Étude – Pourquoi les Belges sont-ils ceux qui refusent le plus la fin du thermique en 2035 ?

Un sondage révèle une chose surprenante : 72 % des Belges rejetteraient l'interdiction des voitures thermiques en 2035, un record absolu comparativement à six autres pays européens. Et pourtant, la Belgique figure parmi les tout premiers marchés électriques du continent. Un paradoxe qui s’explique ?

Publié le 15 avril 2026
Temps de lecture : 4 min

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Étude – Pourquoi les Belges sont-ils ceux qui refusent le plus la fin du thermique en 2035 ?

L’information est tout à fait étonnante : les Belges sont ceux qui s'opposeraient le plus (72%) à l'interdiction européenne des nouvelles voitures à essence et Diesel prévue pour 2035 si on en croit un sondage de Politico mené auprès de 6.700 personnes interrogées à travers six États membres. C'est le score le plus élevé des pays interrogés, devant la Pologne, l'Italie, l'Espagne, la France. Même l'Allemagne fait nettement mieux, alors que ses constructeurs et ses eurodéputés ont mené un lobbying intense contre cette mesure. Elle compte « seulement » 60 % d'opposants. La résistance belge est encore plus forte. On n’y comprend rien. Ou presque.

Ce qui est étonnant, c’est que les chiffres de vente racontent une tout autre histoire. En 2025, les voitures 100 % électriques ont représenté 34,7 % des ventes de voitures particulières neuves en Belgique, soit le double de la moyenne européenne (17,4 %). Pour la première fois même, les véhicules électriques représentent la part la plus importante des nouvelles immatriculations. La voiture électrique semble d’ailleurs plus facile à adopter en Belgique vu notre territoire réduit aux distances courtes et avec un réseau de bornes de recharge parmi les plus denses d'Europe. Alors pourquoi ce « non » ?

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© Politico

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Le vrai moteur

Mais qu’est-ce qui induit cette dichotomie ? En réalité, l’explication est simple : c’est la fiscalité des voitures de société. La réforme a été décidée dès 2022, avec un calendrier progressif qui s'est durci à chaque étape. Depuis le 1er janvier 2026, les véhicules thermiques commandés par une société ne bénéficient plus d'aucune déductibilité fiscale. Les frais de carburant fossile ne sont plus admis en tant que charges professionnelles.

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Les voitures 100 % électriques, elles, restent totalement déductibles. La cotisation patronale CO2 (soit la taxe mensuelle due par l'employeur pour chaque véhicule thermique de société) a par ailleurs été multipliée par quatre depuis mi-2023. Un véhicule Diesel de société peut désormais générer près de 500 euros de cotisation mensuelle. Dans ces conditions, un indépendant ou un gestionnaire de flotte qui fait ses calculs n'a plus vraiment le choix. Il doit basculer sur l'électrique. Pas par conviction, mais par calcul arithmétique. En 2024, 86 % des voitures électriques immatriculées en Belgique l'ont été par des entreprises. Elle est là la réalité.

L'autre Belgique ?

Le particulier, lui, reste massivement branché sur l'essence. Côté achats privés, la motorisation thermique représente encore près des deux tiers des immatriculations. Sans voiture de société et sans avantage fiscal, le calcul est tout autre : une voiture électrique neuve reste plus chère à l'achat, la décote des occasions inquiète toujours, tout comme la longévité de la batterie. C'est là que le sondage de Politico trouve probablement sa vraie lecture : ce sont en grande partie ces particuliers qui expriment leur méfiance envers l'interdiction programmée en 2035.

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Le débat n'est d'ailleurs pas figé. Face à la pression des constructeurs, la Commission européenne a mis sur la table en décembre un paquet automobile qui ouvrirait la porte aux motorisations thermiques au-delà de 2035, à condition de compenser les émissions. Cela dit, avec la guerre en Iran et la flambée des prix de l'énergie qui semble s’installer pour longtemps, les cartes pourraient être rebattues plus vite que prévu. Car il y a aujourd’hui un intérêt grandissant pour les voitures électriques et spécialement du côté des acheteurs particuliers pour celles de seconde main qui sont justement proposées à des prix franchement intéressants. La marketplace de Gocar.be est d’ailleurs prise d’assaut depuis deux ou trois semaines, preuve qu’une prise de conscience s’opère pour des raisons de coûts. De quoi peut-être donner tort prochainement à cette enquête. À suivre...

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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