Voitures électriques : le vrai problème n’est plus le manque de bornes

Jusqu’ici, nombre d’automobilistes refusaient de passer à la voiture électrique en raison du manque de bornes de recharge. Sauf que les temps ont changé et que celles-ci sont désormais en suffisance. Problème résolu ? Pas vraiment, car l’enjeu se situe plutôt aujourd’hui au niveau des voleurs qui rendent les bornes de recharge inopérantes.

Publié le 19 octobre 2025
Temps de lecture : 4 min

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Voitures électriques : le vrai problème n’est plus le manque de bornes

La voiture électrique fait face à plusieurs freins pour être adoptée. Il y a son prix (probablement le frein le plus important aujourd’hui), l’autonomie et, enfin, le réseau de bornes de recharge qui était jugé largement insuffisant. Mais aujourd’hui, les choses ont changé, du moins dans une grande partie de l’Europe. En Belgique aussi. Certes, il y  encore des différences entre les régions, mais elles s’amenuisent. 

L’infrastructure est donc – du moins dans nos régions – plutôt développée. Mais elle rencontre un problème inattendu : le vol de câbles sur les bornes de recharge. C’est le cas en Europe comme aux États-Unis. Et le phénomène s’amplifie. De ce fait, les opérateurs multiplient les mesures de défense.

A priori, on pensait que les vols de câbles en cuivre ne concernaient que les opérateurs de chemins de fer. Les cas concernant des bornes de recharge étaient encore anecdotiques il y a quelques mois. Mais récemment, ce qui semblait être un phénomène isolé s’est transformé en ras de marée pour les exploitants. Des câbles ont été sectionnés à Berlin, Seattle ou Londres et ces vols s’étendent désormais à grande échelle.

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Des milliers de vols

En Allemagne, EnBW, l’un des plus grands opérateurs du pays, a déjà recensé plus de 900 vols de câbles depuis le début de l’année 2025. Et chaque incident représente en moyenne 3.500 euros de coûts directs, sans compter le manque à gagner dû à l’indisponibilité de la borne. L’addition globale atteint au final plusieurs millions d’euros en matériel, en main-d’œuvre et en tests de recalibrage avant remise en service.

Le problème n’est pas qu’européen. Outre-Atlantique, Electrify America, ChargePoint et Tesla affrontent la même vague de vandalisme. Aux États-Unis, les attaques se multiplient dans des États aussi variés que la Californie, le Texas ou l’Oregon. Certains sites sont ciblés de manière répétée, parfois même à quelques jours d’intervalle seulement après réparation.

Une nouvelle criminalité ?

Ces vols de câbles s’inscrivent dans une mutation plus large du vol automobile. Les délinquants délaissent les véhicules entiers pour des composants de grande valeur et faciles à transporter : pots catalytiques, rétroviseurs haut de gamme et, aujourd’hui, les câbles de recharge alors que sur le marché de gros, le prix du cuivre n’est pas non plus délirant. Outre les problèmes logistiques, cette tendance fragilise évidemment aussi la confiance des conducteurs dans les véhicules électriques. Si on en croit l’organisme  J.D. Power, une tentative de recharge publique sur cinq échoue et les câbles endommagés ou absents figurent parmi les principales causes de ces échecs. C’est dire l’ampleur du phénomène.

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Des opérateurs créatifs

Face à cette situation, les opérateurs redoublent d’inventivité et se dotent de moyens de défense toujours plus sophistiqués. EnBW renforce l’éclairage et la vidéosurveillance en Allemagne, tandis qu’en Grande-Bretagne, InstaVolt intègre désormais des traceurs GPS directement dans les câbles. Ces dispositifs envoient une alerte en temps réel dès qu’un câble est déplacé hors d’une zone autorisée avec une mise à jour de position toutes les trois secondes.

Aux États-Unis, Tesla expérimente des câbles imprégnés d’un colorant indélébile, inspiré des systèmes de sécurité des transporteurs de fonds. Ici aussi, les voleurs se retrouvent « marqués ». De son côté, ChargePoint a lancé début 2025 une gamme de câbles antivandalisme brevetés. La différence ? Ils sont conçus avec des matériaux quasi impossibles à sectionner et un système d’alarme baptisé ChargePoint Protect qui détecte toute tentative de sabotage via les haut-parleurs et l’écran de la borne. Il envoie aussi une alerte immédiate aux exploitants.

Un combat juridique aussi

La technologie seule ne suffira pas, préviennent les opérateurs. En Allemagne, EnBW plaide pour que les câbles de recharge soient reconnus comme éléments d’infrastructure publique, ce qui permettrait d’alourdir les sanctions pénales lorsque les voleurs sont pincés. A Leipzig, un tribunal s’est déjà prononcé dans ce sens, ce qui ouvre à une jurisprudence dans cette matière.

Au-delà des pertes matérielles, il faut surtout comprendre que c’est la confiance dans la mobilité électrique qui est à chaque fois rompue. Car chaque borne mutilée symbolise une promesse non tenue : celle d’une transition présentée comme facile vers le tout électrique.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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