Le marché des véhicules électriques montre des signes de ralentissement, particulièrement dans des pays comme les États-Unis. Après un pic d’investissements et de production, la demande en 100 % électrique s’essouffle, tandis que les véhicules hybrides et surtout ceux équipés de prolongateurs d’autonomie gagnent du terrain. Ford, comme plusieurs de ses concurrents, a donc décidé de revoir ses priorités.
Dans ce contexte, l’hybride, autrefois considéré comme une étape transitoire vers le tout électrique gagne à nouveau du terrain. Pour Ford, cela se traduit notamment par l’abandon de certains objectifs ambitieux comme le 100 % électrique en Europe d’ici 2030, au profit d’une stratégie mixte qui valorise autant les hybrides classiques que les technologies intermédiaires.
Partenaire sérieux
Ce repositionnement n’est pas seulement technique, il est aussi industriel. Ford discute actuellement avec le chinois BYD pour s’approvisionner en batteries destinées à ses futurs modèles hybrides produits hors des États-Unis.
Pour comprendre l’ampleur de ce possible partenariat, il faut se souvenir que BYD est le premier vendeur mondial de véhicules électriques, une puissance industrielle capable de produire en masse des cellules et packs à des coûts très compétitifs, notamment avec sa technologie Blade à base de lithium-fer-phosphate (LFP), réputée pour sa sécurité, sa durabilité et son coût contenu.
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Sur papier, une telle alliance est logique : Ford pourrait ainsi rationaliser ses coûts de production dans un segment hybride devenu crucial, tout en bénéficiant de la capacité de production d’un spécialiste dont l’expertise dans la fabrication de batteries n’est plus à prouver.
Un choix qui choque Washington
Le problème est que cette décision provoque beaucoup de remous. Aux États-Unis en particulier, l’idée de s’appuyer sur un acteur chinois pour des composants essentiels est perçue comme une menace politique et stratégique. Des figures influentes dans l’entourage de la Maison-Blanche ont exprimé leurs inquiétudes, dénonçant une forme de dépendance industrielle vis-à-vis d’un concurrent mondial.
Peter Navarro, ancien conseiller commercial, a notamment critiqué l’éventuel accord, dénonçant une stratégie qui « rendrait Ford vulnérable » à une chaîne d’approvisionnement contrôlée par un rival sino-mondial. D’autres élus américains redoutent qu’un tel rapprochement n’affaiblisse l’image de Ford comme icône industrielle nationale.
Cela illustre une tension croissante entre réalité industrielle et considérations géopolitiques, un équilibre difficile à maintenir dans un secteur où la chaîne d’approvisionnement traverse désormais les frontières.
Choix assumé
Malgré ces critiques, Jim Farley, PDG de Ford, ne cache pas l’ambition de faire de l’hybride une pièce maîtresse de la transformation de la gamme, qu’il s’agisse d’hybrides classiques, hybrides rechargeables ou de solutions à prolongateur d’autonomie.
Ford a également annoncé le développement d’une nouvelle plateforme appelée Universal EV Platform (UEV), destinée à fabriquer des véhicules électriques simples et abordables, tout en réduisant les coûts et le nombre de pièces nécessaires. Cette démarche s’inspire directement de modèles industrialisés par la concurrence chinoise.
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