Fini les amendes surprises dans les boîtes aux lettres des automobilistes de l’État canadien de l’Ontario. La province vient en effet de voter une loi interdisant purement et simplement les radars automatiques. Le texte a été adopté dans le cadre d’un vaste projet de simplification administrative et il prévoit le démantèlement complet de ces dispositifs dans les deux prochaines semaines.
Pour le Premier ministre de cette région, Doug Ford, ces appareils ne sont rien d’autre qu’un outil de prélèvement déguisé, sans réelle efficacité sur la vitesse ou la sécurité routière. L’homme politique a publiquement qualifié les radars de « cash grab », autrement dit de pompe à fric, accusant les municipalités de privilégier les recettes aux résultats.
Des dos d’âne plutôt que des flashs
Le gouvernement entend désormais remplacer les radars par des aménagements d’infrastructures : dos d’âne, ronds-points, panneaux lumineux ou chicanes. Ces dispositifs sont censés calmer la circulation, mais il est vrai qu’ils nécessitent cependant des investissements importants.
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Doug Ford promet la création d’un fonds d’aide provincial pour soutenir les villes, sans en préciser pour l’instant le montant ni la source de financement. Cette orientation marque un changement radical dans la politique de sécurité routière de l’Ontario, jusque-là comparable à celle d’autres provinces canadiennes, d’États américains ou de région d’Europe qui adoptent une posture inverse et renforcent les dispositifs de contrôle.
Une loi adoptée en catimini
Selon la chaîne publique CBC, la mesure a été intégrée à un projet de loi global de réduction de la paperasserie administrative, ce qui a permis une adoption rapidement sans débat public ni consultations. Le timing n’est pas non plus anodin : plusieurs radars ont récemment été vandalisés, ce qui renforce l’idée qu’ils étaient impopulaires – c’est moins le cas en Belgique, mais en France, le vandalisme est fortement répandu.
Naturellement, les partisans de Doug Ford saluent une mesure « de bon sens » et qui met fin à une forme d’acharnement bureaucratique contre les automobilistes. Ses détracteurs, en revanche, dénoncent une décision populiste, dictée par la pression des électeurs plutôt que par des données scientifiques.
Sécurité routière : le grand flou
Car comme chez nous, de nombreuses études montrent que les radars automatiques réduisent les accidents et les excès de vitesse, notamment à proximité des écoles et zones résidentielles. Les associations de sécurité routière redoutent en outre une période de vide entre la désinstallation des radars et la mise en place effective des nouveaux aménagements.
L’Ontario assume cependant sa ligne : moins de répression, plus d’infrastructures, une approche qui redonnera confiance aux automobilistes tout en maintenant la sécurité sur les routes. Reste à savoir si les chiffres de la sécurité routière lui donneront raison.
On se demande si ce type de décision radicale pourrait aussi intervenir en Belgique, surtout lorsque la ministre de la Mobilité flamande, Annick De Ridder (N-VA), a commandé un audit sur les radars-tronçons installés en Flandre par les municipalités et qui sont considérés pour une majorité comme abusifs et donc aussi comme des pompes à fric. On s’en doute, il y a évidemment peu de chances que cela arrive aussi chez nous, l’objectif étant de réduire le nombre d’accidents et arriver à zéro mort sur les routes en 2050 – un vœu pieu sans doute. La logique européenne – et belge – ne risque donc pas de s’inverser. La preuve : la Belgique aligne 4.647 radars fixes, soit une densité de 422 radars par million d’habitants. C’est un record du monde ! Et ce n’est probablement pas prêt de changer.
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