Le contrôle technique reste une démarche contraignante pour beaucoup d’automobilistes. Quatre ans après l’achat d’une nouvelle voiture – mais tous les ans lorsqu’on dispose d’un crochet d’attelage –, il faut prendre rendez-vous et passer dans un centre pour faire évaluer le véhicule : émissions polluantes et de CO2, phares, suspensions, freins, état de la carrosserie, tout y passe ou presque avec le risque d’avoir un carton rouge à la sortie et de devoir effectuer des réparations avant de... repasser le contrôle et avoir enfin une carte verte pour circuler en toute légalité.
Cela dit, la Flandre fait face depuis plusieurs années à un phénomène d’engorgement de ses centres de contrôles. Il faut parfois plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous, ce qui pose de nombreux problèmes aux automobilistes pour satisfaire aux délais règlementaires. Cette situation a poussé la région à mettre en place divers aménagements. Le précédent gouvernement a prévu un plus grand espacement des contrôles pour les véhicules considérés comme jeunes : ainsi, les véhicules de plus de 4 ans et qui n’avaient pas encore atteint les 160.000 km peuvent passer la visite tous les 2 ans plutôt que tous les ans. Et il était aussi prévu que les garagistes puissent aussi certifier des réparations et octroyer une carte verte sans repasser par les centres officiels. Mais cette dernière mesure n’avait pas encore été mise en place.
Une mesure qui passe finalement
Jusqu’ici le fait que les garagistes puissent réparer et octroyer une carte verte n’était pas encore effectif. Mais elle le sera dès 2028 apprend-on aujourd’hui, car la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), a obtenu l’accord du gouvernement pour ouvrir le secteur à la concurrence et le rendre plus accessible. Les garages qui en ont les capacités techniques pourront donc effectuer les contrôles, à condition de respecter des critères d’objectivité stricts. Détail d’importance : le garagiste qui entretient habituellement le véhicule ne pourra pas lui-même la contrôler. C’est un paramètre important qui est censé garantir une forme de séparation des pouvoirs et donc de garantir une neutralité.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Une libéralisation encadrée
C’est donc aussi la fin du monopole des centres traditionnels. Jusqu’ici seules 43 structures étaient habilitées à opérer les contrôles, ce qui créait des goulets d’étranglement logistiques. On va donc passer à un marché plus ouvert.
Le système tarifaire évoluera lui aussi. Fini les 73 grilles tarifaires incompréhensibles : une structure à prix variables, mais plafonnés sera instaurée afin d’encourager la concurrence sans hausse de coûts. Le paiement en ligne et un certificat digital accessible via le portail citoyen « Mijn Burgerprofiel » viendront compléter la modernisation.
Plus de contrôle en cas de revente
Le gouvernement flamand a également décidé que les voitures de plus de quatre ans ne devront plus passer le contrôle technique qu’une fois tous les deux ans (la limite actuelle de 160.000 km disparaît). Autre changement notable : la suppression du contrôle technique obligatoire lors de la vente d’un véhicule d’occasion. Ces contrôles représentaient environ 458.000 visites par an. Désormais, un certificat de contrôle technique encore valable suffira pour vendre un véhicule, comme c’est déjà le cas dans plusieurs pays européens – mais pas encore en Wallonie ou à Bruxelles. La Car-Pass – une obligation fédérale – reste toutefois d’actualité.
Cette mesure allégera la charge de travail dans les centres et simplifiera les démarches pour les vendeurs. Toutefois, elle ne fait pas l’unanimité. Certains observateurs estiment que l’acheteur a droit à un certificat récent attestant de l’état du véhicule. Autre évolution : le contrôle après installation d’un attelage est lui aussi supprimé. Avec cette réforme en profondeur, la Flandre entend s’attaquer aux longues files d’attente et aligner sa procédure sur celle d’autres pays européens – un argument fort en faveur de la réforme.
Si cette mesure allègera aussi la charge de travail dans les centres, elle simplifiera aussi la charge administrative des vendeurs, même si elle ne fait pas l’unanimité. Certains observateurs estiment en effet qu’un acheteur est en droit d’obtenir une attestation récente relative à l’état du véhicule. Il faut aussi noter que le contrôle après la pose d’un attelage est également supprimé. Avec cette refonte en profondeur, la Flandre essaie de trouver des solutions aux engorgements tout en alignant ses pratiques sur celles d’autres pays européens – c’est aussi un solide argument pour faire passer la pilule.
Pour l’heure, cette réforme ne concerne que la Flandre. Peut-on aussi l’attendre à Bruxelles et en Wallonie ? C’est peu probable, car ces deux régions ne connaissent pas d’engorgement dans les centres. Et les contrôles continuent d’alimenter les caisses régionales. Puisqu’il n’y a pas de problème, les gouvernements respectifs ne voient donc pas pourquoi il faudrait changer.
Alors, la Flandre est-elle mieux organisée ? Oui, en ce qui concerne les aspects pratiques de la réforme. Non, en raison de certaines décisions absurdes qui soulèvent des questions sur la sécurité routière. C’est le cas, par exemple, de la nouvelle règle sur les pneus, en vigueur depuis décembre 2024, qui n’exige plus qu’un indice de vitesse Q (160 km/h), même pour des véhicules capables de bien plus. Une absurdité, car cela compromet l’homologation du véhicule et la sécurité des usagers, même si la vitesse maximale autorisée en Belgique reste 120 km/h. Quoi qu’il en soit, les autres changements ne seront mis en œuvre qu’en 2028.
À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be