D’ici peu, les règles vont changer radicalement pour les automobilistes belges pris en flagrant délit d’alcool au volant. Jusque-là, les sanctions immédiates variaient selon le taux d’alcool détecté : deux, trois ou six heures d’interdiction de conduire. Ces durées dépendaient du profil du conducteur – notamment le fait qu’il était un professionnel ou non , mais elles étaient jugées trop permissives par les autorités. En Belgique, l'alcool est un facteur important dans les accidents de la route. Les chiffres de l'institut VIAS montrent qu'environ 10% des accidents avec dommages corporels impliquent un conducteur avec un taux d'alcoolémie positif. Pour les accidents graves, ce pourcentage monte à 40%.
Le ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), a annoncé la suppression de ces délais différenciés. Désormais, tout automobiliste contrôlé positif devra obligatoirement patienter douze heures avant de pouvoir reprendre le volant. Selon lui, ce changement vise à envoyer un message clair : « celui qui boit ne pourra plus reprendre la route le même jour », a-t-il déclaré à la presse qui l’interrogeait sur cette nouvelle mesure. Le retour du permis ne sera possible qu’après un nouvel alcootest négatif et une évaluation de la sobriété générale par les forces de l’ordre.
Des contrôles mieux encadrés
Les forces de police saluent la mesure. Un commissaire parle d’un « casse-tête » logistique avec les délais actuels : certains conducteurs devaient attendre deux heures, d’autres six, certains repartaient avec l’aide d’un proche et d’autres encore restaient sur place. Ce va-et-vient rendait les contrôles difficilement gérables.
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Avec une durée unique de 12 heures, les policiers pourront centraliser leurs efforts sans devoir jongler entre des dizaines de situations différentes.
Un message fort
Pour l’institut VIAS, cette réforme marque un tournant. Pour Stef Willems, porte-parole de l’organisation, les sanctions actuelles étaient trop légères pour marquer les esprits : « devoir attendre deux ou trois heures ne change pas grand-chose dans la perception des conducteurs ». En revanche, une immobilisation de douze heures a un impact concret sur l’organisation personnelle, notamment en cas de déplacement professionnel ou familial.
Stef Willems compare aussi cette nouvelle approche belge à celle de pays scandinaves, où la conduite en état d’ivresse est perçue comme un acte gravement répréhensible. En Belgique, malgré 47 .00 infractions annuelles liées à l’alcool (environ 130 par jour), les sanctions temporaires donnaient toujours l’impression d’un retour rapide à la normale. Bref, la sanction n’en était donc pas vraiment une.
Une tolérance zéro à l’étude
Au-delà du nouveau délai de retrait du permis, Jean-Luc Crucke a réaffirmé son attachement à une politique de tolérance zéro en matière d’alcool au volant. Il estime que l’interdiction totale de consommation d’alcool pour les conducteurs – et qui déjà en vigueur dans huit pays européens – renforcerait significativement la sécurité sur les routes. Un récent sondage montre d’ailleurs que 60% des Belges y sont favorables, un chiffre qui grimpe à 75% chez les personnes qui estiment qu’il faudrait une interdiction ciblée pour les jeunes conducteurs.
Toutefois, la tolérance zéro ne figure pas dans l’accord gouvernemental actuel et les avis divergent au sein de la majorité. Si Vooruit soutient cette orientation via une proposition de loi, la N-VA et le CD&V se montrent plus réservés. Le débat est donc animé et il ne faut donc pas s’attendre à une interdiction totale rapidement.
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