Avec la guerre au Moyen-Orient et la pression sur l'approvisionnement en pétrole ainsi que sur les autres matières premières, le recyclage est plus que jamais d'actualité. Et justement, hasard du calendrier : la nouvelle législation européenne pourrait venir à point nommé.
Car c’est en principe en août de cette année que la nouvelle réglementation européenne entrera en vigueur. Elle concerne l'utilisation de plastiques recyclés dans la production de nouvelles voitures. Celle-ci sera directement d’application dans tous les pays de l'Union, même si sa mise en œuvre sera progressive. D’ici 6 ans, il est prévu que 15% du plastique utilisé dans les nouvelles voitures devra être recyclé. Et d’ici 10 ans – en 2036 donc –, cette part devra être de 25%.
En fin de vie
Ces nouvelles règles de circularité des matériaux auront par ailleurs un impact sur la fin de vie de nos voitures actuelles. Aujourd'hui, les voitures en fin de vie sont broyées : le processus permet de récupérer les matériaux qui les composent – acier, aluminium, cuivre ou plastique – pour les réutiliser comme matières premières. La Belgique est d'ailleurs une spécialiste en la matière, grâce à quelques entreprises capables de recycler jusqu'à 98% de la masse d'un véhicule (sans ses liquides donc) en fragments d'acier, d'aluminium, de cuivre ou de plastique.
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Notre pays est l'un des meilleurs élèves d'Europe et même du monde entier. D'autant que chez nous, les batteries usagées des véhicules hybrides et électriques sont aussi démantelées spécifiquement depuis 2016. « L'année dernière, nous avons collecté 391 tonnes de batteries », explique ainsi Catherine Lenaerts, directrice de Febelauto, l’organisme de gestion des véhicules hors d'usage et des batteries industrielles. « Parmi celles-ci, nous avons pu en donner une seconde vie à 41% d’entre elles dans des applications statiques [des batteries domestiques pour la plupart]. Certaines de ces batteries se trouvent même aujourd'hui aux États-Unis. »
La nouvelle réglementation européenne exige toutefois des opérations de démontage supplémentaires, notamment pour les vitrages et les moteurs électriques qui contiennent souvent des aimants intégrant des terres rares. Avec son homologue néerlandais ARN, Febelauto a lancé cette semaine l'ELV Forum, une plateforme sectorielle européenne destinée à favoriser les échanges autant de l'expertise de recyclage entre les pays.
Les constructeurs démantèlent aussi
Ce n'est donc pas un hasard si plusieurs constructeurs automobiles ont pris récemment plusieurs initiatives en matière de recyclage. « Avec la réglementation européenne à venir, les constructeurs veulent s'assurer qu'ils disposeront de suffisamment de matériaux recyclés pour atteindre les objectifs fixés », explique encore Catherine Lenaerts. « Ils veulent se familiariser avec ce processus qui est un métier à part entière. »
BMW a par exemple annoncé la construction d'un nouveau centre de compétence pour le démantèlement en Allemagne. Il devrait être opérationnel d'ici 2029. Le constructeur entend automatiser l'ensemble du processus pour qu'une voiture puisse être démontée aussi facilement qu'elle est construite, donc à la chaîne.
De son côté, Toyota a récemment ouvert une usine de recyclage sur son site britannique. Il est d’ores et déjà capable de transformer l'aluminium des jantes en matière première pour la fabrication de moteurs. Cette année encore, le constructeur ouvrira un deuxième centre de recyclage en Pologne.
Renault dispose pour sa part de son projet Refactory en France, une usine qui remet à neuf des voitures usagées pour les préparer à la revente. Le concept de revente de véhicules d'occasion reconditionnés n'est certes pas nouveau, mais que ce soit le constructeur lui-même qui s'en charge l’est. L'idée vient évidemment du secteur électronique (et des smartphones en particulier) où les produits reconditionnés sont de plus en plus populaires.
Traçabilité
Les règles relatives à la traçabilité des véhicules hors d'usage sont également renforcées par l’Union. « C'est un problème persistant », souligne Catherine Lenaerts qui explique que « lorsque vous restituez votre plaque d'immatriculation, plus personne ne sait ce qu'il advient de la voiture. Chaque année, 4 millions de véhicules disparaissent des radars en Europe. Elles sont en réalité soit traitées illégalement, soit exportées. »
Pour enrayer ce phénomène, la preuve du suivi est rendue obligatoire. Quiconque souhaite exporter une voiture hors de l'Union européenne doit prouver qu'elle est en état de marche et donc pas hors d'usage. « Cela mettra fin à l'exportation d'épaves vers d'autres continents, une pratique très répandue. Dans ce cadre, le certificat d’immatriculation servira de support pour tracer le véhicule. »
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