Depuis ce vendredi 28 novembre 2025, les parquets de Louvain et Hal-Vilvorde appliqueront une règle nettement plus stricte en matière d’alcoolémie au volant. Le retrait immédiat du permis ne sera plus effectif à partir de 0,50 mg/l d’air expiré, mais dès 0,35 mg/l. Les deux parquets font cause commune et ils ont d’ailleurs présenté ensemble cette mesure. L’objectif annoncé : agir vite et réduire les risques d’accidents graves liés à l’alcool.
Il faut souligner que jusqu’ici, cette limite abaissée à 0,35 mg/l n’était appliquée que ponctuellement, principalement lors des campagnes de sensibilisation. Désormais, elle devient donc la norme tout au long de l’année. Les autorités judiciaires expliquent ce choix par la nécessité de mieux prévenir les comportements dangereux surtout dans un contexte où les contrôles révèlent régulièrement des taux d’alcool supérieurs à ceux tolérés par la loi.
Fermeté pour les récidivistes
Si la tolérance diminue fortement, les parquets prévoient toutefois une approche adaptée selon le profil du conducteur contrôlé. À Louvain, les automobilistes sans antécédent judiciaire présentant un taux inférieur à 0,50 mg/l (donc compris entre 0,35 et 0,50) pourront suivre un stage de sensibilisation dédié aux risques de l’alcool au volant. À Hal-Vilvorde, un règlement à l’amiable pourra être proposé. Ce traitement différencié permet d’offrir une seconde chance aux conducteurs non récidivistes, mais sans naturellement passer au bleu leur consommation d’alcool.
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En revanche, les automobilistes dépassant le seuil de 0,50 mg/l ou déjà condamnés pour des faits similaires seront systématiquement renvoyés devant le tribunal de police. Les sanctions encourues y sont particulièrement lourdes : des amendes pouvant atteindre 16.000 euros, une suspension du permis de huit jours à cinq ans et, dans certains cas, des mesures complémentaires imposées par le juge.
Des sanctions élargies et plus ciblées
Outre les amendes et les suspensions, le tribunal peut également ordonner l’installation d’un éthylotest antidémarrage, une mesure qui est de plus en plus répandue pour limiter la récidive. Avec elle, il faut donc souffler avant chaque démarrage. Selon les autorités, les juges pourront aussi imposer des examens médicaux et psychologiques afin de vérifier l’aptitude du conducteur à reprendre la route. Ces mesures sont déjà mises en place dans certains dossiers, mais elles sont appelées à devenir plus fréquentes, car les parquets resserrent progressivement leur politique de prévention.
Des chiffres qui ont pesé
Mais pourquoi les parquets de Louvain et de Hal-Vilvorde ont-ils pris cette décision ? En réalité, les récentes campagnes de contrôle montrent que le phénomène de l’alcoolémie au volant reste préoccupant. L’été dernier à Louvain, la police a dressé 244 procès-verbaux pour ce type d’infraction. La majorité de ces dossiers seront traités par le tribunal de police en janvier 2026 même si certains contrevenants ont bénéficié d’aménagements de peine, comme des médiations ou un stage. Du côté de Hal-Vilvorde, les campagnes 2023 et 2024 ont mené respectivement à 147 et 148 renvois devant le tribunal.
Dans ce contexte, ces deux parquets soulignent la nécessité d’un cadre plus strict et mieux adapté à la réalité du terrain. La baisse du seuil de retrait immédiat vise ainsi à intervenir plus tôt avant que ce type de comportement ne devienne une habitude chez les automobilistes.
Pourquoi multiplier les règles ?
Cette évolution soulève toutefois une question : est-il pertinent que chaque parquet adapte son propre seuil ou ses propres modalités ? La multiplication de règles locales ne fait que morceler l’arsenal juridique et complique la compréhension pour les automobilistes. Si les limites varient d’une zone à l’autre et que les sanctions sont aussi modulées, l’ensemble devient difficilement lisible pour les conducteurs. Et ce n’est pas souhaitable.
Ce débat doit donc être mené au niveau national pour clarifier les règles une fois pour toutes et assurer une équité de traitement. Quand on parle de sécurité routière, il est nécessaire d’adopter une stratégie cohérente, globale et compréhensible par tous. Cette initiative met en lumière un des enjeux qui se posent désormais à la justice : coordonner les initiatives plutôt que les voir s’ajouter au cas par cas.
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