Huit ans après la révélation du scandale des moteurs truqués, l’affaire du Dieselgate continue de produire ses effets judiciaires. En Belgique, les propriétaires de véhicules Volkswagen, Audi, Seat ou Skoda équipés du moteur Diesel EA 189 (acheté entre septembre 2014 et septembre 2015) peuvent prétendre à une indemnisation. En 2023, la justice a reconnu le droit à une compensation équivalente à 5% du prix d’achat du véhicule concerné. Ce n’est pas rien.
En effet, pour les voitures revendues depuis, le montant est calculé sur 5% de la différence entre le prix d’achat et celui de revente. Une somme qui, en moyenne, tourne autour de 1.000 euros par dossier.
Un accord a été conclu en avril dernier entre le constructeur allemand et l’association de consommateurs Test-Achats qui gère la plate-forme d’enregistrement des demandes. Les candidats à l’indemnisation disposent encore de quelques jours : le portail fermera définitivement le 26 octobre 2025.
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Une indifférence surprenante
Malgré l’enjeu financier, les Belges semblent peu enclins à réclamer ce qui leur revient. Sur les quelque 320.000 automobilistes potentiellement concernés, seuls 2.400 dossiers ont été déposés. La fraction est donc infime.
Pour Laura Clays, porte-parole de Test-Achats, « ce serait vraiment dommage que des gens laissent passer un tel montant ». Mais elle analyse aussi les raisons de ce désintérêt. Selon elle, ce manque de réactivité s’explique par plusieurs facteurs : la longueur du délai écoulé depuis les faits, la difficulté de rassembler les documents exigés ou tout simplement l’oubli de la fraude elle-même.
L’association multiplie dès lors les appels pour rappeler aux consommateurs leurs droits. Même si l’enregistrement ne garantit pas une compensation automatique – Volkswagen examine chaque dossier individuellement –, il constitue la seule voie pour espérer une compensation.
Le poids du scandale
Révélé en 2015, le Dieselgate avait ébranlé l’industrie automobile mondiale. Des millions de véhicules Volkswagen et des marques connexes étaient alors équipés d’un logiciel conçu pour tromper les tests d’homologation : il réduisait artificiellement les émissions de NOx en conditions de laboratoire, masquant par là une pollution bien plus importante en conditions réelles.
Les conséquences ont été historiques : des amendes cumulées de plusieurs milliards d’euros, des rappels massifs et une atteinte durable à la réputation du groupe allemand. D’autres pays européens, comme les Pays-Bas, l’Allemagne ou l’Italie ont déjà indemnisé leurs conducteurs à hauteur de plusieurs milliers d’euros chacun. En Belgique, la justice a aussi tranché, mais plus tardivement.
Pourquoi cette apathie des Belges ?
L’apathie des automobilistes belges pose autant la question de la confiance envers les procédures que sur la perception du scandale. Beaucoup semblent considérer le dossier clos tandis que d’autres semblent encore douter de la pertinence d’une indemnisation tardive. Les Belges concernés disposent toutefois encore de quelques jours pour réclamer leur dû. Passé le 26 octobre, toute demande sera irrecevable. Et pour Test-Achats, ce serait une double peine : une fraude qui a trompé des consommateurs et une indifférence qui les prive d’une réparation légitime. On ne peut qu’appuyer cette vision.
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