L'avenir est incertain depuis longtemps chez Alfa Romeo. Il faut dire qu’on ne compte plus les revirements stratégiques. En outre, comme les volumes de vente restent symboliques, les investissements restent difficilement justifiables pour un renouvellement complet de la gamme. C’est un peu l'histoire de l’œuf et de la poule et c'est la raison pour laquelle les Italiens continuent de croire à de nouveaux produits. Actuellement, ils travaillent d’ailleurs à la succession de la Giulia et de la Stelvio.
Selon le magazine Autocar, ces modèles ne seront pas uniquement déclinés en version électrique, comme c’était prévu initialement. Leur conception aurait été revue pour accueillir aussi des motorisations thermiques. Les deux modèles arriveront sur le marché en 2028.
Plusieurs variantes survitaminées
Les versions actuelles de la Giulia et de la Stelvio sont sur le marché depuis 2015 et 2016 respectivement. L'an dernier, elles ont brièvement disparu du catalogue avant qu'Alfa Romeo ne prolonge finalement leur production... jusqu'en 2027 ! La gamme reste donc composée de quatre modèles avec la Junior et la Tonale.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Alfa développe toutefois les nouveaux modèles à partir de la plateforme STLA Large de chez Stellantis. Elle a été conçue à l'origine pour des groupes motopropulseurs électriques avec une architecture de bord de 400 ou 800 V et une capacité de batterie allant jusqu'à 118 kWh. Cette structure peut également accueillir une hybridation rechargeable (PHEV), voire uniquement un moteur thermique, mais alors avec une assistance mild hybrid.
Problème : les futures Giulia et Stelvio n'étaient pas prévus pour du 100% thermique. Selon Autocar, les ingénieurs seraient donc à présent occupés à retravailler les architectures afin d'assurer un refroidissement suffisant pour les moteurs à combustion. Et c’est nécessaire, car Alfa Romeo prévoirait plusieurs variantes musclées. Celles-ci seront équipées soit du V6 2,9 litres de plus de 500 ch des modèles actuels, soit d'un six-cylindres en ligne de cylindrée équivalente en provenance de la Dodge Charger Daytona (toujours avec suralimentation). Cette dernière option serait toutefois réservée au marché américain. Alfa prévoit bien entendu aussi des variantes électriques particulièrement véloces, avec un 0 à 100 km/h annoncé en à peine 2 secondes.
Le constructeur milanais semble adopter une stratégie différente de ses concurrents allemands avec la proposition de plusieurs motorisations pour un même modèle. BMW, par exemple, vient de faire le choix inverse : la prochaine Série 3 restera thermique tandis que la i3 sera entièrement électrique.
Nouveau style
Toujours selon Autocar, les nouveaux modèles présenteront le langage stylistique signé par le designer espagnol Alejandro Mesonero-Romanos qui a déjà travaillé sur la Junior (et passé précédemment par Dacia). Au programme : une calandre redessinée et une plaque d'immatriculation désormais centrée conformément à la réglementation européenne sur le design des véhicules. Les deux modèles sortiront des chaînes de l'usine de Cassino, au sud de Rome, tout comme les versions actuelles. Notons que Maserati y assemble déjà ses voitures.
L'avenir d'Alfa Romeo ?
Pour Alfa Romeo, il s'agit avant tout de tenir bon. Car les volumes de vente restent structurellement faibles. En 2025, le constructeur italien n'a écoulé que 73.000 voitures dans le monde. À titre de comparaison, BMW a vendu l'an dernier plus de six fois ce chiffre avec la seule Série 3.
Marque de Stellantis, Alfa peut certes se permettre d'opérer à plus petite échelle, en mutualisant usines, plateformes et technologies avec d'autres divisions. Mais la situation reste toutefois préoccupante, d'autant plus au regard de la santé financière de la maison mère. Celle-ci a enregistré l'an dernier une perte de plus de 22 milliards d'euros en grande partie en raison d'importantes dépréciations sur les technologies électriques et les capacités de production.
Des rumeurs de cession d'Alfa et de Maserati par Stellantis refont régulièrement surface. L'automne dernier, il était ainsi question de la vente des deux marques (usine de Cassino comprise) à des investisseurs des Émirats arabes unis. La direction de Stellantis a cependant démenti l’information. L'arrivée de nouveaux modèles semble en tout cas confirmer qu'il existe bel et bien un avenir pour l'iconique marque italienne.
À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be