L’annonce avait fait sensation en 2013, lors du salon de Francfort : BMW dévoilait l’i8, une étonnante super car hybride dotée d’un 1.5 litres et qui était équipée de phares laser promettant une portée de près de 800 m, une distance qui dépassait ce que permettaient les LED à l’époque. Le principe ? Il reposait sur un trio de minuscules lasers projetant leur faisceau sur des miroirs puis sur un module au phosphore. Cette innovation était censée marquer une avancée décisive dans la quête d’un éclairage toujours plus puissant et précis.
Mais douze ans plus tard, la technologie laser a disparu, en tout cas du catalogue du constructeur bavarois. Cet abandon n’est pas dû à un manque de performance, mais à une conjonction d’obstacles techniques, économiques et réglementaires.
Une réglementation contraignante aux États-Unis
En réalité, le principal frein à l’expansion des phares laser vient d’outre-Atlantique. La réglementation américaine – en particulier la règle 108 de la NHTSA – limite drastiquement l’intensité lumineuse à 150.000 candelas par système, soit la moitié de ce qui est permis en Europe. Cette restriction réduit de facto l’efficacité des lasers à une portée de 250 m, une distance désormais équivalente à celle des meilleurs feux LED. Ainsi amputée de son avantage phare, la technologie laser perd forcément de sa pertinence sur le deuxième marché automobile du monde.
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Cette contrainte s’ajoute à la complexité de production du système : optiques de précision, composants électroniques spécifiques et calibrage millimétré. Ces contraintes impliquent un coût bien plus élevé que celui des alternatives LED, pour un gain qui, en conditions réelles, est devenu marginal. L’équation économique est donc imparable...
Le règne des LED matriciels
En outre, les feux LED matriciels ont connu des avancées rapides. Ces systèmes dits « Adaptive Driving Beam » (ADB) permettent de moduler finement le faisceau lumineux grâce à des micromiroirs ou des pixels LED afin d’éclairer la route de manière ciblée sans éblouir les autres usagers. La performance des LED s’est tellement accrue qu’elle rivalise désormais avec celle des lasers tout en étant plus polyvalente et nettement plus abordable.
Chez BMW par exemple, l’évolution technologique a orienté la stratégie : désormais, l’accent est mis sur les LED matriciels pour les futurs modèles. L’avantage du laser qui portait essentiellement sur la puissance brute est reconnu. Mais la modularité et le confort de conduite offerts par les LED l’emportent dans le cadre d’un usage quotidien. Et dans l’équation économique du constructeur.
Une technologie pas inutile
Les feux laser n’auront donc pas connu l’industrialisation espérée, mais leur développement a bien entendu contribué à faire avancer la recherche sur les systèmes d’éclairage. Quant aux LED adaptatifs, s’ils peinent encore à se généraliser aux États-Unis en raison de normes strictes (mais ces normes pourraient être chamboulées prochainement), la majorité des véhicules récents disposent déjà de l’infrastructure technique pour les accueillir.
Dans certains cas, il suffirait d’une simple mise à jour logicielle pour activer leurs pleines capacités. Mais cette évolution est peu probable et, en attendant, l’éclairage intelligent avance sans le laser...
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