« Les phares sont devenus trop chers pour être systématiquement remplacés », estime un assureur

Allianz, un assureur allemand, alerte sur l’envolée des coûts de réparation. Les phares des voitures modernes sont notamment devenus si complexes et si chers qu’il n’est plus raisonnable de les remplacer au moindre dégât.

Publié le 30 juillet 2026
Temps de lecture : 4 min

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« Les phares sont devenus trop chers pour être systématiquement remplacés », estime un assureur

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : il y a 10 ans, un nouveau phare coûtait 708 euros. Aujourd’hui, il faut compter 1.251 euros, soit presque deux fois plus ! C’est ce qui ressort d’une étude d’Allianz qui voit régulièrement apparaître le prix de ces pièces, noir sur blanc, dans les devis établis après un accident…

Avec pas moins de 870.000 phares endommagés chaque année en Allemagne, la facture dépasse à elle seule 1 milliard d’euros ! Un montant qui pèse sur la rentabilité des assureurs, mais qui finit aussi par être répercuté sur les consommateurs sous la forme de primes plus élevées.

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Une meilleure réparabilité

Allianz demande donc que ces pièces puissent être réparées plus facilement et que ce critère soit pris en compte dans les procédures d’homologation. À l’heure actuelle, le Kraftfahrt-Bundesamt, l’organisme public allemand chargé de la circulation routière, n’autorise les réparations qu’au niveau des points de fixation. L’assureur souhaite une plus grande tolérance à ce niveau !

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Pour tout autre dommage, l’ensemble du phare doit actuellement être jeté, alors qu’il devrait en théorie être parfaitement possible de remplacer uniquement le boîtier, les caches ou les composants électroniques ! Cette mesure permettrait à elle seule d’économiser 104 millions d’euros…

Allianz demande également au secteur automobile de sérieusement considérer le droit à la réparation, ainsi que l’utilisation de pièces d’occasion lors des remises en état.

Autrefois, il était courant que les automobilistes aillent eux-mêmes chercher des pièces dans les casses... Mais les voitures étant devenues toujours plus complexes et de plus en plus souvent couvertes par une omnium (ne serait-ce que via les flottes d’entreprise), ce type de réparation n’est généralement plus envisagé !

Le coût élevé de la main-d’œuvre pousse également les réparateurs à monter directement une pièce neuve plutôt qu’à tenter de réparer celle qui est endommagée.

Des pare-chocs qui ne jouent plus leur rôle

Les phares ne sont d’ailleurs pas les seuls en cause ! Au début de cette année, l’association allemande des automobilistes, l’ADAC, a analysé les coûts de réparation de 20 modèles actuels, assez courants sur le marché. Pour chacun d’eux, elle a étudié 3 scénarios fréquents : des dégâts au pare-chocs et à un phare, des dommages à l’arrière lors d’une manœuvre de stationnement et un pare-brise endommagé.

Les résultats montrent que même des dégâts relativement simples, touchant par exemple un pare-chocs et un phare, peuvent coûter entre 3.000 et 5.000 euros sur une modeste citadine ! Sur une marque premium, la facture peut grimper jusqu’à 8.000 euros !

La cause est facile à identifier : des éléments en apparence simples embarquent désormais une multitude de technologies, comme des capteurs, des caméras et des radars. Le fait que les pare-chocs soient précisément devenus si coûteux à réparer ou à remplacer est assez ironique, puisqu’ils sont justement censés protéger la carrosserie lors des petites collisions !

À la suite de cette étude, l’ADAC a demandé aux constructeurs de mieux tenir compte des intérêts des consommateurs en concevant des pièces plus modulaires et donc plus faciles à réparer. Elle leur demande également de ne pas multiplier les technologies davantage destinées à renforcer leur prestige qu’à améliorer la facilité d’utilisation : on pense notamment aux phares laser, voire aux rétroviseurs-caméras.

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Des primes d’assurance en hausse

Il y a 2 ans, Assuralia, la fédération belge des assureurs, estimait que le prix d’une assurance automobile pourrait augmenter de 40 % d’ici 2030. Pour les voitures électriques, la prime pourrait même doubler !

Cette hausse s’explique notamment par le coût de la batterie, dont la réparation peut être très onéreuse lorsqu’elle est endommagée dans un accident, mais aussi par le prix d’achat moyen plus élevé des véhicules électriques, et donc par leur valeur supérieure. Un autre élément entre également en ligne de compte : proportionnellement, les conducteurs de véhicules électriques sont davantage impliqués dans des accidents, qu’ils soient légers ou non. De nombreux conducteurs ne sont en effet pas encore habitués à la puissance élevée de leur voiture ni à certaines technologies spécifiques, comme le freinage régénératif qui ralentit automatiquement le véhicule lorsque l’on relâche la pédale d’accélérateur.

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Par Hans Dierckx Rédacteur automobile

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