Il y a quelques jours, le chancelier allemand, Friedrich Merz, a annoncé le déblocage d’une enveloppe de subventions à destination des acheteurs pour tenter de donner un peu d’air au marché automobile. Les détails exacts du mécanisme n’ont pas encore été dévoilés, mais ce qui est certain en revanche, c’est que ce sont 3 milliards d’euros qui vont être mis sur la table sur la période 2026-2029. Cette manne financière permettra d’octroyer des primes à l’achat allant jusque 4.000 euros pour une voiture électrique. Il est en outre probable que les modèles d’occasion soient également éligibles à ces primes.
Comme on a déjà pu le constater par le passé, la mise à disposition d’aides à l’achat peut bouleverser le marché automobile, aussi bien celui des voitures neuves que celles d’occasion. Et cela sera encore plus impactant sur le marché allemand qui reste de loin le plus important d’Europe. Et comme le marché n’est jamais vraiment totalement fermé, il apparaît que certains acheteurs étrangers, donc belges, vont pouvoir tirer profit de ce chamboulement.
Les prix des voitures neuves en baisse
Il est évident que les subventions ont un effet direct sur les prix et que, en raison de la libre circulation des biens sur notre continent, cet effet impacte aussi les autres pays et certainement les pays limitrophes. Le chamboulement ne concernera toutefois que les véhicules électriques de milieu de gamme, soit ceux qui se situent sous la barre des 45.000 euros. Car il est évident que le gouvernement allemand ne souhaite pas subventionner les acheteurs de voitures de luxe. Dans ce contexte, on s’attend donc à ce que certaines marques qui possèdent des véhicules situés juste au-dessus de ce seuil baissent leurs prix pour que ceux-ci deviennent éligibles. Un exemple (hypothétique) ? La très demandée Skoda Enyaq coûte 48.900 euros en Allemagne avec la batterie de 77 kWh. Il est tout à fait envisageable que le constructeur baisse ce prix dès 2026 juste en dessous des 45.000 euros afin que les acheteurs allemands puissent obtenir la subvention correspondante. Skoda compensera la perte de rentabilité par véhicule par un volume de vente plus important. Tout le monde y gagne.
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Par ailleurs, il faut savoir que le grand marché européen permet aussi à n’importe quel citoyen non allemand de venir acheter une voiture en Allemagne. Certes, ce sera alors sans la subvention, mais si bataille des prix il y a, le consommateur sera gagnant. Rappelons qu’en Belgique, le prix de l’Enyaq 85 coûte 49.640 euros.
On peut aussi citer le cas du BMW X1. En Allemagne, le tarif de départ est 48.800 euros, ce qui fait de cette BMW électrique la moins chère de son segment. Là aussi, il y a fort à parier que le constructeur bavarois baisse ses prix en dessous des 45.000 euros. Pour la comparaison, ce modèle coûte 50.900 euros dans notre pays... Certes, nos deux exemples ne sont que des hypothèses actuellement et il faudra donc attendre le mois de janvier pour voir ce qui est décidé par les marques.
Notons toutefois que l’effet inverse est tout aussi possible : certains constructeurs dont les prix des véhicules tournent autour des 42.000 ou 43.000 euros pourraient, eux, augmenter légèrement leurs prix comptant sur le fait que les acheteurs (uniquement Allemands du coup) toucheront la prime à l’achat.
Les automobilistes belges qui sont prêts à se lancer dans quelques démarches pourraient donc faire de très belles affaires. Mais à condition de connaître quelques règles de base : acheter une voiture neuve dans un autre pays de l’Union, implique de l’acheter hors TVA puis de régler celle-ci dans le pays de destination de la voiture. Cette règle ne s’applique toutefois qu’aux voitures neuves et/ou aux modèles immatriculés récemment qui comptent moins de 6 mois et moins de 6.000 km au compteur. Pour les voitures d’occasion, il n’y a pas de TVA à payer.
Et les voitures d’occasion ?
Si on considère le marché des voitures électriques d’occasion, le programme de subventions allemand pourrait avoir un effet encore plus important. En effet, la fédération sectorielle des concessionnaires automobiles allemands (VDA) s’est déjà déclarée préoccupée par une baisse attendue de la valeur des véhicules d’occasion. Pour les consommateurs, cela peut donc être une bonne nouvelle, mais moins pour les professionnels. Cela dit, que le régime d’aides soit appliqué ou non aux véhicules d’occasion – ce qui n’est pas encore décidé – ne sera pas décisif. En effet, la baisse des prix du neuf grâce à la prime fera mécaniquement baisser le prix des occasions.
D’ailleurs, on peut s’attendre aussi à ce que le marché de l’occasion voit son offre augmenter, aussi bien avec des modèles électriques que thermiques. Ça a d’ailleurs déjà été le cas entre 2016 et 2023, période durant laquelle l’Allemagne accordait également des aides à l’achat pour les véhicules électriques.
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