Longtemps à la traîne face aux géants asiatiques dans le domaine des batteries lithium-ion, les constructeurs automobiles européens ont décidé de contre-attaquer. Leur pari ? La technologie de la batterie à l’état solide, celle qui pourrait bouleverser l’autonomie, la recharge, la sécurité et l’empreinte environnementale des véhicules électriques.
En particulier, BMW, Mercedes-Benz et Stellantis intensifient leurs efforts pour faire sortir cette technologie de leurs laboratoires. Les promesses sont ambitieuses : densité énergétique supérieure, meilleure sécurité thermique, réduction du poids des packs et, surtout, une autonomie dépassant... les 1.000 km.
Mercedes-Benz, par exemple, a intégré une batterie solide conçue par l’américain Factorial Energy dans un prototype de l’EQS. Testée depuis février, cette batterie offrirait une densité énergétique accrue de 25% ce qui permet non seulement d’alléger les véhicules, mais aussi d’en repenser l’architecture. Autre avantage : les cellules solides sont aussi moins sujettes à la surchauffe.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Des prototypes sur la route
Chez BMW, la mise à l’épreuve se déroule sur une i7 équipée de batteries solides développées avec la start-up Solid Power. Ces cellules de grand format à électrolyte à base de sulfure devraient à terme équiper la future plate-forme Neue Klasse.
Stellantis, de son côté, prévoit de lancer une flotte de démonstration de Dodge Charger Daytona dès 2026. Ces prototypes utiliseront aussi les batteries de Factorial comme chez Mercedes et testées dans des conditions extrêmes de température et d’altitude. Le groupe franco-italo-américain espère valider d’ici là une technologie qui permettrait soit d’allonger l’autonomie ou de réduire la quantité de matériaux embarqués, deux options stratégiques pour abaisser les coûts.
Des défis industriels majeurs
Malgré l’enthousiasme, les obstacles à franchir restent considérables. Aucun constructeur ne s’avance aujourd’hui sur un calendrier précis pour une production de masse. La technologie doit encore être démontrée à grande échelle et le coût des matériaux ainsi que la complexité de fabrication demeurent des freins importants. De ce fait, une industrialisation n’est pas attendue avant la prochaine décennie.
D’autres acteurs se positionnent également : Nissan promet des batteries solides dès 2028, Toyota vise 2027 tandis que Volkswagen explore plusieurs pistes à Salzgitter, en partenariat avec la société chinoise Gotion High-Tech.
Quoi qu’il en soit, la relance de l’innovation automobile européenne pourrait bien se jouer ici. Si la batterie à l’état solide devient le nouveau standard, les constructeurs du Vieux Continent pourraient disposer d’une occasion unique de reconquérir une partie de leur leadership technologique. Mais à condition que les promesses d’aujourd’hui (autonomie de 1.000 km notamment) ne restent pas une chimère.
À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be