A priori, les automobilistes qui peuvent dépenser plus de 3 millions d’euros pour une voiture ne semblent pas souffrir de problèmes d’argent. Et pourtant, il faut s’imaginer la chose : payer un tel montant et se retrouver avec une voiture qui fonctionne de manière erratique.
Ceci n’est pas une fable, mais une expérience vécue par un Allemand qui a commandé une Valkyrie chez Aston Martin il y a trois ans. Depuis qu’elle a été livrée, l’hypercar tombe régulièrement en panne. À tel point que le constructeur britannique propose aujourd’hui de la reprendre. Mais pas au prix du neuf. Pour les kilomètres déjà parcourus, il prévoit d’appliquer une décote, comme le révèle le journal économique Handelsblatt. Et elle est sévère !
L’homme a roulé 441 km avec sa voiture. Aston Martin estime que cela justifie une décote de… 55.000 euros. Soit environ 124 euros de perte de valeur par kilomètre. Ça pique !
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Une série d’incidents
Bien que la marque s’en défende, tous les défauts cités par le propriétaire allemand donnent à penser que cette Valkyrie est une de ces fameuses « voitures du lundi matin » – ces modèles construits quand les ouvriers ont encore la tête ailleurs. Les voyants s’allument à tout bout de champ et en dépit de sa jeunesse, la voiture a déjà vécu une panne électrique complète.
Le propriétaire ne décolère pas non plus quant à l’isolation acoustique du véhicule. Positionné juste derrière la cabine, le V12 atmosphérique est tellement bruyant que les occupants doivent porter un casque de protection. Celui-ci doit par ailleurs être équipé d’un micro pour permettre au conducteur d’entendre les sons extérieurs essentiels. Or ce système fonctionne mal, à tel point que l’homme a failli, l’an dernier, entrer en collision avec une ambulance qu’il n’avait ni vue ni entendue. Depuis cet épisode, il ne prend plus la route avec son bolide hors de prix. Quelle histoire !
Autre problème : le verrouillage de la suspension hydraulique, censé empêcher la voiture de s’affaisser sur ses roues en cas de chute de pression dans le circuit, n’a tout simplement pas fonctionné. Résultat : la voiture s’est effondrée. Enfin, pour couronner le tout, la Valkyrie cumule toute une série de petits dégâts à la carrosserie et aux jantes, dus aux multiples transports sur des camions plateaux liés à ses pannes répétées. Bref, une collection d’ennuis, le tout en un temps record.
Devant les tribunaux
L’affaire ne se règlera pas à l’amiable, mais devant le tribunal d’Aix-la-Chapelle. Aston Martin conteste la version de son client et remet en outre en cause la compétence de la justice allemande. L’argument ? Selon le contrat de vente, seul un tribunal britannique peut se prononcer sur ce type de litige. Une clause qui semble toutefois contraire au droit européen de protection du consommateur.
La marque a tout de même tenté de trouver un terrain d’entente : elle a proposé au client d’échanger sa Valkyrie contre deux autres modèles de la gamme. Pour l’instant, la proposition n’a pas été acceptée.
Près de 1.200 ch
La Valkyrie d’Aston Martin est née de la collaboration entre le le constructeur avec Red Bull Racing, l’écurie de F1 de Max Verstappen. L’ingénieur emblématique de cette dernière, Adrian Newey, rêvait depuis longtemps d’appliquer ses connaissances à une voiture de route. Le résultat ? L’un des engins les plus radicaux jamais conçus, plus proche de la Le Mans que de la berline
Produite à seulement 275 exemplaires – auxquels s’ajoutent quelques versions strictement réservées à la piste –, la Valkyrie est animée par un V12 atmosphérique développant 1.155 ch et elle peut générer grâce à ses tunnels venturi et ses ailes actives jusqu’à 1,1 tonne d’appui aérodynamique. Depuis la fin 2024, toutes les Valkyrie ont été livrées à leurs heureux et riches propriétaires. À l’exception de cet Allemand, aucun autre client ne semble vouloir aujourd’hui faire valoir une clause de remboursement.
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