L’année 2024 marque un tournant dans la surveillance routière en Belgique. Avec plus de 9,2 millions d’infractions enregistrées, notre pays a battu un triste record puisque la hausse atteint les +10,7% par rapport à 2023. Et cette envolée est presque entièrement due à une seule catégorie d’amendes : les excès de vitesse. Près de 7,6 millions de conducteurs ont été flashés pour vitesse excessive, un bond de +13% en un an… et une multiplication par deux depuis 2018.
Les petits dépassements – de moins de 10 km/h après correction – concentrent près de trois quarts des contraventions. En tête des régions les plus sanctionnées, la Flandre domine avec 70.000 infractions pour 100.000 habitants, soit 60% de plus qu’à Bruxelles et le double par rapport à la Wallonie. Cette dernière enregistre néanmoins une hausse de +48% en deux ans.
Technologies et tolérances réduites
Cette explosion statistique n’est pas anodine : elle résulte d’un renforcement considérable des dispositifs de contrôle. Entre fin 2023 et 2024, le nombre de radars tronçons actifs est passé de 430 à 502 ce qui témoigne des efforts d’investissements dans les nouvelles technologies de surveillance. Près de la moitié des excès de vitesse ont été constatés grâce à ces dispositifs qui sont complétés par des radars fixes et mobiles eux aussi de plus en plus présents.
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Mais ce sont aussi les règles de tolérance qui ont changé la donne. Depuis la suppression de la marge supplémentaire en 2021, seule la correction technique subsiste : 6 km/h en dessous de 100 km/h et 6% au-delà. Par ailleurs, l’automatisation du traitement des amendes qui se fait via le parquet spécialisé en sécurité routière a lui aussi fluidifié la chaîne judiciaire.
Des conducteurs piégés par leur propre calcul
Mais il apparaît aussi que beaucoup d’amendes sont le fait de mauvais calculs de la part des automobilistes. En effet, nombre d’entre eux ajustent volontairement leur vitesse à la marge de tolérance, croyant éviter la sanction. Mais pas de chance, avec les niveaux de précision des nouveaux appareils, toute approximation est plus que risquée.
Un effet tangible ?
Cela dit, les chiffres de la sécurité routière semblent montrer que ces politiques semblent produire leurs effets. En 2024, 470 personnes ont perdu la vie sur les routes belges, le plus bas niveau jamais enregistré. Un chiffre encourageant alors que le pays vise l’objectif « zéro mort en 2050 ».
Mais la répression seule ne suffira pas. Des infrastructures mieux conçues, une sensibilisation renforcée et un meilleur suivi des récidivistes sont essentiels pour aller plus loin. Les autorités ont en outre encore des leviers à actionner et notamment trouver une meilleure coordination entre les différentes autorités : un conducteur multipliant les petits excès échappe encore souvent à toute véritable sanction. Le gouvernement a prévu d’y remédier avec la création d’une base de données centralisée des récidivistes afin de croiser les informations issues des différentes autorités.
Moins de distractions aussi
Si les excès de vitesse monopolisent le gros du chiffre des amendes, d’autres comportements ont toutefois évolué. Moins de conducteurs sont surpris au téléphone ou sans ceinture de sécurité. En revanche, les franchissements de feux rouges augmentent, tout comme les tests positifs à la drogue au volant. L’alcool, lui, reste stable et toujours préoccupant avec plus de 46.000 infractions recensées.
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