Tout commence par une recherche en ligne banale. Michal, 37 ans, rêve d’une Jaecoo 7, un SUV chinois au design audacieux. En Belgique, les prix affichés dépassent toutefois son budget. Il explore alors une autre piste : acheter directement à la source, en Chine. Il entre en contact via les réseaux sociaux avec un prétendu cadre de la marque et qui se présente comme un haut responsable pour l’Europe. Le ton est professionnel, les échanges sont structurés, les documents semblent authentiques. Rien ne laisse présager la suite.
Et pourtant, rapidement, le « représentant » le redirige vers un collègue chargé des ventes. S’ensuit une correspondance fluide : bon de commande, facture détaillée, tableau Excel reprenant les frais d’importation, livraison, taxes… Le tout est envoyé sur papier à en-tête, visuellement irréprochable. Michal, rassuré par ces pièces convaincantes, procède au virement de 18.800 euros le 19 mai... La grosse erreur.
Le piège se referme
Les premières semaines se passent sans encombre. L’escroc envoie même un faux bon de livraison, semblant confirmer que le véhicule est en route. Mais les choses se gâtent lorsqu’un nouveau mail réclame subitement 9.000 euros supplémentaires pour finaliser la livraison. Un montant inattendu, accompagné de documents douteux. Michal commence forcément à douter.
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Il entreprend des recherches : une recherche inversée d’images sur Google révèle que le bon de livraison a été utilisé dans d’autres arnaques, avec des données modifiées. Le doute devient alors une certitude : il a été dupé. Il contacte immédiatement sa banque pour tenter de bloquer la transaction, en vain. L’argent est déjà parti. Il porte alors plainte auprès de la police de Tubize et informe le constructeur.
La réponse officielle de Jaecoo Belgique est polie, mais ferme. Le constructeur exprime sa « sympathie », mais rappelle que l’affaire s’est déroulée en dehors de ses canaux officiels. L’escroc n’était ni un employé ni affilié à un distributeur agréé. La marque indique avoir ouvert une enquête, tout en demandant à la victime de ne pas nuire à sa réputation. « Nous vous demandons de veiller, dans vos communications, à la réputation de notre marque qui, tout comme vous, est victime de cette organisation frauduleuse. Nous nous réservons le droit d'engager des poursuites judiciaires si notre nom ou notre réputation sont injustement désavantagés. » Ce qui est un peu fort aussi. Fallait-il menacer ? Michal, lui, reste amer : « J’ai tout vérifié, je croyais bien faire. Mais ces escrocs sont organisés, crédibles, et savent manipuler les outils numériques pour imiter les professionnels. »
Des escroqueries de plus en plus sophistiquées
Ce témoignage met en lumière un phénomène grandissant : les fraudes à l’achat automobile via internet, souvent bien ficelées, ciblent des acheteurs avertis, mais désireux de faire des économies. Faux profils sur les réseaux, documents contrefaits, sites clones : les arnaques se modernisent aussi vite que le marché.
La promesse d’une voiture à prix cassé reste un mirage. Dans un univers aussi complexe que celui de l’automobile neuve ou d’occasion, la prudence doit rester de mise. Et si la bonne affaire existe, elle est rare. Mieux vaut passer par les réseaux de concessionnaires agréés ou de vendeurs professionnels reconnus. Les réseaux sociaux tout comme les messageries cryptées restent des repaires de bandits. Car parfois, ce que l’on croit être une opportunité est en réalité une illusion qui peut coûter très cher. Comme dans ce cas. Michal met lui-même en garde ceux qui surfent sur les réseaux sociaux : « je crains que d’autres consommateurs tombent dans le même piège, notamment via des publicités ciblées sur les réseaux sociaux. »
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