Usure des pneus sur les électriques : et si le vrai coupable n'était pas le poids ?

Les voitures électriques roulent sans bruit, elles coûtent moins cher à entretenir et pourtant elles usent leurs pneus deux fois plus vite qu'un modèle thermique. Souvent, c’est le poids qui est pointé comme responsable ou le couple moteur. Mais la vraie raison se cache ailleurs, dans un rendez-vous que les automobilistes ne prennent plus. Et ça finit par coûter cher.

Publié le 21 août 2026
Temps de lecture : 4 min

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Usure des pneus sur les électriques : et si le vrai coupable n'était pas le poids ?

L'essentiel

  •   Les voitures électriques usent leurs pneus nettement plus vite que les thermiques, au point d'en faire l'un des postes de mécontentement les plus cités par leurs propriétaires.

  • ·      Les manufacturiers avancent une usure supérieure d'environ 20 %, mais un chiffre récent montre que le fossé est bien plus large dans la réalité des ateliers.

  • ·      Le poids et le couple ne sont qu'une partie de l'histoire : la cause la plus coûteuse tient à une habitude que l'électrique a fait disparaître.

Une voiture électrique, on la choisit de plus en plus pour ce qu'elle promet en matière d’économies. En effet, ces véhicules présentent moins de pièces mobiles, pas de vidange et des freins qui durent. Sur le papier, l'entretien apparaît donc comme avantageux. Sauf qu'un poste gonfle sans crier gare : celui des pneus. Michelin, Goodyear et Pirelli qui fabriquent tous les trois des gommes spécifiques à l'électrique s'accordent sur un point : une usure supérieure d'environ 20 % par rapport à une thermique équivalente. Et encore, ce n’est qu’une moyenne...

Souvent, on pointe le poids comme responsable de cette usure. C’est vrai, mais seulement en partie. Car il y aurait un paramètre bien plus important d’usure des pneus. Dans son étude de fiabilité 2024, J.D. Power relève qu'à trois ans, 39 % des propriétaires d'électriques ont changé leurs pneus dans l'année écoulée, contre à peine 20 % côté thermique. C’est presque le double...

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Le couple, ce glouton

Pourquoi une telle différence ? Le premier accusé, c'est le couple. Sur un moteur électrique, toute la force est disponible est disponible dès 1.000 tr/min. On appuie et ça part comme une balle. Alors, forcément, cette gifle d'accélération, tellement grisante par ailleurs, provoque à chaque démarrage un micropatinage de la gomme sur l'asphalte. C’est invisible à l'œil, mais bien réel pour le pneu. Ajoutez le poids avec une batterie qui alourdit l'ensemble d'au moins 10 % et on obtient deux forces qui grignotent la bande de roulement nettement plus vite.

Par ailleurs, le freinage régénératif a aussi sa responsabilité. S'il ménage effectivement les plaquettes en récupérant l'énergie, il décélère toujours en s'appuyant sur les pneus. La gomme travaille donc constamment dans les deux sens. C'est aussi pour ça que l'électrique consomme une part inhabituelle de son énergie par le biais de ses pneus. Selon une étude de Recurrent Auto réalisée en 2023, un pneu absorbe environ 5 % de l'énergie sur une thermique, mais près de 16 % sur une voiture électrique.

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Le rendez-vous fantôme

Cela dit, cette mécanique n'explique pas tout. Et sans doute pas le pire. Car la cause la plus coûteuse ne se situe pas autour des pneus de la voiture, mais dans l’entretien. Sur une thermique, la vidange impose un passage régulier à l'atelier. Deux fois par an en général (parfois moins), un moment où la voiture est mise sur le pont et où on vérifie un parallélisme qui dérive, une rotule fatiguée, une géométrie qui flanche. Autant de défauts qui dévorent un train de pneus en quelques milliers de kilomètres. Or,  sur une voiture électrique, ce rendez-vous n'existe presque plus. L'entretien se compte en années et plus en kilomètres. De quoi laisser les défauts s'installer. Et personne ne s’en apercevra...

L’étude de J.D. Power pointe la même chose : faute d'aller à l'atelier, le pneu s'use plus vite qu’à l’accoutumée, car la réparation qu'on aurait faite plus tôt ne l’a pas été. Or, elle tombe parfois sous garantie. De ce fait, ce qu'on croyait économiser en évitant l'atelier, on le repaie en gomme, puis en réparation mécanique (géométrie, etc.).

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Trois gestes utiles

La parade ne coûte presque rien. Un contrôle de géométrie une fois par an, même quand la voiture semble en parfait état représente une vraie chance. Et c’est la même chose pour la pression des pneus qui est à vérifier une fois par mois, surtout sur une électrique, plus lourde. Enfin, une rotation régulière permet d’étaler l'usure sur les quatre roues. Là encore, c’est à l’automobiliste d’anticiper et de prendre l’initiative. Non, le marketing ne fait pas tout !

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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