La voiture électrique continue son déploiement. Certes, il est plus lent que prévu et de nombreux automobilistes choisissent encore des modèles hybrides ou hybrides rechargeables, mais les voitures à accumulateur grignotent de plus en plus de parts de marché. La progression atteint en effet +23,9% sur le premier trimestre de 2025.
On a toujours dit que l’adoption des voitures électriques était intéressante pour les automobilistes. Car ce type de véhicule est moins polluant, mais aussi moins cher à l’usage, car le prix de l’électricité est moins cher que celui de l’essence ou du Diesel. Sur ce dernier aspect, c’est de moins en moins vrai. Et ça l’est encore moins lorsqu’on considère les réseaux de recharge rapide qui facturent souvent cher et vilain le kWh.
Un changement ?
Cela dit, ces prix élevés pratiqués aux bornes de recharge pourraient bientôt faire partie du passé. Et ce serait le cas en Allemagne, car, selon une étude du cabinet Elvah pour le compte d’Automobilwoche, le pays compte aujourd’hui 160.800 bornes. En clair : les Allemands peuvent aller partout avec leur voiture électrique en ayant toujours l’assurance de trouver une borne rapide à proximité. Jusque là, c’est plutôt une bonne nouvelle.
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Sauf que l’étude met aussi en exergue le fait que de nombreux points de charge sont sous-utilisés, voire même abandonnés. Ainsi, un quart des bornes rapides outre-Rhin ont affiché un taux moyen d’utilisation de 1 et 5% au cours de la seconde moitié de 2024. Cette situation est aussi celle des bornes plus lentes (en courant alternatif donc) : 20% des stations de charge disponibles ne seraient pas du tout utilisées. Au bilan, seulement 32% des bornes en courant alternatif et seulement 34% de celles fonctionnant en courant continu ont été utilisées entre 1 et 5%. En d’autres termes, les bornes sont sous-utilisées puisque le taux d’utilisation d’une station de recharge ultrarapide serait seulement de 6 à 7% alors que les exploitants tablaient sur un taux de 30%. On est loin du compte !
Bien ou pas bien ?
Si ces chiffres pourraient en réjouir plus d’un (pour des raisons de disponibilité), ils ne sont en réalité pas bons. Car les opérateurs de bornes ne rentrent pas du tout dans leurs frais. Rappelons en effet qu’une session de recharge rapide rapporte à l’exploitant environ 25 euros alors que l’investissement de départ se chiffre à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour les bornes les plus performantes. Et ça, c’est sans parler de l’entretien, car des opérations de maintenance sont obligatoires sur ces bornes même lorsqu’elles ne sont pas ou peu utilisées.
Le risque, c’est que les exploitants démantèlent les bornes qui ne sont pas suffisamment utilisées. Ce qui s’avèrerait contreproductif puisque le nombre de bornes disponibles en viendrait à diminuer alors que le nombre de voitures électriques sur les routes continue lui de croître. On se retrouverait alors dans la situation initiale : pas assez de bornes disponibles sur le territoire.
Dans ce contexte, l’étude du cabinet Elvah explique qu’il faudrait adapter les prix à la demande, comme pour les carburants. Ainsi, les bornes très utilisées seraient plus chères et celles qui le sont moins seraient meilleur marché pour pousser les utilisateurs à y recourir. En Allemagne en tous cas, cette option est sur la table, même si elle plaît moyennement aux exploitants. Logique.
Des baisses de prix aussi en Belgique ?
Mais pourrait-on voir aussi arriver ces baisses de prix en Belgique ? Probablement pas, car, comme l’indique l’étude, « le marché de la recharge en Europe est dysfonctionnel ». Le déploiement du réseau de recharge est très inégal dans notre pays. Seule la Flandre a dépassé ses objectifs actuellement avec 59.239 points de recharge (17.650 publics et plus de 41.500 semi-publics) au 31 décembre 2024. L’objectif était d’atteindre les 35.000 bornes en 2025 et il a été dépassé dès mai 2024 avec plus de 43.600 appareils installés. De ce strict point de vue, la Flandre pourrait prétendre à des baisses de prix... si toutefois des bornes ne sont pas utilisées. Mais aucune donnée n’est disponible actuellement.
La situation est évidemment différente en Wallonie puisque la région comptait 2.817 bornes fin 2024 (+717 en un an) et que l’objectif est fixé à 5.600 pour 2026. Là, c’est donc plutôt l’état de pénurie. À Bruxelles enfin, 7.862 points étaient accessibles fin avril 2025 pour un objectif de 9.500 en 2025. En Belgique, les prix ont donc peu de chance de diminuer.
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