Se retrouver précipité dans l’eau avec sa voiture est très certainement un scénario catastrophe auquel beaucoup d’automobilistes ne souhaitent pas penser. Heureusement, ce genre d’accident reste relativement rare, en tous cas en Belgique. On estime qu’environ 1% des accidents entraînent un véhicule dans l’eau (étang, cours d’eau, mais aussi dans les petits fossés qui bordent les routes et qui ne sont évidemment pas complètement remplis. Mais bien évidemment, on sait qu’eau et électricité ne font pas bon ménage – Claude François en sait quelque chose.
Mais qu’en est-il exactement pour les voitures électriques ? L’automobile club allemand, l’ADAC, a voulu en avoir le cœur net et s’est lancé dans une expérience plutôt inédite afin de répondre définitivement à ces questions. Une voiture électrique est-elle plus dangereuse dans l’eau ? Coule-t-elle plus vite ? Les systèmes électriques sont-ils instantanément interrompus – dont ceux des commandes des vitres ? Et surtout : comment s’extraire au mieux de l’habitacle ?
Une voiture électrique coule plus vite
Pour mener à bien cette étonnante expérience, deux véhicules ont été sélectionnés : une Seat Exeo ST de 2009, équipée d’un moteur Diesel et une Citroën ë-C4 électrique de 2022. Les deux véhicules ont été amenés dans un bassin assez profond situé sur un terrain militaire, le tout avec l’accompagnement d’un sauveteur professionnel chargé d’évaluer les possibilités d’évacuation des personnes sous l’eau. Et l’expérience a permis de balayer plusieurs idées reçues.
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Premier constat : la différence de temps de submersion entre les deux véhicules. La Citroën électrique a en effet coulé beaucoup plus rapidement. L’ADAC a compté trois minutes. En revanche, la Seat a mis environ quatre minutes à disparaître dans le bassin en raison de son poids plus léger. La différence peut sembler importante (33%), mais attention : dans les deux cas, après seulement une minute et demie, la hauteur d’eau dans l’habitacle atteignait déjà la tête du conducteur. Il était donc déjà complètement immergé.
Ce faisant, croire qu’on peut attendre tranquillement que la voiture soit totalement remplie d’eau pour ouvrir les portières en profitant d’un rééquilibrage des pressions intérieure et extérieure (comme à la télé) est une erreur qui peut être potentiellement fatale. Certes, la théorie physique est correcte, mais dans la réalité, peu de gens seront capables de retenir leur respiration suffisamment longtemps, a fortiori dans ce type de situation qui génère un grand stress. Sans parler de l’environnement hostile. Car on ne baigne pas dans une baignoire, mais dans de l’eau froide et trouble, ce qui empêche toute visibilité ou orientation.
Le vitrage feuilleté, vrai danger
Mais la plus grande croyance mise en pièces par le test de l’ADAC concerne la prétendue dangerosité plus élevée des véhicules électriques lorsqu’ils sont immergés. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la Citroën ë-C4 s’est révélée parfaitement sûre : aucun court-circuit dans le réseau électrique et aucune réaction critique au niveau des cellules de la batterie. Sur ce point, un véhicule électrique n’est donc pas plus dangereux qu’un thermique. La raison ? Les batteries sont installées dans des caissons étanches scellés. Et il faut aussi faire une différence entre le type d’eau : l’eau douce – comme celle des rivières en Belgique – est bien moins conductrice que l’eau salée de la mer.
Autre bonne nouvelle pour l’ADAC : l’électronique de bord continue de fonctionner assez longtemps. L’alimentation des moteurs des vitres électriques qui repose sur le circuit 12 volts dans les deux cas est restée active jusqu’à dix minutes après immersion complète. Voilà qui est rassurant.
Cela dit, l’essai de l’ADAC a toutefois mis en lumière un danger méconnu dans ce type de situation : le vitrage feuilleté. La Seat disposait en effet de vitres latérales en verre feuilleté qui est une matière difficilement cassable alors que la Citroën était équipée de vitres en verre trempé. Lors du test, le sauveteur est parvenu à briser facilement la vitre latérale de la Citroën à l’aide d’un marteau de sécurité – à condition toutefois de frapper les coins, car le centre du vitrage est plus résistant. En revanche, il lui a été impossible de briser les vitres de la Seat. La seule issue possible a été de briser la lunette arrière, elle aussi en verre trempé. Mais comme la plupart des voitures coulent d’abord par l’avant, accéder au coffre devient extrêmement compliqué. Il est donc essentiel de savoir de quel type de vitrage votre voiture est équipée. Ce point est d’ailleurs abordé plus en détail dans un autre article.
Comment se sauver ?
La principale leçon de ce test est certainement de prendre conscience qu’il est nécessaire d’agir immédiatement dans ce type de situation extrême. Il ne faut jamais rester passif dans l’habitacle et attendre. Dès que l’eau commence à entrer, il faut détacher sa ceinture, ouvrir une vitre latérale – ou la briser si nécessaire – pour évacuer sans attendre le véhicule. Conserver précautionneusement dans sa voiture un coupe-ceinture et un marteau de sécurité est par ailleurs des précautions indispensables, car chaque seconde compte lorsqu’un véhicule se retrouve dans l’eau.
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