Diabète au volant : des milliers de Belges roulent sans permis valable

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Publié le 20 août 2026
Temps de lecture : 4 min

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Diabète au volant : des milliers de Belges roulent sans permis valable

L'essentiel :

  • Un diabétique sur cinq roulerait sans permis valable : la majorité ignore qu'un permis adapté est légalement obligatoire.

  • Rouler sans ce permis coûte cher et fragilise la couverture d'assurance, même en cas d'accident étranger au diabète.

  • Le diabète n'interdit pourtant pas de conduire, mais une procédure stricte, propre à la Belgique, conditionne l'aptitude.

La Ligue contre le diabète en association avec l’AWSR et VIAS, l'Institut pour la sécurité routière, a lancé une enquête auprès de 1.136 patients atteints de diabète. Il apparaît que plus d'un cinquième des personnes interrogées (22 %) ne dispose pas du bon permis de conduire. Rapporté à l'ensemble des conducteurs belges, cela représente 220.000 personnes qui prendraient la route de manière illégale. Car en Belgique, il est nécessaire d’être médicalement apte pour prétendre à un permis de conduire.

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10% de diabétiques

Dans bien des cas, il n'y a aucune mauvaise intention. Parmi les participants, 18 % ignoraient qu'un permis adapté était légalement obligatoire pour leur cas médical. Cette frange roule donc avec un permis de conduire invalide sans le savoir. De surcroît, 27 % des intéressés estiment que cette disposition spéciale ne vaut que pour certains types de diabète. Il faut rappeler qu’environ 10 % de la population belge souffre de diabète.

diabetes

La loi est pourtant stricte. Endéans les quatre jours ouvrables qui suivent le diagnostic, un patient atteint de diabète doit se rendre au service population pour demander un permis de conduire adapté. Chaque type de diabète exige cette démarche. Tous les cinq ans, un médecin doit procéder à une évaluation des aptitudes de conduite pour prolonger ou non ce type de permis. Mais attention : pour les conducteurs professionnels, ce délai est de trois ans. L'Europe envisage d'assouplir ces règles et de porter la limite de contrôle à dix ans. Par rapport aux pays voisins, la Belgique applique une procédure nettement plus stricte qui, selon les spécialistes, ne tient pas suffisamment compte des progrès médicamenteux de ces dix dernières années.

Problèmes d'assurance ?

Celui qui néglige cette obligation et roule sans document valable s’expose à des représailles qui peuvent coûter cher. Les amendes pour un permis de conduire qui n’aurait pas été adapté oscillent entre 2.000 et 20.000 euros. Par ailleurs, l’assureur peut refuser d’intervenir en cas d’accident, une réalité qui plane aussi comme une épée de Damoclès. Même si l'accident n'a rien à voir avec le diabète, l’assureur peut en effet refuser d'intervenir pour cause d'inaptitude à la conduite. Il vaut mieux le savoir.

medische check

Mais quel est le problème des conducteurs atteints de diabète ? Il s'agit essentiellement d'un taux de sucre insuffisant dans le sang. C’est ce qu’on appelle l’hypoglycémie, ce qui influence l'aptitude à la conduite. Des études ont montré que même des types légers de diabètes entraînent de moins bonnes performances au volant. Les conducteurs peuvent se mettre à trembler, à transpirer ou ressentir des vertiges ou des palpitations. Sur la route, ça signifie une moindre capacité à tenir sa bande de circulation ou détecter la signalisation.

Bien évidemment, chaque diabétique n’est pas non plus un conducteur à risque. Une personne atteinte d’un diabète de type 2 et qui adapte son mode de vie et suit un traitement adéquat est souvent apte à une conduite « normale », affranchie de tout risque. Selon CARA, l'organisation qui vérifie l'aptitude à la conduite, 88 % des conducteurs héritent d’ailleurs d’une autorisation pour conduire.

Cette réalité a poussé les trois commanditaires de cette étude à s’unir et à organiser des sessions d'information en ligne. Aurélie Lampaert, directrice l’association du diabète : « Conduire avec le diabète est tout à faire sûr. Mais la technologie ne remplace pas la responsabilité du conducteur. » Le dicton « mieux vaut prévenir que guérir » vaut aussi dès lors aussi pour le permis de conduire...

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Par Piet Andries Rédacteur automobile

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