Pendant que ses concurrents misaient tout sur le 100% électrique, Toyota a toujours cultivé une image de prudence, préférant miser sur un éventail de solutions – hybride, hydrogène, etc. – plutôt que de miser sur le tout électrique. Mais le géant nippon a-t-il dupé tout le monde et pris l’avantage en brandissant cet écran de fumée ? On peut se poser la question, car le constructeur vient de sécuriser un élément clé pour l’industrialisation des batteries à l’état solide qui sont présentées depuis des années comme l’avenir de l’industrie automobile.
Fort d’un portefeuille de brevets déjà conséquent, Toyota vient de franchir une nouvelle étape : le Nippon vient de signer un accord avec le métallurgiste japonais Sumitomo Metal Mining. L’objectif ? S’assurer un accès prioritaire à un matériau de cathode essentiel pour ses futures batteries. La production industrielle devrait débuter dès 2027. Et Toyota sera en tête de liste pour l’approvisionnement.
L’arme secrète : la batterie solide
Les batteries à l’état solide promettent de résoudre les faiblesses de la technologie actuelle. Elles promettent une densité énergétique plus élevée et donc une plus grande autonomie, des temps de recharge réduits, une plus grande sécurité et une durée de vie supérieure. Mais quel est leur secret ? Il consiste dans le remplacement de l’électrolyte liquide par un matériau solide, en l’occurrence du sulfure de lithium qui est fourni par un autre partenaire historique de Toyota, Idemitsu Kosan. Cette chimie permet d’obtenir des cellules plus légères, plus sûres et plus durables.
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Cela dit, cet avenir se heurte depuis plusieurs années déjà à une réalité industrielle : produire ces batteries à grande échelle reste un défi technologique et économique. C’est précisément sur ce point que Toyota semble aujourd’hui prendre une longueur d’avance en verrouillant sa chaîne d’approvisionnement et en fixant un calendrier concret.
Prudence et pragmatisme
Fidèle à sa réputation, le constructeur ne compte toutefois pas brûler les étapes. Plutôt que de réserver cette technologie à des modèles entièrement électriques, Toyota pourrait d’abord l’introduire dans... les hybrides ! Cette approche plus graduelle permettrait de valider la fiabilité des batteries solides dans des conditions d’usage réelles, tout en amortissant des coûts encore élevés puisque les packs seraient plus limités en taille.
Ce choix illustre la philosophie maison : avancer à petits pas, mais avec méthode. En testant ses batteries sur des véhicules hybrides avant de les généraliser, Toyota pourrait gagner du temps sur le plan industriel tout en rassurant ses partenaires et investisseurs sur la viabilité du projet.
L’annonce du partenariat avec Sumitomo intervient alors que la compétition devient plus rude. Mercedes-Benz et BMW travaillent déjà sur des prototypes de véhicules équipés de batteries solides et le chinois Nio a pris une longueur d’avance commerciale avec des modèles « semi-solides » affichant plus de 1.000 km d’autonomie (ET5 et ET7). MG intègre lui déjà des solutions de transition sur certains modèles, notamment la MG4. Face à ses concurrents, Toyota joue donc la carte de la fiabilité et du contrôle technologique plutôt que celle du marketing. Pour une marque qui mise tout sur la fiabilité et la réputation, c’est plutôt malin !
Mais Toyota et Sumitomo poursuivent aussi leurs recherches sur la qualité et la sécurité des matériaux ainsi que sur la réduction des coûts de production. Objectif : rendre la batterie solide compétitive avant la fin de la décennie, ce qui n’est pas gagné pour tout le monde. Si le constructeur parvient à industrialiser cette technologie selon le calendrier annoncé (2027), il pourrait combler son retard sur le 100% électrique. Alors qu’elle se profilait comme la marque la plus prudente du secteur, Toyota pourra-t-elle devenir celle qui déclenche la prochaine révolution ? A voir d’ici quelques mois.
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