Aujourd'hui, Mercedes appose ses logos à tous les coins de ses véhicules : intérieur des optiques, grilles de refroidissement et, bien entendu, sur le capot où elle l’étoile trône comme une reine. Et c’est aussi le cas de la nouvelle série appelée Monogram pour la Mercedes-Maybach SL 680, mais qui est peint cette fois à l’aide d’une nouvelle technologie Pixelpaint.
Mais qu’est-ce qui distingue la technique Pixelpaint de la peinture traditionnelle ? En réalité, celle-ci s'affranchit des techniques conventionnelles en utilisant une tête d'impression similaire à celle d'une imprimante à jet d'encre. La technologie Pixelpaint est utilisée depuis environ deux ans par plusieurs constructeurs asiatiques, dont Mahindra et la joint-venture SAIC-Volkswagen, la division chinoise du constructeur automobile allemand. Aujourd'hui, Mercedes l'adopte à son tour.
La tête d'impression de type piézoélectrique comporte quelque 1.000 points de projection (ou pixels) de peinture, chacun pouvant être contrôlé individuellement. Ces têtes appliquent des gouttelettes de peinture de seulement 20 à 50 microns (2 à 5 centièmes de millimètre). Ce processus est extrêmement précis, avec une précision de 360 dpi (points par pouce) tandis que la vitesse atteint 1.000 gouttes par seconde. Concrètement, l'impression d'une photo sur une carrosserie de voiture prend environ 15 minutes.
La technologie Pixelpaint est une invention du groupe helvético-suédois ABB qui l'a développée au Japon pour répondre à la demande croissante de combinaisons de couleurs particulières. Comme des pavillons de couleur contrastée. Les têtes d'impression viennent quant à elle de Chine (une surprise ?) tandis que le logiciel est développé en Norvège.
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Masquage et nouvelle peinture
Mais en quoi cette technologie est intéressante ? En réalité, pour comprendre, il faut s’intéresser aux techniques industrielles et savoir par exemple qu’il est très compliqué pour les constructeurs automobiles de peindre un toit de voiture séparément. Ainsi, pour laquer en blanc le toit d’une voiture noire, il faut d'abord peindre la voiture entièrement en noir, puis protéger le toit avec du ruban adhésif et ensuite appliquer la couche blanche au pistolet.
Cette opération nécessite du temps et donc la mobilisation de ressources humaines et matérielles, ce qui crée un goulot d'étranglement sur la chaine d’assemblage. Sans parler du gaspillage que cela représente en peinture, ce qui coûte de l'argent, consomme de la matière première, de l'énergie et génère des émissions. Au final, la voiture pèse environ un kilo de plus avec cette couche supplémentaire de peinture, ce qui est naturellement négligeable.
En outre, dans le cas de Mercedes, un travail manuel est aussi nécessaire. Car après l'application de la couche finale et des deux premières des trois couches de vernis, le capot doit à nouveau être poncé à la main pour obtenir une finition parfaite.
Moins de pertes et moins d'énergie
Un des avantages du robot de peinture Pixelpaint est de pulvériser les gouttelettes de peinture de très près, de sorte qu'il n'y a pratiquement pas de perte. Or, habituellement, dans l’atelier de peinture et de séchage, une part non négligeable de la peinture est perdue sous forme de bruine, un brouillard ensuite aspiré par une hotte. Le dispositif Pixelpaint permet lui d’atteindre un rendement de 98% selon ABB.
Par ailleurs, cette technologie permet aussi de solides économies d’énergie, car il n’est plus nécessaire de recourir à un four pour la phase de séchage. Il s'agit là d'un progrès important, car le processus de séchage doublé d’une généreuse ventilation fait de cette phase l’une des plus énergivores de la construction.
Adopter cette technique à grande échelle pourrait donc être intéressant. Et elle promet en outre d’être rentable, ce qui n’est pas rien à l’heure de la réduction des coûts. Cela dit, dans un premier temps, c’est surtout le secteur de l’automobile de luxe qui va en profiter. Car avec le logiciel ad hoc, il est possible d’imprimer des œuvres spécifiques sur une carrosserie. On peut donc imprimer des bandes décoratives et même des logos. Et justement, sur les voitures sportives de luxe, les décorations sont souvent des autocollants. Or ici, il serait donc possible que ceux-ci soient peints, ce qui offre une meilleure finition et un meilleur rendu grâce aux couches de vernis.
Pour les divisions de personnalisation des marques de luxe, ce nouveau gadget peut donc répondre aux souhaits les plus exubérants des riches clients. Le logo d’une entreprise, un blason de club de football ou même des armoiries familiales sont autant de possibilités (et plus encore) qui raviront certainement les acquéreurs tout comme les marques qui pourront facturer ces personnalisations au prix fort.
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