Nissan est dans le creux de la vague. Lourdement endetté, le constructeur japonais se trouve immobilisé au milieu du gué. Autrefois pionnier dans le secteur des voitures électriques avec la Leaf, Nissan n’a plus pu suivre le train de la concurrence. Avec des innovations en bernes et des véhicules qui ne sortaient plus du lot (et des prix élevés), la marque japonaise a vu ses ventes s’effondrer de 1 million de véhicules (de 3,5 à 2,5 millions d’unités) et elle a accusé une perte colossale de 4,1 milliards d’euros. Et l’année 2025 ne s’annonce pas meilleure avec une perte importante attendue au cours du premier trimestre en raison de ventes qui continuent de décliner, notamment aux USA qui pèsent pour 30% des ventes de la marque.
Ce contexte particulièrement sombre a vu la marque changer de pilote récemment : Ivan Espinosa a succédé à Makoto Uchida. Son objectif ? Mettre en place une organisation plus agile, capable de renforcer rapidement les gammes proposées aux États-Unis et en Chine, deux marchés stratégiques. Mais cela va passer par des sacrifices et notamment la fermeture de 7 sites de production sur un total de 17 et des pertes d’emplois estimées à 20.000 postes. Costaud !
Récemment, Nissan a cherché d’autres solutions à travers des partenariats. Parce que c’est bien connu : pour autant qu’on s’entende, on est souvent plus fort à plusieurs. Dans ce contexte, une perspective de rapprochement avec Honda a été explorée. Elle semblait de prime abord solide et voulait être rapide avec une concrétisation dès l’été 2026. Mais le projet a rapidement capoté, car Honda voulait manifestement mettre la main sur Nissan qui n’aurait plus eu voix au chapitre. Fin de l’histoire.
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Tractations secrètes ?
Mais on apprend aujourd’hui que d’autres tractations seraient en cours. Avec Toyota cette fois. Le premier constructeur mondial (10,6 millions de voitures en 2024) aurait en effet proposé son aide à son compatriote. Dans quelle mesure ? Avec quelles ambitions ? Actuellement, personne ne commente, ni chez Toyota ni chez Nissan. Secret défense !
Toyota est un négociateur discret. Et un habitué des participations minoritaires dans les autres constructeurs automobiles. Tout le contraire de Honda qui entendait absorber purement et simplement Nissan. Rappelons que Toyota possède des participations dans Subaru, mais aussi dans Mazda, Suzuki, Isuzu ou Hino (camions). Et Daihatsu (marque qui n’est plus vendue chez nous depuis quelques années) est aussi devenue une filiale à 100% du premier constructeur mondial.
Changement de stratégie ?
On se demande maintenant comme la proposition sera étudiée par Nissan qui a récemment annoncé vouloir s’appuyer sur l’alliance avec Renault et Mitsubishi pour lancer de nouveaux produits. Car les observateurs s’accordent à dire qu’un redémarrage seul sera difficile dans un contexte de forte concurrence, notamment avec la Chine.
Un porte-parole de Nissan a expliqué que Nissan explorait toutes les possibilités de partenariats, y compris un nouveau projet avec Honda, mais qui serait alors moins ambitieux – ou liant – qu’au départ. Le prérequis de Nissan : le ou les partenaires idéaux doivent apporter des synergies sur les principaux marchés de Nissan, soit les États-Unis et le Japon, ainsi que dans le domaine des technologies de pointe (électrique, conduite autonome, etc.). Nissan veut donc toujours rebondir en conservant son indépendance. C’est sûr, par rapport à ces exigences, Toyota est certainement très bien placé tandis que le numéro un mondial pourrait consolider encore un peu plus sa position de leader.
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