Le froid et les voitures électriques ne s’aiment pas. Ce n’est un secret pour personne. Les automobilistes qui passent pour la première fois à la voiture électrique s’en rendent rapidement compte : l’autonomie peut fondre rapidement, bien plus qu’on ne le pense. L'Association Automobile américaine (AAA) vient d'en donner la mesure exacte avec une méthodologie de laboratoire.
Trois voitures électriques et trois voitures hybrides ont été placées sur un dynamomètre dans une cellule climatique aux conditions rigoureusement contrôlées. Trois températures : -6,7 °C pour simuler un hiver sévère, 23,9 °C comme référence neutre et 35 °C pour une journée de forte chaleur. Dans chaque configuration, l'habitacle était maintenu à 22 °C, ce qui signifie donc que le chauffage ou la climatisation tournaient en permanence, comme dans la vraie vie.
À -6,7 °C, les voitures électriques perdent 39 % d'autonomie et 35,6 % d'efficience énergétique. Ce sont des chiffres qui font mal et qui sont quasi identiques à ceux mesurés de la même manière en 2019. Ceci signifie donc qu’en sept ans de R&D et après des milliards investis dans les chimies de batterie et des architectures thermiques, on n’a pas vraiment avancé sur ce sujet.
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Les hybrides impactées
Mais l’étude révèle autre chose de bien plus surprenant et que presque tous les conducteurs ignorent : à 35 °C, ce sont les hybrides qui trinquent le plus. Ces véhicules perdent 12 % d'efficience carburant. Dans les mêmes conditions, les voitures électriques ne cèdent que 8,5 % d'autonomie et 10,4 % d'efficience. Mais comment est-ce possible ? En fait, il y a bien une explication : sur une voiture hybride, la climatisation sollicite souvent le moteur thermique déjà en charge et ça dégrade encore plus le rendement. Ça, personne n’en avait entendu parler.
L'hybride est-elle malgré tout une valeur refuge ? En hiver, les hybrides se défendent encore, car à -6,7 °C, elles perdent 22,8 % d’autonomie contre 39 % aux électriques pures. En été par contre, les rôles s'inversent.
Sept ans, une avancée quand même
L'étude montre tout de même qu’en sept ans, sur le front de la chaleur, les constructeurs ont réellement progressé. Ainsi, en 2019, les voitures électriques perdaient 17 % d'autonomie contre 8,5 % aujourd'hui. Les pompes à chaleur et la meilleure gestion thermique ont semblent-ils progressé. Pour le grand froid par contre, aucune avancée n’est à signaler. Et manifestement, ce n’est pas demain que ça changera, en tous cas pas avec les technologies lithium-ion actuelles. Par contre, on peut avoir de l’espoir avec les sodium-ion. Malgré tout, même en hiver, les voitures électriques rechargées à domicile restent environ 33 euros moins chers aux 1.000 kilomètres que les hybrides. C'est l'AAA qui l’a calculé.
Mais à combien cela correspond-il en Belgique. Nous l’avons calculé avec l'électricité à 0,31 euro/kWh et l'essence à 1,84 euro/l, la voiture électrique rechargée à domicile reste environ 45 euros moins cher pour 1.000 km et même en hiver malgré les pertes.
Pas la Californie
En Belgique, les 35 °C prolongés restent une exception. Ce n’est pas la norme, même si les canicules successives de ces dernières années ont sérieusement brouillé ce repère. Pour les hybrides, l'impact de la chaleur demeure donc limité la plupart du temps en Belgique.
Pour les voitures électriques, les données issues du terrain nuancent la photographie américaine. Une étude menée par Recurrent Auto et opérée auprès de 18.000 véhicules en conditions réelles a mesuré une perte hivernale moyenne de 20 à 25 % sous 0 °C. On reste donc loin des 39 % enregistrés à -6,7 °C en laboratoire. Certes, notre hiver tempéré n'efface pas la perte, mais il la ramène à des proportions bien plus gérables...
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