Faire entretenir sa voiture – et plus encore la réparer – est devenu une opération presque hors de prix pour les automobilistes. Car les taux horaires chez les professionnels oscillent aujourd’hui entre 70 et 80 euros. Même pour un simple diagnostic, on doit déjà débourser une somme folle, notamment parce que les véhicules sont toujours plus complexes et souffrent donc de problèmes, eux aussi, toujours plus complexes.
Dans ce contexte, beaucoup s’interrogent sur la place de la robotisation. Lors de la dernière édition du salon professionnel Automechanika à Francfort, l’une de ces solutions a justement été primée. Le Maia, un robot de diagnostic de l’équipementier allemand Maha, a reçu le prix de l’innovation. Maha dit avoir déjà enregistré quelque 1.000 commandes pour son produit. Ce qui signifie qu’il pourrait donc prochainement débarquer dans votre garage habituel. Le début d'une révolution ?
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Un diagnostic de surface ?
Disons-le tout de go : ce robot ne va pas encore remplacer votre garagiste. Et la raison est simple : Maia n'y connaît rien en réparations et il limite son champ de compétences à des constats visuels. Le robot dispose pour ce faire de 3 caméras et peut se déplacer de façon autonome autour d'une voiture, à l'aide de balises de positionnement placées aux 4 coins du véhicule. Il peut inspecter la carrosserie et rechercher des rayures, des impacts et des coups qui sont aussitôt mesurés au moyen d'une caméra stéréo et d'un flash de lumière bleue, avec une précision étonnante de 0,1 mm.
Il peut par ailleurs analyser la géométrie des roues, la profondeur de sculpture des pneus, le réglage des phares et les éventuels dommages au pare-brise. Après cet état des lieux, le logiciel peut alors calculer les coûts éventuels pour remettre le véhicule en ordre.
Ce robot se pose donc surtout comme une alternative aux scanners existants et à travers desquels on fait passer une voiture pour relever ce même type de constat. L'avantage du robot, c'est que la voiture reste à l'arrêt et que les prises de vue sont plus précises, notamment grâce à un éclairage plus efficace.
Surtout pour les flottes
Mais qui pourrait donc tirer parti de cette nouvelle technologie ? Dans un premier temps, c’est évidemment surtout un outil à destination des gestionnaires de grandes flottes, comme les entreprises du secteur du leasing. Celles-ci disposent aujourd’hui de leurs propres services d'inspection ou alors elles font appel à des entreprises spécialisées pour inspecter en profondeur les voitures après usage et inventorier les dommages. C’est sur cette base qu’un décompte final est établi tout comme la valeur résiduelle de la voiture. Les enjeux financiers sont ici considérables.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Forcément, avec un prix indicatif de 50.000 euros pour un seul robot Maia, cet outil ne peut être rentable qu’en travaillant à la chaîne au sein de grandes flottes, plutôt que chez les petits garagistes ou carrossiers qui n’ont pas vraiment l’utilité de ce service.
Une perspective d'avenir ?
Aujourd’hui, il faut se dire que les réparations automatisées ou robotisées dans le secteur automobile sont encore très incertaines. On se demande d’ailleurs un jour si elles seront même possibles même s’il faut aussi bien reconnaître qu’un certain degré d’automatisation est déjà pénétré les garages, notamment en matière de diagnostic grâce à l’intelligence artificielle.
Ainsi, des industriels qui fabriquent des équipements de diagnostic, comme Hella Gutmann, misent de plus en plus sur l'IA pour assister les mécaniciens. En combinant les données des véhicules avec une vaste base de données historiques, les garages peuvent mettre en commun leur savoir et leur expertise et chercher une solution avec plus de méthode, surtout face aux problèmes complexes.
Cette expertise partagée sera plus que nécessaire face au vieillissement du parc automobile. Car là si les voitures à moteur thermique sont parfaitement connues des spécialistes, c’est beaucoup moins le cas des hybrides (rechargeables ou non) et les voitures électriques qui sont des engins particulièrement complexes, surtout sur le plan logiciel. Pour protéger le consommateur face aux coûts potentiellement énormes liés à la résolution des problèmes digitaux à bord de ces voitures, le partage des connaissances sera clairement essentiel.
Des milliers de conducteurs belges suivent déjà Gocar pour rester informés et découvrir les meilleures offres d'occasion et neuves. Vous aussi, restez informé :
- Consulter gocar.be régulièrement
- Suivre Gocar sur Google Actualités
- S'abonner à la newsletter Gocar