Il devait être révolutionnaire. En tous cas, c’était comme ça qu’il avait été présenté en 2019 par Elon Musk (mais on sait de la recette est sans cesse réutilisée). Le Cybertruck devait en effet être le Hummer propre de monsieur et madame tout le monde. Présenté comme incassable, le Cybertruck devait résister à tout ou à peu près. Certes, les démonstrations de Musk et de son équipe n’ont convaincu qu’à moitié – on se souvient de la présentation ratée avec les boules de pétanque qui ont cassé les vitres censées résister. Cela dit, sur le papier, c’était un rêve : une autonomie de 500 miles (ou 804 km), un prix de départ à 39.990 dollars, et une robustesse à toute épreuve. Et le Cybertruck avait fait mouche : Tesla avait annoncé près de 2 millions de préréservations. Un carton.
@octane.auto 🚗🔨 Tesla Cybertruck : un parcours semé d'embûches et d'humour ! Après une attente de 4 ans, Tesla intègre enfin le Cybertruck à sa gamme, mais le chemin n'a pas été sans obstacles, surtout depuis le début de cette aventure hors du commun. En 2019, lors de la présentation, Elon Musk vantait la résistance exceptionnelle des vitres, affirmant qu'elles étaient incassables. Cependant, une simple boule de pétanque a réussi à briser la vitre du pick-up, suscitant les moqueries en ligne et l'étonnement général. Fast forward de quatre ans, Tesla adopte une approche pleine d'autodérision. Le constructeur ne cache pas l'incident, bien au contraire, il en fait même un élément de sa communication. Dans le catalogue du Cybertruck, on découvre un accessoire surprenant : un sticker imitant une glace brisée, reprenant la forme de la vitre brisée en 2019. Vendu à 55 dollars, c'est la manière de Tesla de tourner cette page avec humour tout en ajoutant quelques billets à sa tirelire. Et vous, quel est votre avis sur le Cybertruck ? Partagez vos réflexions et impressions dans les commentaires ! 🗣️💬 #TeslaCybertruck #HumourAuto #InnovationVéhicules #RéflexionsAuto #FutureMobility #tesla #cybertruck
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Sauf que six ans plus tard, le carton n’a pas eu lieu. Et il est même en train de se déchirer, comme s’il avait été copieusement éclaboussé. Ce qui est le cas, au propre, comme au figuré. Elon Musk ambitionnait de construire annuellement 250.000 exemplaires de ce pick-up électrique. Aujourd’hui, l’usine est l’arrêt et les 10.000 véhicules de stock (soit une immobilisation de 800 millions de dollars selon Forbes) ne trouvent pas preneurs. Pire : les clients déjà servis demandent à ce que Tesla reprenne leur véhicule, car ils ne veulent plus en entendre parler. Jusqu’ici Musk avait refusé. Mais il vient de changer d’avis et il va finalement racheter les modèles déjà en circulation.
Une perte de valeur abyssale
Tesla promet de reprendre les Cybertruck de la série Foundation (série de lancement facturée 120.000 dollars) déjà en circulation à 65.400 dollars, ce qui trahit l’échec commercial de ce véhicule. Les premiers clients sont donc floués avec une décote qui atteint presque les 50%. Les modèles qui ont suivi (hors Foundation) coûtaient 100.000 dollars, ce qui fixe dès lors la décote à 34,6% en seulement un an, un taux qui, selon plusieurs spécialistes, est observable sur les pick-up après 3 ou 4 ans, mais certainement pas après un an.
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Pour le cabinet de conseil CARLAB, le Cybertruck est un des tout grands échecs automobiles de ces dernières décennies, au même titre que la Ford Edsel lancée en 1958, la Pontiac Aztek ou encore la DeLorean DMC-12 du film « Retour vers le Futur ». En 2024, Tesla en écoulé un peu moins de 40.000 Cybertruck, loin donc de ses prévisions initiales. Et 2025 n’inverse pas la tendance, au contraire puisque les ventes sont estimées à 6.400 unités pour tout le premier trimestre de l’année.
Des remises, mais le client perd
Pour relancer la machine, Tesla offre désormais des remises canon sur ses Cybertruck. Au lieu de 100.000 dollars, les prix sont abaissés – soi-disant – à 70.000 dollars (61.000 euros) pour le modèle Long Range. Une bonne affaire ? Pas vraiment, car dans la compression tarifaire, le Cybertruck perd de nombreuses fonctionnalités, comme la suspension adaptative, l’écran pour les passagers arrière, pas de prise électrique dans la benne ou encore sa sellerie de bonne qualité. Et comme on peut s’attendre à ce que la décote soit toujours importante d’ici un an. Autres techniques de la marque : une offre de leasing dès 749 dollars/mois (environ 730 euros) et même un parrainage (remise de 1.000 dollars et recharge gratuite à vie). Très bien, même si on se demande qui voudra recommander ce pick-up.
Mais pourquoi cet échec ? Tout simplement parce que Tesla a péché par orgueil. Toutes les promesses ou presque se sont avérées vaines, voire mensongères. La fiabilité du modèle n’a pas non plus convaincu avec pas moins de huit rappels en seulement quinze mois de carrière, dont certains graves avec des détachements de panneaux de carrosserie. En outre, le Cybertruck est aussi un pick-up difficilement réparable après un accident. En cause : sa structure autoportante qui sur le papier semble très résistante, mais compromet la sécurité lorsqu’elle est touchée.
Oui, le Cybertruck est un échec. Cuisant même. Désormais, Tesla a l’ambition de commercialiser son engin au Moyen-Orient, une région habituellement friande de véhicules originaux. Cela dit, il ne faudrait pas non plus prendre les riches clients du coin pour plus stupides qu’ils ne sont, car ils ont bien entendu parler des déboires du Cybertruck. Les Américains en tout cas ne s’y sont pas trompés : le Ford F-150 Lightning lui aussi 100% électrique a repris la tête des ventes. Et ça va durer. Elon Musk a toujours revendiquer le fait de ne pas faire d’études de marché. Il ferait peut-être bien de changer d’avis...
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