Alors que la Flandre et plusieurs pays voisins multiplient les infrastructures de recharge pour accompagner la montée en puissance du véhicule électrique, la Wallonie reste dramatiquement à la traîne. C’est le constat sans appel dressé par la Cour des comptes dans un rapport publié récemment. Le document n’y va pas par quatre chemins : il évoque un manque de vision stratégique, une absence de données de base pour mener à bien le projet, une planification déficiente et un soutien public quasi inexistant.
Le tableau est donc plus que sombre. Selon la Cour, aucune borne publique de recharge n’a été installée dans le cadre du plan de relance wallon et l’infrastructure existante est essentiellement l’œuvre d’opérateurs privés comme Fastned, Driveco ou plus récemment Sparki. « Le gouvernement wallon ne dispose pas de la capacité nécessaire pour orienter efficacement sa politique en matière de bornes de recharge », souligne le rapport. Les mots sont durs.
Des plans sans résultats
Le document publié est surtout sévère à propos du plan de déploiement établi par la précédente majorité régionale, alors dirigée par le Parti socialiste et les Ecolos. Il est qualifié de « tardif », de « peu ambitieux » et surtout de « déconnecté de l’essor rapide de l’électromobilité ». Pour la Cour, cela ne fait aucun doute : ce plan n’a produit aucun résultat concret. Aucune projection sérieuse n’a été menée pour anticiper la charge croissante sur le réseau électrique et les objectifs à moyen et long termes sont inexistants. Résultat : la Wallonie n’est pas en mesure de répondre aux obligations européennes en matière d’infrastructures de recharge.
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Comparativement à la Flandre, le contraste est frappant. Car le nord du pays applique le principe dit du « paal-volgt-wagen » (la borne suit la voiture) : dès qu’un nombre critique de véhicules électriques est atteint dans une rue ou un quartier, une borne publique est installée. Il s’agit donc d’un mécanisme proactif et coordonné qui assure un maillage croissant du territoire.
Une initiative privée pour pallier les lacunes publiques ?
Ce sont donc les opérateurs privés qui ont pris le relais. Mais là aussi, on ne peut pas dire que la Wallonie leur facilite la tâche. La Cour des comptes relève notamment que ces projets sont souvent laborieux à mener à terme en raison de l’inaction des autorités.
Mais ce qui inquiète, c’est que cette problématique ne concerne pas seulement que le nombre de bornes de recharge. En effet, la Cour insiste aussi sur la faible préparation du réseau électrique wallon qui est totalement incapable à ce stade d’absorber les futurs besoins liés à l’électrification du parc automobile.
Face à ces critiques, le nouveau ministre wallon de la Mobilité, François Desquesnes (Les Engagés), se dédouane partiellement. Et il rappelle, bien entendu, que les conclusions du rapport se basent sur la législature précédente. Il affirme d’ailleurs que depuis, plusieurs initiatives ont été prises pour améliorer les choses. La situation est donc grave et urgente : sans la fixation d’objectifs clairs, la mobilisation des acteurs, la coordination des niveaux de pouvoir et l’incitation des investissements privés, la Wallonie pourrait bien rester une zone de désolation sur la carte européenne de la recharge électrique.
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