Le stationnement à Bruxelles-Ville va connaître un sérieux coup d’accélérateur tarifaire. À partir de juillet 2025, une demi-heure dans les rues de la capitale coûtera 90 eurocents contre 50 actuellement. Pour quatre heures de stationnement, il faudra donc débourser 20,50 euros, soit presque le double du tarif actuel de 11 euros. Une augmentation qui concerne l’ensemble des zones payantes de la commune, qu’elles soient rouges, vertes ou mixtes.
Selon Anaïs Maes, échevine de la Mobilité, cette réforme vise avant tout à aligner les prix locaux sur ceux pratiqués ailleurs dans le reste de la Région bruxelloise par parking.brussels. Cela dit, cette mise à niveau ne s’inscrit pas uniquement dans une volonté d’uniformisation. Derrière cette décision, il existe aussi des impératifs budgétaires : la Ville doit trouver 100 millions d’euros d’économies pour 2025, et le stationnement apparaît comme un levier utile pour renflouer les caisses municipales.
Des commerçants en colère
Du côté des commerçants, cette annonce passe mal. La Fédération interprofessionnelle des indépendants (SDZ) parle même d’un « coup de massue ». Car on s’en doute, un stationnement plus cher risque de faire chuter la fréquentation des commerces. Dans les zones rouges, le tarif passera de 5 à 9,20 euros pour une heure de stationnement. En zone verte, il grimpe de 3 à 5,50 euros. « À ce prix-là, venir chez son coiffeur ou son libraire devient un luxe », a dénoncé l’organisation à la VRT.
Face à la levée de boucliers, la Ville de Bruxelles tente d’amortir le choc. La durée de stationnement gratuit pour les petits arrêts passe de 15 à 20 minutes, une manière de ne pas pénaliser les courses rapides. Par ailleurs, pour les résidents de quartiers plus résidentiels autour du Pentagone, le stationnement en soirée deviendra gratuit dès 19h, au lieu de 21h actuellement. Une « concession » en réponse aux plaintes d’habitants qui jugeaient la période payante trop longue.
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Une ville moins encombrée, mais à quel prix ?
Pour la Ville, cette réforme participe à une vision plus large de la mobilité. L’objectif affiché est clair : désengorger les rues du centre et favoriser des déplacements plus durables. Anaïs Maes invite d’ailleurs les visiteurs à privilégier les parkings souterrains ou en périphérie, plus compatibles avec les ambitions environnementales de Bruxelles. « Moins de voitures, c’est plus de sécurité, moins de pollution et une meilleure qualité de vie », assure-t-elle. Nous y voilà : l’objectif est donc une fois de plus de décourager l’usage de la voiture et de la bouter en dehors de ses remparts. Pas vraiment nouveau comme discours à Bruxelles. Manifestement, les élus ne comprennent pas une chose : c’est qu’avec de telles mesures, ils risquent ce qu’on pourrait appeler une « décommercialisation », en droite ligne de la désindustrialisation connue chez nous dans les années 1990.
Bruxelles, un cas unique ?
Ce qu’il y a de totalement paradoxal, c’est que d’autres villes prennent le total contrepied de Bruxelles. C’est le cas de Charleroi, où le bourgmestre Thomas Dermine (PS) a présenté un plan visant à redynamiser le centre-ville en y réintroduisant... la voiture ! Une partie de la zone piétonne sera ainsi supprimée et 1.000 nouvelles places de stationnement verront le jour d’ici 2029. De plus, le stationnement gratuit y sera étendu, notamment avec une première heure offerte dans les zones rouges et vertes, y compris les week-ends et vacances scolaires. Pour les autorités locales, la voiture reste un levier essentiel d’attractivité commerciale. Une évaluation des effets est prévue en 2026, mais d’ici là, Charleroi espère clairement séduire les visiteurs motorisés et relancer la vitalité économique de son centre. Comme quoi...
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