Historiquement, peu de voitures ont été tournées autant en dérision que la Yugo. Cette petite voiture yougoslave qui s'est imposée sur les routes européennes dans les années 1980 (795.000 exemplaires produits tout de même et 250.000 exportés) était construite par Zastava, qui utilisait alors une base technique Fiat – un joli cocktail pour qui cherchait des misères. Et justement : il n’a pas fallu attendre très longtemps pour que la petite voiture se taille une bien mauvaise réputation : moteur poussif, prédisposition à la rouille et finition déplorable, même pour l'époque.
Le rétrofuturisme
Mais en février 2024, le serbe Aleksandar Bjelić a acquis les droits de la marque et il a annoncé dans la foulée la renaissance de la voiture. La Yugo fait donc son grand retour, non pas comme buzz, mais comme véritable projet automobile ambitieux. Bjelić part en effet du principe que le passé a été oublié, ou du moins qu'il ne constitue plus un obstacle à un succès futur. Et de surcroît, personne ne contestera le succès actuel de la vague actuelle du néo-rétro, comme en témoigne, entre autres, la Volkswagen ID. Buzz ou la Renault 5 E-Tech pour ne citer que celles-là.
Développé en collaboration étroite avec le designer Darko Marčeta, un nouveau modèle vient d’être présenté pour la première fois au public. C’était à Munich, lors du Car Design Event 2025. Et ce qu’il est clair, c’est que cette présentation a suscité de nombreuses réactions, même si le projet reste encore à un stade embryonnaire. Car le projet présenté n’était encore qu’une maquette et même pas à taille réelle, mais à l’échelle 1:5. Cette projection dévoile les traits d’une voiture compacte à trois portes, de couleur bleu ciel, avec, évidemment, une bonne part des caractéristiques esthétiques du modèle d'origine. Cela dit, avec des angles plus nets et des optiques LED, l’ensemble est empreint d’une véritable modernité. Le porteur de projet, Aleksandar Bjelić, n’a va par contre pas par quatre chemins et qualifie cette nouvelle Yugo de symbole de « l'accessibilité et de la sportivité ». Osé !
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Version sportive
En tout état de cause, le moment choisi pour cette présentation est tout sauf une coïncidence. Car la nouvelle Yugo entend à nouveau être une voiture économique, prête à rivaliser avec les marques établies. Contrairement à ce qui avait été annoncé, une version 100% électrique n'est pas d’office exclue, mais la marque veut d’abord capitaliser sur une double offre thermique essence : un premier moteur serait atmosphérique tandis que l’autre serait suralimenté et promis sportif. Reste à voir s’il pourra faire face aux plus méchantes des Mini.
Mais il reste un gros travail à accomplir pour Yugo qui devra faire homologuer sa voiture et que celle-ci puisse être rentable à l’heure où les normes d’émissions n’ont plus rien en commun avec celles des années 1980. Quoi qu'il en soit, une avant-première de la version sportive (suralimentée donc) est attendue dès ce mois de septembre. Yugo prévoit aussi des transmissions manuelles et automatiques.
Dans le secteur automobile, on a tendance à souvent faire des promesses. C’est pourquoi cette annonce est aussi à prendre avec une certaine prudence. Car ce qu’on peut observer jusqu’ici reste plutôt limitatif. Ce n'est d’ailleurs qu'en 2027 que le premier prototype sera présenté à l'Expo Belgrade. Autre question : comment Yugo va-t-il gérer la production ? Apparemment, pour ce volet, la marque est toujours à la recherche d'un partenaire industriel qui disposerait d'une plate-forme pour réduire les coûts de développement. Si le partenaire n’est pas encore connu, les spéculations vont bon train et elles laissent entendre une coopération avec un industriel européen reconnu plutôt qu’un chinois.
La nouvelle Yugo a des ambitions évidemment européennes. En particulier, la marque espère s’installer dans le segment déserté des citadines abordables, une catégorie sur laquelle les patrons de Renault et de Stellantis se sont exprimés en expliquant le pourquoi du comment de leur disparition. Cela dit, chez Yugo, on ne voit pas le problème : « si les gens se promènent avec des T-shirts de Che Guevara, pourquoi ne voudraient-ils pas conduire une Yugo ? » Pourquoi pas en effet.
Pour célébrer le retour de la marque, Yugo prévoit une croisière qui reliera Kragujevac, en Serbie, jusqu'au Kilimandjaro, en Afrique avec une flotte de Yugo d’antan. On leur souhaite que ce ne soit pas un voyage à pannes...
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