star de l’habitacle est l’écran OLED de 15 pouces. Positionné au centre, il peut coulisser vers le passager d’un simple geste ou via un bouton. En mode « cinéma », l’écran se déplace, le siège passager s’allonge et une tablette sort du tableau de bord pour le popcorn — parfait pendant la recharge.

L’ergonomie reste toutefois mitigée. Les boutons physiques sont rares. Les commandes au volant rappellent les anciennes Mercedes : levier de boîte à droite, clignotants et essuie-glaces à gauche. Une habitude à prendre… et il arrive plus d’une fois de passer au point mort en voulant actionner les essuie-glaces. À ce sujet : il n’y a pas d’essuie-glace arrière, ce qui pose problème par temps belge typiquement humide.

Haut-parleur « fun »

Le système multimédia progresse nettement en logique par rapport à d’autres modèles chinois. Les menus sont plus clairs que chez BYD, par exemple. En revanche, l’absence de navigation intégrée sur notre modèle d’essai oblige à passer par Apple CarPlay ou Android Auto.

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Et puis il y a les « gadgets ». Le Courage dispose de haut-parleurs extérieurs. En activant la fonction « haut-parleur amusant », la voiture peut aboyer, miauler ou… roter. On peut même diffuser sa propre voix à l’extérieur, façon véhicule de police camouflé. Totalement inutile, mais redoutablement efficace pour amuser les enfants (et, avouons-le, parfois les adultes). À noter aussi la présence de cartouches de parfum sous la console centrale, avec une odeur agréable et discrète.

Point noir : le réglage des aides à la conduite. L’alerte de vigilance du conducteur est du genre belle-mère envahissante! Un bref regard sur le paysage et l’alerte retentit. Même désactivée, elle revient tôt ou tard à la charge. Les constructeurs européens souffrent aussi des nouvelles règles de l’UE, mais les Chinois se montrent ici plus catholiques que le pape.

À l’aise sur la route

Nous avons pris le volant de la Courage Performance, dotée de deux moteurs électriques développant 435 ch et d’une transmission intégrale. La version Business se contente de 292 ch sur les roues arrière.

Première impression : le confort. La suspension vise clairement l’effet tapis volant, avalant les ralentisseurs sans broncher. Grâce aux amortisseurs adaptatifs de la version Performance, la voiture ne se montre jamais pataude. En revanche, pour un SUV aux ambitions dynamiques, l’ensemble reste un peu trop souple.

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Le mode Sport raffermit la tenue de route, mais rend la réponse à l’accélérateur extrêmement nerveuse. Spectaculaire, mais peu raffinée. Pour un usage quotidien, le mode standard est préférable.

La direction, associée à un volant hexagonal déroutant, offre une bonne consistance, contrairement à beaucoup de modèles chinois trop assistés. Le retour d’information reste cependant limité, donnant une sensation un peu artificielle.

La récupération d’énergie est plus problématique. Elle manque de constance, ne peut pas être réglée via des palettes et ne permet pas la conduite à une pédale. Sur autoroute, le comportement parfois hésitant de la régénération génère une certaine nervosité.

Carte jouable

Toutes les versions reposent sur une batterie LFP (lithium-fer-phosphate) de 80 kWh. Un choix judicieux : plus sûre, plus durable et moins coûteuse, même si la densité énergétique est inférieure.

Voyah annonce une autonomie WLTP de 440 km pour la version Performance. En conditions réelles hivernales, nous avons observé environ 390 km. Correct, sans pour autant mettre la Model Y en difficulté. La consommation moyenne s’est établie à 19,6 kWh/100 km, à condition de rester raisonnable avec les accélérations. En conduite sportive ou sur autoroute, elle dépasse rapidement les 20 kWh/100 km.

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La recharge rapide atteint jusqu’à 200 kW en courant continu. Grâce à une courbe de charge stable, le passage de 10 à 80 % s’effectue en une trentaine de minutes. En revanche, pas de frunk : les câbles doivent être rangés sous le plancher du coffre, dont les 500 litres annoncés sont pénalisés par la ligne de toit plongeante et le plancher haut.

Conclusion

Les constructeurs chinois apprennent vite. La finition du Courage est convaincante, l’espace intérieur généreux, la technologie LFP robuste et le comportement routier suffisamment « européen », bien que trop souple. Est-ce suffisant ? Le segment est ultra concurrentiel. Mais le Courage est plus qu’une tentative courageuse : c’est une vraie alternative pour ceux qui veulent se démarquer ou impressionner avec un écran coulissant… ou une voiture qui rote. Voyah signe ici une carte de visite plus que respectable.

Qualités
  • Espace arrière généreux
  • Recharge rapide avec courbe plate
  • Intérieur original avec écran coulissant
  • Confort de suspension (surtout sur ralentisseurs)
Défauts
  • Pas d’essuie-glace arrière
  • Aides à la conduite trop intrusives
  • Suspension parfois trop souple
  • Pas de conduite à une pédale ni de frunk

Voyah Courage Performance – données techniques

  • Moteur : deux moteurs électriques, 435 ch et 620 Nm, batterie LFP

  • Transmission : intégrale

  • Boîte : monorapport

  • Dimensions (L/l/h) : 4725 / 1900 / 1653 mm

  • Poids à vide : 2.302 kg

  • Coffre : 527 à 1.400 l

  • Batterie : 80 kWh

  • 0-100 km/h : 7,7 s

  • Vitesse max. : 200 km/h

  • Autonomie WLTP : 440 km

  • Consommation WLTP : 17,6 kWh/100 km

  • CO₂ : 0 g/km

  • Prix : 49.323 €

  • TMC : Flandre 0 €, Wallonie 1.950,76 €, Bruxelles 75,79 €

  • Taxe de circulation : Flandre 0 €, Wallonie & Bruxelles 102,96 €

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Par Piet Andries Rédacteur automobile

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